La mesure, attendue depuis plusieurs semaines, a été officialisée dans une note d’information datée du 7 octobre émanant de la filiale algérienne du groupe maritime français.
Les opérateurs économiques algériens devront composer avec une nouvelle hausse des coûts logistiques. Depuis le 10 octobre, CMA CGM Algérie applique une taxe supplémentaire de 4 % sur ses prestations de fret maritime à l’import et à l’export, conformément aux dispositions de la loi de finances 2025.
La mesure, attendue depuis plusieurs semaines, a été officialisée dans une note d’information datée du 7 octobre émanant de la filiale algérienne du groupe maritime français. Elle concerne non seulement les frais de transport maritime, mais aussi les surestaries. «Conformément à la taxe de domiciliation bancaire instaurée au taux de 4 %», indique la compagnie, cette majoration sera désormais intégrée aux factures des clients. Le texte de référence, la circulaire n° 63/MF/DGI/LF.2025 du 29 juillet 2025, détaille les modalités d’application et précise que la taxe sera répercutée sur le propriétaire de la marchandise, c’est-à-dire l’importateur ou l’exportateur final.
Dans son communiqué, CMA CGM Algérie informe que cette taxe «sera appliquée sur la facturation du fret à l’import, du fret à l’export ainsi que sur les surestaries», invitant les opérateurs à «tenir compte de cette nouvelle mesure». La compagnie assure par ailleurs rester «à la disposition de sa clientèle pour toute information complémentaire».
Cette décision découle de l’article 123 de la loi de finances 2025, qui réforme un ancien dispositif issu de la loi de finances complémentaire de 2005. À présent, le taux de domiciliation bancaire est fixé à 4 % pour les importations de services et à 5 % pour les contrats de redevances (brevets, licences, marques, etc.). Certaines opérations échappent toutefois à cette taxation : les biens d’équipement et matières premières non destinés à la revente, les importations réalisées par les producteurs, agriculteurs ou artisans, les logiciels informatiques, les adhésions et abonnements à l’étranger, les opérations de réassurance, ainsi que les marchés publics financés sur le budget de l’État.
Mécontentement des opérateurs économiques
Si CMA CGM ne fait qu’appliquer la réglementation, cette hausse risque néanmoins de raviver le mécontentement des opérateurs économiques, déjà confrontés à des surcoûts récurrents. En effet, en septembre 2024, l’armateur avait introduit une surtaxe PCS (Port Congestion Surcharge) de 150 euros par conteneur EVP pour les marchandises en provenance du nord de l’Europe à destination de l’Algérie, en raison de la congestion des ports d’Alger, Béjaïa, Skikda et Oran.
Cette surcharge, toujours en vigueur, place les tarifs appliqués à l’Algérie au-dessus de ceux du Maroc et de la Tunisie, bien que les distances soient comparables. En octobre 2024, CMA CGM avait également revu à la hausse ses tarifs de transport depuis la France vers l’Algérie : 1 090 euros pour un conteneur «roll plein», 680 euros pour un «roll vide», 141 euros par mètre linéaire pour les autres unités roulantes, et 233 euros pour les véhicules de tourisme ou minivans.
Face à ces ajustements successifs, les entreprises algériennes du commerce extérieur redoutent une nouvelle pression sur leurs coûts d’importation et d’exportation, dans un contexte économique déjà marqué par une inflation élevée et un resserrement des marges.
M.T.
