Alors qu’elle avait prévu que la croissance du produit intérieur brut serait de 3,2% pour 2025, la Banque mondiale table désormais sur une croissance de 3,8%, soit 0,6% de plus que le taux prévu.
Alors que la croissance économique de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) reste fragile, l’Algérie se démarque par des perspectives encourageantes, selon la dernière mise à jour économique de la Banque mondiale publiée récemment.
Selon la même source, l’Algérie devrait enregistrer une croissance de 3,8 % en 2025, tirée principalement par la vigueur des secteurs non-hydrocarbures, une consommation des ménages robuste et un investissement en forte hausse.
Après une croissance estimée à 2,5 % en 2024, l’économie algérienne connaît une nette accélération en ce début d’année 2025. Au premier trimestre, le PIB a progressé de 4,5 % en glissement annuel, malgré une baisse de la production d’hydrocarbures. Ce ralentissement dans le secteur pétrolier a été largement compensé par la performance des autres secteurs, notamment grâce à une hausse de 13,9 % des investissements.
Une inflation en baisse
Cette dynamique est le signe d’une diversification économique amorcée, avec un soutien important de la demande intérieure, en particulier la consommation des ménages. La Banque mondiale prévoit que cette tendance se poursuivra en 2026, avant une légère modération en 2027, en raison des efforts attendus de consolidation budgétaire. S’agissant de l’inflation, elle devrait reculer à 2,8% en 2025, contre 4% l’année dernière, d’après les nouvelles estimations de l’institution de Bretton Woods.
La bonne performance de l’Algérie contraste avec le recul anticipé chez d’autres exportateurs pétroliers en développement de la région MENA. Le groupe des DOE (Developing Oil Exporters), dont fait partie l’Algérie aux côtés de l’Iran, de l’Irak et de la Libye, devrait enregistrer une croissance moyenne de 0,5 % en 2025. Ce chiffre masque de fortes disparités : l’Iran est attendu en forte contraction (-2,3 %), et l’Irak à -0,9 %, en raison notamment de réductions obligatoires de production de pétrole.
À l’inverse, la Libye affiche un rebond significatif, avec une croissance attendue de 13,3 % en 2025, si les conditions sécuritaires se maintiennent.
Globalement, la région MENA élargie (incluant les pays à faible revenu et importateurs de pétrole) devrait croître de 2,8 % en 2025, selon la Banque mondiale. Ce chiffre marque une légère hausse par rapport à 2024 (2,3 %), mais reste inférieur aux prévisions établies un an plus tôt.
Mise en garde
Les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), soutenus par la reprise de la production pétrolière et la croissance du secteur non pétrolier, devraient croître de 3,5 % en 2025. À l’autre bout du spectre, les économies touchées par des conflits (Yémen, Syrie, Gaza, etc.) restent en situation critique, même si certaines prévisions de croissance ont été revues à la hausse depuis avril.
Enfin, la Banque mondiale avertit que des facteurs externes — tels que la volatilité des prix du pétrole, les tensions commerciales mondiales ou encore les ralentissements économiques aux États-Unis, en Europe ou en Chine — pourraient rapidement affecter les projections régionales.
Une baisse de 20 dollars par baril du prix du pétrole pourrait, par exemple, réduire la croissance régionale de 0,5 point de pourcentage. Pour un pays comme l’Algérie, encore très dépendant de ses revenus pétroliers, ce type de choc reste un risque important.
Toutefois, l’Algérie semble amorcer une dynamique de croissance plus équilibrée en 2025, avec des signaux positifs hors secteur pétrolier. Néanmoins, des défis structurels demeurent : diversification de l’économie et résilience face aux chocs extérieurs.
Ce contexte régional en mutation rapide appelle à une vision stratégique renouvelée pour tirer pleinement parti des ressources internes tout en réduisant les vulnérabilités
Islam K.
