Face à leur détention arbitraire par l’armée de l’entité sioniste, les militants algériens embarqués à bord de la Flottille de la Résilience ont annoncé qu’ils refusaient toute alimentation jusqu’à leur libération. Une décision extrême, mais révélatrice du désespoir et de la détermination de ces volontaires, parmi lesquels des médecins, journalistes et figures politiques, réduits au silence derrière les murs de la prison militaire de Ketsiot, en plein désert du Néguev.
L’interception brutale de la Flottille de la Résilience par l’armée sioniste, dans la nuit du 2 octobre 2025, continue de susciter une onde de choc internationale. Mais en Algérie, la colère est d’autant plus vive que seize de ses citoyens figurent parmi les militants détenus dans des conditions qualifiées d’inhumaines. Des médecins, journalistes, responsables associatifs et figures politiques, tous engagés dans une mission humanitaire, ont été transférés vers la prison militaire de Ketsiot, en plein désert du Néguev, tristement célèbre pour sa sévérité et son isolement.
Selon les informations confirmées par la Coordination populaire algérienne de soutien à la Palestine, la liste des Algériens arrêtés inclut des personnalités connues : l’ancien président du Mouvement de la société pour la paix, Abderrazak Makri, la militante du Parti des travailleurs, Zoubida Kherbache, le journaliste Mehdi Makhloufi, ainsi que des médecins tels que Tayeb Mehdane et Nasreddine Drissi. Ces noms, parmi d’autres, ont été diffusés dans des vidéos de propagande par l’armée sioniste elle-même, comme pour exhiber son «butin humain» après une opération qualifiée par les observateurs de véritable acte de piraterie en haute mer.
Une opération illégale en haute mer
Les témoignages recueillis avant l’interception laissent peu de doute sur le caractère illégal et violent de l’opération. Les navires, qui transportaient exclusivement des vivres, des médicaments et du matériel médical à destination de la bande de Ghaza assiégée, ont été attaqués par des canons à eau, aspergés de liquides pestilentiels et soumis à un brouillage des communications. Les volontaires ont ensuite été enlevés de force et conduits d’abord à Ashdod, puis vers Ketsiot. Le tout en violation flagrante du droit international, puisque l’assaut a eu lieu dans les eaux internationales.
Face à cette situation, la mission médicale algérienne a lancé un appel vibrant aux autorités nationales, leur demandant d’assumer leur «responsabilité historique et morale» en exigeant la libération immédiate des ressortissants. De son côté, la Coordination populaire algérienne a multiplié les initiatives, publiant des vidéos de détresse et appelant à une mobilisation diplomatique. Les familles des détenus, privées de tout contact avec leurs proches, redoutent le pire, tandis que plusieurs prisonniers auraient déjà entamé une grève de la faim pour protester contre leur détention arbitraire.
Au-delà du sort individuel des 16 Algériens, l’affaire illustre la volonté de l’entité sioniste de criminaliser toute action solidaire envers Ghaza. L’occupation sioniste s’emploie à présenter la Flottille comme une manœuvre «provocatrice» orchestrée par le Hamas, occultant volontairement son caractère pacifique et international. Près de 47 nationalités étaient représentées parmi les 473 militants arrêtés. Pourtant, au lieu de reconnaître la légitimité d’un mouvement humanitaire visant à briser un blocus jugé illégal par la communauté internationale, Tel-Aviv persiste dans une logique de répression et d’intimidation.
L’Algérie, qui a toujours affirmé son soutien indéfectible à la cause palestinienne, se retrouve aujourd’hui directement interpellée. Ses ressortissants ne sont pas de simples passagers : ils incarnent un engagement citoyen, moral et humanitaire. Les réduire au silence derrière les barbelés de Ketsiot revient à attaquer tout un peuple solidaire, celui qui, depuis l’indépendance, considère la Palestine comme une cause nationale.
Derrière les barbelés de Ketsiot
En ciblant la Flottille de la Résilience, l’entité sioniste ne fait pas seulement preuve de mépris envers le droit international. Il met aussi en péril des vies civiles, des médecins et des humanitaires, dont la mission aurait dû être protégée par les conventions internationales. La détention de ces Algériens constitue une provocation grave, que la diplomatie algérienne ne peut laisser passer. Tout retard dans la réaction officielle risque d’avoir des conséquences humaines lourdes.
À l’heure où des voix s’élèvent dans le monde entier pour dénoncer l’agression sioniste, l’Algérie a l’occasion de transformer cette indignation en action. L’exigence d’une libération immédiate et sans condition de ses ressortissants doit devenir une priorité nationale et internationale. Dans ce combat, ce sont non seulement seize Algériens, mais l’idée même d’une solidarité universelle avec la Palestine qui se trouve derrière les barreaux de Ketsiot.
Assia M.
