L’agenda de la rencontre comprend la révision de l’Accord d’association, une demande formulée depuis plus de deux ans par l’Algérie.
La commission parlementaire mixte Algérie/UE tient aujourd’hui une session de travail à Bruxelles pour relancer le dialogue gelé depuis trois ans afin de faciliter le commerce bilatéral. Initialement prévue en novembre 2023, la session n’avait pu se tenir ni en 2024 ni en début de 2025. Cette session de travail devait permettre aux deux parties de mettre à plat les différends nés des incompréhensions et de clarifier la situation. Selon le président de la délégation parlementaire algérienne, Sid Ahmed Tamamri, celui-ci a estimé dans un quotidien national que le climat actuel «est désormais favorable à la tenue de cette session, après plusieurs reports dus à des divergences politiques et à des tensions sur les dossiers liés aux droits de l’homme et à la coopération économique».
Selon lui, cette rencontre constitue une opportunité pour «réactiver les mécanismes de consultation et de concertation, essentiels à la coopération institutionnelle et à la résolution des différends». Pour l’UE, l’objectif de cette rencontre est avant tout d’engager un «dialogue constructif en vue de préserver les droits des entreprises et des exportateurs européens en Algérie» et de tenter de «lever les restrictions dans plusieurs secteurs, notamment les produits agricoles ou les véhicules automobiles», selon une note de la représentation. L’agenda de la rencontre comprend la révision de l’Accord d’association, une demande formulée depuis plus de deux ans par l’Algérie, afin d’équilibrer les relations commerciales et économiques, corriger les déséquilibres favorisant l’Union européenne et défendre les intérêts algériens. Cette session traitera également des questions énergétiques, dont les énergies renouvelables ainsi que les projets de transfert d’électricité du nord de l’Afrique vers l’Europe du Sud. Par ailleurs, pour préparer cette session, la délégation algérienne a tenu, le 23 septembre dernier, une réunion de coordination au siège de l’Assemblée nationale, suivie d’une séance au Conseil de la nation dirigée par Azouz Nasri, afin d’harmoniser le discours et de répartir les rôles de chacun. La délégation sera composée de figures politiques, d’universitaires et de professionnels, issus à la fois de la majorité et de l’opposition.
La révision de l’Accord en ligne de mire
Récemment Bruxelles a ainsi listé huit griefs à l’encontre de l’Algérie parmi lesquels le système de licences d’importation, l’interdiction de domiciliation bancaire des entreprises important des produits en marbre et céramique ou encore l’obligation pour les constructeurs automobiles d’intégrer un pourcentage de plus en plus important de produits locaux dans la fabrication des véhicules. L’Algérie a pris des mesures protectionnistes qui peuvent justifier ces mesures. Le gouvernement a souhaité protéger le pays de la crise économique liée à la pandémie de la Covid-19. En limitant les importations, le gouvernement espérait renforcer l’économie et la production locale. Enfin, l’UE n’a pas respecté l’avis de la Cour de justice de l’Union européenne qui a exclu le Sahara occidental d’un accord agricole entre le Maroc et l’Union européenne. Si aucune solution n’est trouvée, l’UE sera contrainte de demander la mise en place d’un panel d’arbitrage. Il sera aussi l’occasion de traiter plusieurs dossiers stratégiques, dont la révision et l’activation de l’Accord d’association signé en 2025. De son côté, l’Algérie insiste sur la «nécessité de convoquer le Conseil de partenariat, organe juridique suprême chargé de superviser l’accord, qui n’a pas été réuni depuis cinq ans».
L’Accord d’association établit un cadre de coopération dans de nombreux domaines ; l’économie, la sécurité, l’énergie. Il vise notamment à réduire les barrières aux échanges entre les deux économies. Enfin, l’Algérie réclame une révision de son accord d’association avec l’Union européenne (UE), a déclaré le président Tebboune, le 26 janvier dernier. La révision de cet accord «ne résulte pas d’un conflit, mais vise à soutenir les bonnes relations entre l’Algérie et l’UE en tant que partenaire économique sur la base du principe gagnant-gagnant», a-t-il souligné. La révision de l’accord «s’impose au regard de la réalité économique actuelle, sachant qu’à son entrée en vigueur, en 2005, les exportations de l’Algérie étaient basées principalement sur les hydrocarbures», a précisé le président Tebboune. «Aujourd’hui, nos exportations hors hydrocarbures se sont diversifiées et étendues à d’autres domaines, notamment la production agricole, les minerais, le ciment et les produits alimentaires et autres», a-t-il ajouté. L’Union européenne est le principal partenaire de l’Algérie et représentait plus de 50% du commerce international du pays en 2023.
Ces dernières années, la valeur des exportations de l’UE vers l’Algérie a peu à peu diminué, chutant de 22,3 milliards d’euros en 2015 à 14,9 milliards d’euros en 2023 ce qui a inquiété l’UE qui aspire à plus de commerce.
M.T.
