Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a annoncé, hier, le lancement officiel d’un «Challenge National ProtoMarket». Un «défi» national inédit destiné à propulser les projets innovants des étudiants et jeunes diplômés vers le marché.
Lors de sa visite à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, où il a inauguré 10 000 postes pédagogiques au pole de Tamda, Kamel Baddari a indiqué que ce nouveau concours ambitionne de soutenir concrètement les porteurs de projets labellisés «Projet Innovant» en leur offrant un accompagnement financier et technique pour transformer les idées innovantes des universitaires en prototypes commercialisables, et à terme, en start-up. Le ministère met ainsi à disposition un soutien financier pouvant atteindre 100 millions de centimes, voire 200 millions dans des cas exceptionnels, attribués selon les critères rigoureux d’une commission nationale de sélection.
Pour y participer, les candidats doivent impérativement avoir obtenu le certificat de domiciliation délivré par un incubateur universitaire labélisé et détenir un Label «Projet Innovant» en cours de validité (pour une durée égale ou inférieure à deux ans). Pour être éligible, un projet doit être innovant, avoir un potentiel de croissance avéré et présenter une valeur sociale et économique significative. Les inscriptions sont ouvertes sur une plateforme numérique depuis hier, et ce, jusqu’au 6 octobre. La sélection se déroulera en plusieurs étapes : une phase préliminaire est prévue au niveau régional et sera assurée par les comités régionaux de la commission nationale de coordination et du suivi de l’Innovation et de l’entrepreneuriat universitaire, du 11 au 12 octobre 2025. Elle sera suivie d’un examen approfondi des dossiers retenus. Les rapports des sélections régionales seront transmis au Comité national le 14 octobre prochain. Un comité national mixte composé d’experts sera mis en place pour le choix final des projets à soutenir, et les résultats définitifs seront proclamés le 19 octobre 2025, selon les détails communiqués au lancement du Challenge.
Au-delà du financement, les pépinières d’entreprises universitaires assureront le suivi du développement des prototypes jusqu’à leur commercialisation. Les lauréats devront s’engager officiellement à créer leur startup, incarnant ainsi la volonté du ministère d’insuffler une véritable culture entrepreneuriale chez les jeunes talents. «ProtoMarket» marque une étape clé dans la stratégie nationale visant à rapprocher la recherche scientifique des réalités économiques, en formant une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de rivaliser sur les marchés national et international.
Un modèle tourné vers l’avenir
Récemment, le ministre a dévoilé une vision ambitieuse pour l’université algérienne, qu’il décrit comme en pleine transition vers une «université de quatrième génération». Cette transformation repose sur quatre indicateurs principaux : une université intelligente, une université qui partage ses programmes avec des institutions internationales prestigieuses, une université numérique gérée via des plateformes intelligentes et, enfin, une université axée sur l’entrepreneuriat et l’innovation. «Grâce à des réalisations concrètes, l’université est devenue un moteur du développement», a-t-il affirmé.
En effet, depuis plusieurs années, les professeurs-chercheurs et le personnel universitaire ont fondé pas moins de 480 entreprises, ainsi que 1 400 start-ups et 2 800 micro-entreprises. Par ailleurs, 3 400 brevets ont été déposés et seront prochainement valorisés pour donner naissance à des entreprises à forte valeur ajoutée pour l’économie nationale. Pour soutenir cette dynamique, le ministère met en place un dispositif d’accompagnement financier pour les porteurs de projets. Une commission spécialisée, réunissant des experts universitaires et des représentants du ministère de l’Économie de la connaissance, financera les prototypes à hauteur d’un à deux millions de dinars. Par ailleurs, les étudiants bénéficiaires de formations en entrepreneuriat pourront obtenir jusqu’à 10 millions de dinars pour lancer leurs entreprises. L’année universitaire 2025-2026 sera marquée par une montée en puissance des filières numériques et la généralisation de l’enseignement hybride. Le ministre a annoncé l’ouverture de 24 nouvelles filières innovantes combinant sciences humaines, sociales, numérisation, intelligence artificielle et traitement des données. L’investissement dans la science est pour Kamel Baddari un investissement dans la souveraineté nationale. L’université s’emploie notamment à traiter des problématiques sociales majeures grâce à l’intelligence artificielle et à l’informatique. Plus de 50 000 ingénieurs en informatique seront diplômés entre 2022 et juin 2026.
Le ministère de l’Enseignement supérieur poursuit son effort de recrutement avec l’ouverture de 4 112 postes cette saison, incluant des professeurs chercheurs permanents, des professeurs hospitalo-universitaires, ainsi que des contrats temporaires. Enfin, un concours national pour les médecins résidents, avec 5 900 postes à pourvoir, est prévu pour fin octobre.
Islam K
