Flottilles de mémoire, fractures françaises, colères africaines, précipice britannique, sous-marins de la mort et mirages diplomatiques : la revue de presse esquisse les ombres et éclats d’un monde en suspens, entre naufrages et sursauts.
De l’intime au politique, la France sous tension
Arthur, Sarkozy et la France fracturée : entre mémoire, justice et combat identitaire
La Tribune Dimanche du 28 septembre 2025 consacre son dossier «Grand Format» à Arthur Essebag. L’animateur devenu producteur médiatique publie son premier livre, J’ai perdu un édredon dans Paris, récit où il mêle mémoire familiale et bascule personnelle après le 7 octobre. Longtemps amuseur du petit écran, Arthur se découvre, malgré lui, porte-voix des Français juifs. Dans un entretien mené par Anna Cabana, il revient sur la peur, les insultes, la stigmatisation et son refus de «baisser le regard». «Je suis un Juif. Nu.
Dans un abri. Et c’est tout», confie-t-il, évoquant une prise de conscience radicale. L’humoriste s’impose désormais comme combattant identitaire et politique malgré lui, l’antisémitisme.
La Tribune lui donne également la parole aux côtés de Denis Olivennes. Tous deux assument un discours ferme : «Nous n’avons pas l’intention de baisser le regard». Le producteur attaque frontalement le Hamas, fustige la complaisance internationale, mais critique aussi Netanyahu, «souvent impardonnable», soulignant l’ambivalence de cette situation. Leur voix s’inscrit dans une France où la communauté juive se sent isolée et menacée.
Autre sujet majeur de l’édition : le procès Sarkozy. Deux tribunes croisées s’affrontent. Pour Charles Consigny, avocat d’Alexandre Djouhri, le procès libyen signe «la seconde mort du roi». Il dénonce une justice qui détruit l’ancien président par des procédures interminables et par une mise en accusation qui relève, selon lui, d’un acharnement. En face, Vincent Brengarth, avocat de Sherpa, refuse l’idée d’un «gouvernement des juges», mais rappelle l’importance du procès pour juger la corruption et protéger la démocratie. Deux lectures d’un même événement : Sarkozy, entre martyr politique pour ses soutiens et incarnation de l’impunité pour ses détracteurs.
Enfin, la chronique d’Apolline de Malherbe propose une réflexion sociologique : «La voiture, symptôme d’une France figée». À partir des embouteillages monstres, elle décrit une société bloquée dans son modèle, incapable d’affronter la transition écologique et de repenser ses mobilités. La voiture devient métaphore d’un pays paralysé, entre dépendance et refus du changement.
Ce numéro de La Tribune Dimanche donne à voir une France inquiète, divisée, travaillée par ses mémoires et ses fractures. Du témoignage d’Arthur à la bataille judiciaire de Sarkozy, jusqu’aux embouteillages érigés en symbole, s’impose une même impression : celle d’un pays à la croisée des chemins, sommé de choisir entre déni et lucidité, entre immobilisme et sursaut.
Nath Yamb, la haine en étendard : L’Algérie n’a pas de leçons à recevoir
Sur le réseau X, les propos de Nath Yamb ont déclenché une tempête. La militante, connue pour son ton haineux, s’est attaquée à l’Algérie en l’accusant d’arrogance et de trahison vis-à-vis de l’Afrique. Mais les réponses massives d’internautes, venus d’Algérie et d’ailleurs, rappellent une réalité que Yamb feint d’ignorer.
Certains rappellent que l’Algérie achète ses armes avec ses propres moyens, sans tendre la main à l’Occident, contrairement à d’autres pays africains surendettés. D’autres soulignent qu’avec un PIB de 270 milliards de dollars et un budget militaire de 21 milliards, Alger a les moyens de sa politique, tandis que des États pauvres comme le Mali devraient d’abord nourrir leur peuple avant d’investir dans l’armement.
Beaucoup dénoncent la mauvaise foi de Yamb, occultant le rôle clé de l’Algérie dans le continent : dette annulée pour 14 pays africains, un milliard de dollars consacrés au développement de projets en Afrique, et une diplomatie respectée qui vaut à Alger des postes majeurs au sein de l’Union africaine.
Face aux invectives, caricatures insultantes et attaques haineuses visant l’Algérie, une vérité demeure : Alger reste debout, souveraine, solidaire et respectée, malgré les tentatives de dénigrement de la communauté Yamb.
La haine ne change rien aux faits : l’Algérie est africaine par son sol, arabe par sa culture, et universelle par son combat pour la dignité des peuples.
De Gaza à la Résistance : La mer, la mémoire et la lutte des peuples
Dans son édition du 25 septembre au 1er octobre 2025, L’Humanité Magazine met en lumière deux récits puissants, unis par un même fil : la résistance face à l’injustice.
Le premier reportage raconte l’odyssée de la Global Sumud Flotilla, vaste coalition internationale partie de Barcelone, de Tunisie, de Grèce et de Sicile pour briser le blocus de Ghaza. À bord des voiliers, plus de 300 participants – élus, militants, syndicalistes, artistes – dont Greta Thunberg et Ndaba Mandela, petit-fils de Nelson Mandela. Leurs mots résonnent comme une réplique à «l’inaction politique face au génocide diffusé en direct sur nos écrans». Dans un quotidien fait de quarts de nuit, de repas partagés et d’incertitudes, ces volontaires forment une brigade solidaire des peuples, rappelant celles qui avaient défié le fascisme en 1936. Leur objectif : forcer le passage, livrer du matériel humanitaire et dénoncer les bombardements sionistes. Mais la menace plane : drones, attaques et interceptions militaires israéliennes comme celles qui avaient frappé d’autres flottilles par le passé.
En parallèle, le magazine consacre un long entretien à Léon Landini, dernier survivant des FTP-MOI, fils d’immigrés italiens antifascistes.
À 99 ans, il se souvient de son entrée en résistance à 14 ans, de ses sabotages, de son emprisonnement à Montluc, et de son engagement communiste jusqu’à ses derniers jours. Son message est clair : «Résistez.» Pour lui, l’histoire de la lutte contre le nazisme éclaire encore les combats actuels contre la montée de l’extrême droite et les logiques de guerre portées par le capitalisme. Ses paroles vibrent d’actualité quand il interpelle Macron lors de l’entrée de Missak Manouchian au Panthéon : «Qu’est-ce qu’ils foutent là, les fachos ?»
Ainsi, entre la flottille qui fend les vagues pour Ghaza et le témoignage d’un résistant immigré, L’Humanité relie deux générations, deux fronts, mais une même exigence : ne jamais céder face à l’oppression, que ce soit sur les mers assiégées ou dans la mémoire vivante des combats passés.
Le premier ministre britannique face au précipice : L’heure de vérité pour Downing Street
Selon The Independent (28 septembre 2025), seize mois après une victoire électorale éclatante, Keir Starmer voit déjà son avenir en péril. Le Premier ministre, arrivé à Liverpool pour la conférence travailliste, se retrouve assiégé de toutes parts. L’économie stagne, l’immigration illégale bat des records, ses choix stratégiques sont contestés, et son autorité interne s’effrite. Les sondages sont cruels : le Labour pourrait perdre jusqu’à 300 sièges, tandis que le parti de Nigel Farage, Reform UK, talonne dangereusement l’opposition traditionnelle avec près de 10% d’intentions de vote.
Dans son propre camp, la contestation enfle. Andy Burnham, maire de Manchester, incarne déjà une alternative crédible et séduit nombre de députés terrifiés par la perspective de perdre leur mandat. Angela Rayner, écartée du gouvernement, pourrait également revenir sur le devant de la scène, tout comme Wes Streeting. Cette effervescence traduit le malaise d’un Labour qui doute de son chef. Starmer, vu à l’international comme un dirigeant sérieux et respecté, souffre paradoxalement d’une image domestique brouillée, plombée par des volte-face et des votes parlementaires désastreux.
Pour espérer se maintenir, il doit trouver une ligne claire et mobilisatrice, dépasser les slogans technocratiques et renouer avec une vision politique capable d’unir une base fracturée entre aile gauche méfiante et centristes impatients.
Mais le vrai défi demeure Nigel Farage. Dans un climat dominé par la peur migratoire et la colère sociale, Starmer doit démontrer que le Labour détient des solutions crédibles. Son discours de Liverpool, fustigeant «les mensonges et la division du populisme», a posé une première pierre.
Du kebab à l’âne recordman : L’actualité insolite et politique vue par The iWeek-End
Dans son édition du samedi 27 septembre 2025, The iWeek-End propose un panorama d’actualité éclectique.
Meta lance une version payante de Facebook et Instagram à 2,99 £ pour naviguer sans publicité, une première pour séduire les usagers lassés du marketing numérique.
Au pays de Galles, la sécheresse a officiellement pris fin, tandis qu’en Europe, la Turquie a abandonné son projet de normaliser les «doner kebabs», jugé trop contraignant pour les restaurateurs.
La rédaction iWeek-End est par ailleurs finaliste du prestigieux prix de la Société des rédacteurs de presse britanniques, consacrant deux ans d’enquêtes sur les scandales politiques.
Le journal met aussi en avant des portraits insolites, dont celui de Peter Glazebrook, horticulteur anglais qui bat régulièrement des records mondiaux avec ses légumes géants, et l’exploit d’un âne surnommé «Dynamic Derrick», reconnu par le Guinness Book. Entre humour, société et politique, cette sélection illustre la diversité de ton de l’hebdomadaire britannique.
Les narco-sous-marins, cercueils flottants de la cocaïne transatlantique
Dans une enquête publiée par The Guardian Weekly, Tom Phillips dévoile l’essor inquiétant des «narco-subs», ces sous-marins artisanaux utilisés par les cartels sud-américains pour transporter des cargaisons massives de cocaïne vers l’Europe. Construits dans la jungle, ces engins rudimentaires mais sophistiqués entament des traversées de trois semaines depuis l’Amazonie jusqu’aux côtes atlantiques. Si les profits sont colossaux — un kilo vendu jusqu’à 60 000 $ en Europe — les conditions de navigation sont effroyables : chaleur suffocante, risques d’asphyxie liés aux gaz d’échappement, et absence totale de sécurité.
Les marins, souvent recrutés parmi les plus pauvres, touchent à peine 5 000 à 9 000 $ pour un voyage qui peut leur coûter la vie. Les autorités brésiliennes, espagnoles et britanniques ont multiplié les saisies, mais le phénomène illustre la brutalité d’un trafic où les hommes sont traités comme des «cercueils propulsés».
Ghaza : J.D. Vance affiche un nouvel optimisme et dévoile la vision de Trump
Selon Fox News, le vice-président américain J.D. Vance s’est déclaré dimanche «plus optimiste qu’à aucun moment depuis plusieurs mois» quant à la possibilité de mettre fin à la guerre de Ghaza.
Il a évoqué des discussions susceptibles de déboucher sur un accord politique. Vance a aussi insisté sur l’approche de Donald Trump, qui vise à «démanteler les réseaux terroristes menaçant Israël» et à favoriser une stabilisation durable. Le vice-président a souligné que Trump a «exprimé clairement sa vision», souhaitant que Ghaza comme la Cisjordanie occupée soient administrées par les populations locales, et non par des forces extérieures.
Cette déclaration intervient dans un climat international tendu, marqué par les appels croissants à la protection des civils et aux efforts diplomatiques.
Les propos de Vance traduisent une volonté d’esquisser une sortie de crise, en conciliant sécurité et reconnaissance d’un contrôle palestinien sur leurs propres territoires.
Rédaction de Crésus
