Dans une note transmise aux journalistes accrédités à Genève, les Nations unies rappellent les entités industrielles iraniennes placées sous sanctions internationales.
Par Rédaction de Crésus
De la métallurgie aux compagnies aériennes, ces sociétés forment l’ossature d’un réseau tentaculaire lié aux Gardiens de la Révolution (IRGC), accusé de développer des missiles balistiques et de contourner les embargos.
Contexte et chronologie des sanctions
Depuis 2006 et la résolution 1737, le Conseil de sécurité de l’ONU a imposé une série de sanctions visant les infrastructures stratégiques iraniennes. Celles-ci ont été renforcées par les résolutions 1747 (2007), 1803 (2008) et 1929 (2010), avant d’être partiellement allégées par l’accord nucléaire (JCPOA) de 2015, puis rétablies après le retrait américain en 2018.
La communication de l’ONU aux journalistes accrédités souligne que ces entreprises «continuent de contribuer directement ou indirectement aux activités nucléaires sensibles ou au développement de vecteurs d’armes nucléaires», justifiant leur maintien sous sanctions malgré les évolutions diplomatiques.
La liste détaillée des entités (IRe.056 – IRe.078)
RAH SAHEL (IRe.056) – Société d’ingénierie soupçonnée de fournir une expertise aux projets liés à la défense.
RAHAB ENGINEERING INSTITUTE (IRe.057) – Institut affilié au ministère de la Défense, actif dans la recherche appliquée sur les systèmes de missiles.
SABALAN COMPANY (IRe.058) – Entreprise servant de façade pour l’acquisition de composants aéronautiques à l’étranger.
SAD Import ExportCompany (IRe.059) – Intermédiaire commercial spécialisé dans le contournement des embargos pour matériaux stratégiques.
Safety Equipment Procurement (SEP) (IRe.060) – Société écran d’acquisition d’équipements de sécurité, réorientés vers l’armée et les forces spéciales.
SahandAluminum Parts IndustrialCompany (SAPICO) (IRe.061) – Producteur d’alliages et de pièces en aluminium utilisés dans les missiles.
Sahel Consultant Engineers (IRe.062) – Bureau d’ingénierie impliqué dans des infrastructures sensibles.
SanamIndustrial Group (IRe.063) – Considéré par l’ONU comme une façade du programme balistique iranien, lié au ShahidHemmat Group.
Sepanir (IRe.064) – Filiale économique des Gardiens de la Révolution, active dans la construction et l’énergie, accusée de financer des programmes militaires.
Sepasad Engineering Company (IRe.065) – Entreprise d’ingénierie contrôlée par l’IRGC, intervenant sur des projets civils et militaires.
ShahidBagheriIndustrial Group (SBIG) (IRe.066) – Structure centrale du développement des missiles Shahab.
ShahidHemmatIndustrial Group (SHIG) (IRe.067) – Pilier du programme de missiles longue portée, placé sous sanctions dès 2006.
ShahidKarrazi Industries (IRe.068) – Sous-traitant produisant des composants pour roquettes et missiles.
ShahidSattari Industries (IRe.069) – Actif dans l’aviation militaire et les drones.
ShahidSayyadeShirazi Industries (SSSI) (IRe.070) – Industrie de défense produisant armes et composants balistiques.
Sho’a’ Aviation (IRe.071) – Entreprise aéronautique soupçonnée de travailler sur des drones militaires.
South Shipping Line Iran (SSL) (IRe.072) – Compagnie maritime impliquée dans le transport de biens militaires sous embargo.
Special Industries Group (SIG) (IRe.073) – Ensemble de sociétés du ministère de la Défense produisant armes et munitions.
Tamas Company (IRe.074) – Liée au secteur nucléaire iranien, impliquée dans l’acquisition de technologies sensibles.
Tiz Pars (IRe.075) – Société de façade utilisée pour achats à l’international en faveur des industries de défense.
Ya Mahdi Industries Group (IRe.076) – Affiliation directe au ministère de la Défense, producteur de roquettes et missiles.
YAS Air (IRe.077) – Compagnie aérienne utilisée par les Pasdarans pour transférer clandestinement armes et équipements vers la Syrie et le Hezbollah.
Yazd Metallurgy Industries (YMI) (IRe.078) – Spécialisée dans les alliages spéciaux, soupçonnée de fournir matériaux au programme nucléaire.
Une nébuleuse sous haute surveillance
Selon la note officielle de l’ONU, «ces entités constituent un réseau organisé destiné à soutenir les ambitions balistiques et nucléaires de la République islamique d’Iran».
Leur présence persistante sur la liste noire illustre la stratégie de Téhéran : multiplier les sociétés-écrans, diversifier les filières de financement et s’appuyer sur les Gardiens de la Révolution pour contourner les embargos.
En informant régulièrement la presse internationale, l’ONU entend maintenir la pression et rappeler que le dossier iranien demeure une question centrale de sécurité mondiale.
R.C.
