La junte malienne s’est fondue de graves attaques contre l’Algérie qu’elle accuse de champion de la promotion du terrorisme et exportateur de terroristes.
Paradoxe de l’Etat de droit. Les autorités maliennes viennent de franchir, de nouveau, le Rubicon en accusant l’Algérie de «soutenir le terrorisme international».
Dans son intervention à la 80e Assemblée générale des Nations Unies au siège de l’ONU à New York, le 26 septembre 2025, le Premier ministre du Mali, Abdoulaye Maïga, dont le pays, au même titre que ses compagnons de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), n’a pas trouvé mieux que d’appeler l’Algérie à «cesser de soutenir le terrorisme international».
Le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga, dont le pays accuse l’Algérie d’avoir abattu un drone au-dessus de son territoire, a appelé vendredi Alger à «cesser de soutenir le terrorisme international», lors de son allocution à la tribune de l’ONU. En effet, Abdoulaye Maïga a consacré une large partie de son intervention à ce qu’il qualifie d’ «agressions et de «duplicité» d’Alger. L’accusation la plus lourde porte sur un soutien supposé au terrorisme international. Alger est accusée de se poser en «champion de la lutte contre le terrorisme» sur la scène africaine, tout en devenant, selon Bamako, «champion de la promotion du terrorisme et exportateur de terroristes». Une charge loin d’être une première. En s’adressant, pour la énième fois, à la communauté internationale, Bamako tente de délégitimer Alger, en l’assimilant à un acteur de la déstabilisation régionale.
Isolement diplomatique
Se voulant «menaçante», la junte militaire indique que «dans l’adversité, nous ne serons pas des spectateurs. Pour chaque balle tirée contre nous, nous réagirons en réciprocité. Pour chaque mot employé de travers, nous réagirons en réciprocité». Poussant plus loin sa divagation, Maïga a ajouté qu’«à la différence de certains Etats qui ont ouvert des couloirs de passage sur leur territoire aux terroristes, en vue d’attaquer d’autres pays, ou d’offrir leur territoire comme base arrière, les pères fondateurs de l’AES, par engagement panafricaniste, et dans le souci de préserver les intérêts de leurs populations, ont décidé de sécuriser leur pays tout en évitant une propagation de la menace vers d’autres régions africaines, voire dans le monde, effectuant ainsi un véritable travail de sécurité publique régionale et mondiale». Dans sa diatribe, Abdoulaye Maïga omet de signaler que l’Indice mondial du terrorisme élaboré par le groupe de réflexion Institute for Economics and Peace, a affirmé, en mars dernier, que la région du Sahel reste l’épicentre du terrorisme pour la deuxième année de suite, avec plus de la moitié des décès dus à cette forme de violence dans le monde en 2024. Or, en appelant publiquement l’Algérie à «cesser de soutenir le terrorisme international», le Mali prend le risque d’un isolement diplomatique supplémentaire.
Vérités et contre-vérités
Depuis le 1er avril, l’État sahélien accuse l’Algérie d’avoir abattu un drone de l’armée malienne au-dessus de son territoire. Des accusations rejetées par l’Algérie tant les données radars du ministère de la Défense nationale établissaient au contraire «la violation de l’espace aérien de l’Algérie» par un drone de reconnaissance venu du Mali. Au-delà des faits, qui restent à prouver par la partie malienne, Abdoulaye Maïga a multiplié les qualificatifs peu diplomatiques. Alger est accusée de se poser en “champion de la lutte contre le terrorisme” sur la scène africaine, tout en devenant, selon Bamako, “champion de la promotion du terrorisme et exportateur de terroristes”. Une charge inédite dans la relation tumultueuse entre les deux pays.
Cécité intellectuelle
Des propos qui passent mal pour les autorités maliennes, frappées de cécité intellectuelle ou d’hystérie collective. Des accusations truffées de contre-vérités dans une tentative de fuite en avant de la junte militaire au pouvoir au Mali. D’autant que Abdoulaye Maïga, ainsi que la majorité des Maliens, sait que l’Algérie a toujours œuvré dans le sens de la stabilité et la sécurité des pays voisins. Preuve en est l’appel de l’Algérie au retrait des forces étrangères de la région. La dernière «attaque» malienne contre l’Algérie n’est qu’une manière de justifier le retrait, le 22 septembre, des pays de l’AES du Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale, tant les putschistes régnants sont accusés de crimes de guerre par plusieurs ONG.
Bamako devrait se rappeler que l’Algérie a toujours été aux côtés du Mali, aussi bien sur le plan diplomatique qu’en aides humanitaires et logistiques, que ce soit en temps de paix ou de crise. Il est évident que les dirigeants actuels du Mali n’ont pas tiré les leçons du passé et continuent de gaspiller les opportunités offertes pour reconstruire leur pays sur des bases solides.
R.C.
