Les enjeux ne manqueront pas. Le projet de loi de finances 2026 (PLF 2026) sera incontestablement le texte phare de la rentrée.
L’Assemblée populaire nationale (APN) et le Conseil de la nation rouvriront leurs portes ce lundi pour la session ordinaire 2025-2026. L’annonce a été faite jeudi à travers des communiqués des deux chambres.
Cette rentrée parlementaire devait initialement avoir lieu le 2 septembre, conformément à l’article 138 de la Constitution qui fixe le calendrier des sessions ordinaires. La loi fondamentale stipule en effet que le Parlement siège en une seule session de dix mois, débutant le deuxième jour ouvrable de septembre pour s’achever le dernier jour ouvrable de juillet. Mais cette année encore, le calendrier a été bousculé. L’ouverture a été reportée en raison de la tenue de la Foire commerciale intra-africaine (IATF), organisée à Alger du 4 au 10 septembre, un événement continental jugé prioritaire par les autorités.
Le report n’est pas sans rappeler l’expérience de la session précédente, prolongée de vingt jours afin de permettre l’examen de textes jugés urgents. En 2024-2025, le gouvernement avait ainsi soumis deux projets de loi sensibles : l’un relatif à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, l’autre portant sur la protection des personnes physiques dans le traitement des données personnelles. Ces dossiers avaient mobilisé l’essentiel de la fin de session et illustré la capacité de l’exécutif à recourir à la flexibilité offerte par la Constitution.
Pour la session qui s’ouvre, les enjeux ne manqueront pas. Le projet de loi de finances 2026 (PLF 2026) sera incontestablement le texte phare de la rentrée. Il devrait être au cœur des débats parlementaires dans un contexte marqué par des attentes sociales pressantes et la nécessité de maintenir un équilibre budgétaire face à des dépenses publiques importantes. La nouvelle liste des projets de lois qui seront déposés à l’APN, tout comme ceux susceptibles d’être transmis au Conseil de la Nation, sera présentée dans les prochains jours par le département de Kaouthar Krikou, ministre des Relations avec le Parlement. Parmi ces textes, figure toujours en suspens le règlement intérieur des deux chambres, un dossier pourtant essentiel au fonctionnement législatif, mais régulièrement repoussé.
Les parlementaires auront également à examiner plusieurs projets inscrits sur l’agenda gouvernemental liés à la réforme du secteur public, à la modernisation de la justice et au renforcement de la gouvernance locale. Des thématiques qui touchent directement la vie quotidienne des citoyens et qui nourrissent de fortes attentes en matière de transparence et d’efficacité de l’action publique. Le débat sur ces réformes pourrait mettre en évidence les clivages entre majorité et opposition.
Un exercice attendu
Au-delà de l’agenda législatif, les regards seront tournés vers un exercice attendu mais resté en suspens : la présentation de la Déclaration de politique générale. L’article 111 de la Constitution impose en effet au gouvernement de se soumettre périodiquement à cet exercice, qui donne lieu à un débat sur son action et engage la responsabilité de l’exécutif devant les représentants du peuple. Or, le précédent Premier ministre n’avait pas respecté cette obligation, suscitant critiques et interrogations sur la portée réelle du contrôle parlementaire. L’arrivée d’un Premier ministre par intérim redonne à cette étape une importance particulière, car elle permettra de mesurer la volonté du gouvernement d’instaurer un dialogue franc avec les députés et sénateurs.
Cette rentrée sera également observée par l’opinion publique qui attend des réponses concrètes sur des questions de pouvoir d’achat, d’emploi et de développement local. Les citoyens expriment une certaine lassitude face aux reports et aux lenteurs dans l’adoption de lois considérées comme prioritaires. Le rôle du Parlement, souvent perçu comme limité à une chambre d’enregistrement, sera mis à l’épreuve par l’ampleur des dossiers qui l’attendent. Une implication plus visible des députés dans les débats et un suivi rigoureux de l’action gouvernementale pourraient contribuer à restaurer la confiance entre institutions et société.
Entre continuité et attentes de renouveau, le Parlement entamera une session où se joue autant la crédibilité de l’exécutif que la capacité des élus à remplir leur mission de contrôle et de représentation.
Assia M.
