Le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Sadaoui, a présidé hier une rencontre avec les représentants des syndicats agréés du secteur ainsi que les présidents des associations nationales de parents d’élèves. Cette réunion, marquant le début de l’année scolaire 2025/2026, s’inscrit dans une démarche de dialogue participatif et de concertation continue voulue par le ministère.
Le ministre a réaffirmé selon un communiqué de son département, l’importance de maintenir un lien étroit avec l’ensemble des acteurs du système éducatif. «Cette rencontre traduit notre engagement à instaurer une culture de dialogue durable, à la fois franche et constructive, pour garantir la stabilité du secteur et accompagner les réformes en profondeur de notre école», souligne le ministre. Mohamed Seghir Sadaoui a, dans la foulée, salué les efforts des syndicats durant l’été, notamment à travers l’organisation de rencontres et des universités d’été. Il a annoncé «la reprise des concertations bilatérales avec les syndicats et les associations de parents d’élèves», selon un calendrier à venir, pour traiter les préoccupations locales et nationales. Le ministre a également souligné «la volonté du ministère de finaliser, dans les plus brefs délais, le dossier du statut particulier des personnels de l’Éducation nationale, sur la base des accords déjà signés avec les partenaires sociaux». À l’approche de la rentrée, plusieurs mesures structurantes ont été annoncées, à savoir le renforcement des ressources humaines dans les directions de l’éducation, l’extension des infrastructures scolaires : 600 nouvelles classes, 196 collèges et 70 lycées prévus dans le cadre du programme 2025, en plus des projets de réhabilitation en cours, suivi accru des chantiers en suspens et intensification des visites de terrain, ainsi que la finalisation des opérations de mutation, d’intégration et de contractualisation pour les postes vacants. Sur le plan pédagogique, une restructuration des matières et des emplois du temps pour la troisième année du primaire entre en vigueur cette année, dans le cadre d’une réforme plus globale des programmes. Le ministère a également pris les dispositions nécessaires pour assurer l’inscription fluide des élèves en première année primaire et en éducation préscolaire.
Allègement des programmes et valorisation des activités
La nouveauté sur ce plan donc, concerne la restructuration des matières et des emplois du temps de la troisième année de l’enseignement primaire, effective dès cette rentrée. Cette réforme s’inscrit dans la mise en œuvre des engagements du président de la République, visant à alléger les programmes scolaires et favoriser le développement global des élèves à travers des activités culturelles, sportives et artistiques. Selon la circulaire ministérielle publiée à cet effet, les principaux ajustements sont les suivants : Langue arabe : +15 minutes par semaine, totalisant 7h30 ; Histoire : introduction d’une séance distincte de 30 minutes ; Langue anglaise : volume horaire porté à 2h par semaine (+30 min); Éducation physique et sportive : durée de 2h hebdomadaires ; Éducation artistique : durée portée à 1h30 hebdomadaire (+45 min).
Afin d’assurer une mise en œuvre efficace de ces ajustements, la circulaire prévoit une répartition équilibrée des enseignants spécialisés (français, anglais) dans toutes les écoles. Par ailleurs, les activités artistiques et sportives seront réparties sur l’ensemble des jours de la semaine, contribuant à un meilleur équilibre de la charge scolaire.
Vers la révision du système d’évaluation
Dans un souci d’amélioration continue, le ministre est revenu sur les résultats du Brevet d’Enseignement Moyen (BEM) 2025, qui ont révélé un taux d’échec élevé. En réponse à une question du député Nabil Rehiche à l’Assemblée populaire nationale, il a indiqué que ces résultats traduisent un «niveau réel des acquis pédagogiques», mais nécessitent une analyse approfondie pour identifier les causes structurelles et conjoncturelles.Dans cette optique, une révision globale du système d’évaluation pédagogique a été annoncée. Elle portera notamment sur les méthodes de formulation des épreuves, afin d’assurer leur objectivité, leur inclusivité et leur capacité à mesurer les compétences réelles des élèves. Le ministère prévoit également : le renforcement de la formation continue des enseignants autour des approches pédagogiques modernes, l’amélioration des dispositifs de prise en charge des élèves en difficulté, avec un accompagnement individualisé, le suivi rigoureux de l’avancement des programmes, avec des mesures correctives immédiates en cas de retard, ainsi qu’une implication accrue des parents d’élèves à travers des canaux de communication renforcés et un appui psychopédagogique.
Islam K.
