L’Algérie engage un vaste chantier de modernisation de ses transports publics, avec une opération d’importation de 10.000 bus neufs, ordonnée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Ce projet, qui constitue la première phase du renouvellement du parc national, sera achevé en février 2026, selon les déclarations du ministre des Transports, Saïd Sayoud, faites en marge de l’ouverture de la 4ᵉ édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), jeudi à Alger.
Les 10.000 bus importés permettront, dans un premier temps, de remplacer les véhicules les plus anciens : 4.680 remplaceront les bus de plus de 30 ans et 5.320 seront affectés à ceux ayant entre 20 et 30 ans. Le ministre a précisé que les catégories de véhicules retenues ont été sélectionnées pour couvrir l’ensemble des besoins en matière de transport : urbain, suburbain, inter-wilayas et rural. Le cahier des charges de cette opération est en cours d’élaboration.
Le premier responsable du secteur a par ailleurs rappelé que cette importation n’est qu’une étape initiale. À terme, le renouvellement du parc reposera sur les capacités nationales, grâce à la mise en service des usines de fabrication de bus en Algérie, y compris celles placées sous la tutelle du ministère de la Défense nationale.
Cette initiative présidentielle intervient à la suite du tragique accident survenu à El Harrach, qui a coûté la vie à 18 personnes. Cet événement a agi comme un électrochoc, incitant les autorités à accélérer le retrait des bus vétustes. En août dernier, Sayoud avait déjà réaffirmé la détermination de son département à appliquer avec rigueur les instructions présidentielles, en coordination avec les différents partenaires du secteur.
Un calendrier strict de retrait des bus anciens
En effet, la première phase consiste à retirer, dans un délai de six mois, les bus de plus de 30 ans. Pour la deuxième phase, un remplacement progressif des bus de plus de 20 ans est prévu, avec un accompagnement fiscal et douanier pour encourager l’acquisition de véhicules neufs ou récents, tout en stimulant la production nationale.
Sur le terrain, des commissions mixtes wilayales ont été créées afin d’inspecter l’état des bus avant toute autorisation de circulation. L’évaluation portera notamment sur la structure, l’aménagement intérieur, les conditions de sécurité et les équipements. Un groupe de travail conjoint avec les transporteurs a également été mis en place pour assurer le suivi des dossiers et répondre aux préoccupations du secteur.
Parallèlement à l’importation, le gouvernement mise sur la relance de la production locale. Dès cette année, une première série de 108 autobus, actuellement en cours de fabrication à l’usine de Rouïba (relevant des industries militaires), viendra équiper les entreprises publiques de transport terrestre des wilayas de Constantine, Oran et Annaba.
En décembre 2024, le ministre des Transports, Saïd Sayoud, a déclaré que 70 % du parc de transport de voyageurs est obsolète et inadapté au déplacement des citoyens. «Ce parc n’est pas conforme aux exigences du transport de passagers, il est vétuste à 70 %», a-t-il déploré dans une interview accordée à la chaîne Echourouk News TV.
Le ministre a également annoncé qu’un projet de rénovation du parc est en cours. «Nous travaillons à la modernisation du parc automobile. Ce sujet a d’ailleurs été abordé avec les représentants du secteur du transport de voyageurs lors d’une réunion tenue la semaine dernière», a-t-il précisé.
Islam K.
