Baddari a mis en avant l’importance de faire émerger une marque algérienne de safran, issue de la recherche appliquée et capable de rivaliser sur les marchés étrangers, tout en renforçant le rayonnement économique du pays.
Dans le cadre de la diversification de l’agriculture nationale et de la valorisation des résultats de la recherche scientifique, l’Algérie franchit une nouvelle étape avec le lancement officiel de la stratégie nationale pour l’organisation, le développement et la généralisation de la culture du safran, une épice précieuse à très haute valeur ajoutée. Dans son intervention lors de la cérémonie de lancement tenue hier à l’École Nationale Supérieure Agronomique (ENSA) d’Alger, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a souligné que cet événement marque un tournant stratégique pour l’agriculture algérienne, dans un contexte où le pays s’emploie à renforcer son autonomie alimentaire tout en misant sur des filières porteuses à fort potentiel économique.
Le ministre Baddari a rappelé que cette stratégie s’inscrit pleinement dans le programme du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui accorde une place centrale à une agriculture moderne et diversifiée, soutenue par la recherche scientifique». Il a annoncé le lancement officiel de la campagne nationale de plantation du safran, insistant sur le fait qu’il s’agit d’un produit à très haute valeur ajoutée, tant sur le plan économique que social. Cette nouvelle stratégie a pour objectif, selon lui, de transformer les avancées scientifiques en leviers concrets de développement. Elle ambitionne d’améliorer la production agricole nationale et sa productivité en s’appuyant sur les résultats de la recherche, de favoriser l’émergence de nouvelles variétés de semences adaptées aux conditions locales, de créer des industries de transformation dédiées au safran et, enfin, de contribuer à l’économie nationale par la commercialisation de ce produit à l’échelle locale, régionale, continentale et internationale. Kamel Baddari a salué en outre les efforts conjoints des chercheurs, des enseignants et des professionnels du secteur agricole, qu’il a qualifiés de véritables artisans de cette dynamique.
Il a mis en avant l’importance de faire émerger une marque algérienne de safran, issue de la recherche appliquée et capable de rivaliser sur les marchés étrangers, tout en renforçant le rayonnement économique du pays. De son côté, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Youcef Cherfa, a qualifié cette initiative de première étape vers la relance d’une filière à fort potentiel. Il a rendu hommage à l’ensemble des acteurs ayant participé à l’élaboration de cette stratégie, conçue dans le respect des orientations des plus hautes autorités de l’État. Cherfa a également souligné le rôle des institutions de recherche et de formation, notamment l’Institut National de la Recherche Forestière, qui ont su développer un itinéraire technique adapté à la culture du safran, expérimenter son acclimatation dans différentes régions du pays et former de nombreux producteurs à travers plusieurs wilayas.
Une convention pour structurer la filière
Le ministre a, en outre, salué l’engagement des agriculteurs qui ont cru en cette culture et qui ont investi leurs ressources afin de la faire prospérer. Dans cette dynamique de structuration de la filière, une convention de coopération a été signée entre les institutions relevant des deux ministères. Elle réunit l’École Nationale Supérieure d’Agronomie, le Centre de Recherche Scientifique et Technique sur les Régions Arides, le Centre National de la Recherche Forestière ainsi que le Centre National de Contrôle et de Certification des Semences et Plants.
Cette convention vise à certifier les processus techniques liés à la culture du safran, à en garantir la qualité pour une production destinée à l’exportation, tout en assurant la formation des différents intervenants de la filière. Les deux ministres ont ensuite visité la ferme centrale de l’ENSA, où ils ont assisté à des présentations détaillées sur les principales étapes de la culture du safran et ont supervisé le lancement symbolique de la plantation des premiers bulbes, marquant ainsi le début d’une nouvelle ère pour cette filière prometteuse en Algérie.
Islam K.
