Pour la première fois, le Canada s’est doté d’une stratégie de coopération avec l’Afrique.
Douze entreprises canadiennes participent à la quatrième édition du Salon du commerce intra-africain (IATF 2025). Cet événement, organisé au Palais des expositions (Pins maritimes – Alger) en collaboration avec la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), initiatrice de cette foire, la Commission de l’Union africaine et le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), se tiendra du 4 au 10 septembre.
Bien que ce salon vise principalement à renforcer le commerce intra-africain, il accueille également des partenaires internationaux hors du continent, dont des entreprises canadiennes à la recherche d’opportunités pour développer leurs activités.
Pour l’Algérie, ce salon s’inscrit dans une «stratégie de diversification de l’économie nationale et de renforcement des partenariats africains», selon les communiqués distribués à la presse. Ces documents soulignent la volonté du pays de «mobiliser tous les moyens pour accompagner ses ambitions africaines».
Une connectivité intercontinentale
Dans une entrevue avec Radio-Canada International, Tanniar Leba, directeur exécutif de la Chambre de commerce canado-africaine, qui participe au salon, a affirmé que la mission de sa chambre est de faire le lien entre les entreprises africaines et canadiennes, en misant particulièrement sur les transactions numériques pour surmonter les défis logistiques.
Cet homme d’affaires basé à Vancouver explique que son organisation a vu le jour après la pandémie de la COVID-19, suite à sa prise de conscience de «la rupture des relations commerciales entre le Canada et l’Afrique».
Il affirme que la décision de participer au salon est motivée par des raisons stratégiques.
Toutefois, Tanniar Leba estime que cette initiative manque d’éléments concrets et opérationnels — des lacunes que sa chambre souhaite combler.
«Dans un contexte d’instabilité des partenariats commerciaux et de menaces sur les tarifs douaniers américains, le Canada doit diversifier ses partenaires. L’Afrique, avec ses 54 pays, est un continent riche en opportunités», souligne Tanniar Leba.
La participation à ce salon vise aussi à promouvoir la Chambre de commerce et à attirer de nouvelles entreprises africaines, bien que l’organisation soit encore jeune et dispose de ressources limitées, selon lui.
La diaspora africaine
Le même responsable se rendra en Algérie avec une délégation composée de trois entreprises et d’une association de femmes d’affaires africaines francophones de la Colombie-Britannique. A cet égard, il a souligné le rôle central de la diaspora africaine au Canada, qu’il considère comme un levier de la stratégie de coopération canado-africaine. Il voit en cette diaspora un pont facilitateur des affaires entre les deux continents.
Le gouvernement canadien appuie ces efforts en mettant à disposition un espace pour le pavillon canadien lors des grands événements et en facilitant les rencontres avec les entreprises africaines. De son côté, Mehdi Laïb, entrepreneur né à Paris d’un père algérien et d’une mère française, établi au Québec depuis 26 ans, estime qu’il est temps de bâtir des relations commerciales entre le Canada et l’Algérie, convaincu du rôle clé que peut jouer la diaspora dans le développement de son pays d’origine.
Il a aussi élargi ses activités au Maroc, où il a travaillé sur de grands projets, comme le stade de Casablanca qui accueillera des matchs de la Coupe du monde 2030. Fort de cette expérience, il a décidé d’ouvrir une succursale en Algérie. Dans un entretien avec Radio-Canada International, il affirme que ce salon représente une opportunité unique pour pénétrer le marché algérien. «Ce salon offre une occasion unique de montrer le potentiel de l’Algérie aux entreprises canadiennes», relève le président et fondateur de l’entreprise «Ombrages».
Badis B.
