Dans sa dernière édition, le TIME a dressé un panorama des figures qui façonnent l’avenir de l’intelligence artificielle et de l’économie numérique. De Sam Altman à Elon Musk, en passant par Matthew Prince ou Strive Masiyiwa, une nouvelle génération de dirigeants impose ses choix et ses visions dans un secteur devenu stratégique pour les États comme pour les entreprises.
R.I.
Sam Altman, OpenAI
Le patron d’OpenAI a démarré l’année aux côtés de Donald Trump pour annoncer un projet de centre de données de 500 milliards de dollars. Sam Altman tente désormais de convertir son organisation en société à but lucratif afin d’attirer des capitaux massifs. En août, il a lancé GPT-5, présenté comme un système d’intelligence artificielle d’un niveau «doctorat».
Elon Musk, xAI
Avec sa société xAI, Musk a dévoilé Grok 4, présenté comme «l’IA la plus intelligente du monde», capable d’intégrer les tweets de X en temps réel. Déjà 35 millions d’utilisateurs s’y connectent chaque semaine. Mais ses propos polémiques – comparant ses détracteurs à « Adolf Hitler » – ont provoqué excuses et critiques.
Andy Jassy, Amazon
Amazon mise sur la généralisation de l’IA via sa plateforme de cloud Amazon Bedrock et son assistant génératif Amazon Q. L’entreprise bâtit également un supercalculateur basé sur des puces maison (Trainium) destiné à soutenir Anthropic, un autre acteur clé du secteur.
Allie K. Miller, Open Machine
Ancienne d’Amazon Web Services, elle dirige aujourd’hui Open Machine et accompagne des entreprises dans la transition culturelle et technologique liée à l’IA. Connue pour son plaidoyer en faveur d’une IA «plus inclusive», elle collabore avec de nombreux groupes technologiques et universitaires.
Alexandr Wang & Nat Friedman, Meta Superintelligence Labs
Les deux dirigeants mènent le projet Superintelligent AI de Meta, une division censée développer une «intelligence personnelle surhumaine». Mark Zuckerberg décrit cette avancée comme l’équivalent «de la bombe nucléaire du XXIᵉ siècle».
Matthew Prince, Cloudflare
Le patron de Cloudflare, spécialisé dans la sécurité Internet, défend une vision nouvelle: bloquer les robots d’IA qui aspirent les contenus sans compensation. Sa stratégie pourrait inaugurer une «ère dorée de la création de contenu», où les auteurs seraient enfin rémunérés pour nourrir les modèles d’IA.
Strive Masiyiwa, Cassava Technologies
Le milliardaire zimbabwéen investit pour donner aux Africains accès à la puissance informatique nécessaire à l’IA de pointe. Cassava Technologies a annoncé avec Nvidia la création d’un centre de données en Afrique du Sud.
Ren Zhengfei, Huawei
Le fondateur de Huawei veut faire de son groupe le champion chinois face à la domination technologique américaine. Ses puces Ascend 910C atteignent 60 % de la performance des Nvidia H100, avec une ambition : bâtir une alternative locale.
Rene Haas, Arm
Le patron du concepteur britannique de puces rappelle que les processeurs Arm équipent 70 % des smartphones mondiaux. En mars, Arm a annoncé un partenariat avec Nvidia pour 10 ans afin de développer l’IA embarquée.
Amnon Shashua, Mobileye
Cet israélien a placé ses puces d’assistance à la conduite dans plus de 200 millions de véhicules. Il vise maintenant l’IA générale avec sa start-up AAI Labs.
Fidji Simo, OpenAI (applications)
Ancienne d’Instacart, elle dirige la branche «applications» d’OpenAI, avec pour mission de transformer les avancées technologiques en produits commercialisables et rentables. Elle défend une IA qui «doit profiter à tous et non à une minorité».
Ravi Kumar S, Cognizant
Il veut démocratiser l’accès à l’IA via la formation de millions de talents. Cognizant a déjà déposé 59 brevets dans le domaine et a lancé une plateforme pour développer des agents autonomes.
Cristiano Amon, Qualcomm
Il accélère l’intégration de l’IA dans les processeurs Snapdragon, utilisés dans les téléphones et voitures connectées. Qualcomm a acquis la start-up ViA.I pour renforcer ses capacités logicielles.
Masayoshi Son, SoftBank
Le fondateur de SoftBank s’est imposé comme l’un des plus grands investisseurs mondiaux en IA. Il veut lever 100 milliards de dollars pour son projet «Stargate», un réseau d’infrastructures d’IA.
C.C. Wei, TSMC
Le patron du premier fabricant mondial de semi-conducteurs a investi plus de 100 milliards de dollars aux États-Unis pour contrer les tensions avec Pékin et Washington. Ses usines produisent les puces les plus avancées au monde.
Jensen Huang, Nvidia
L’homme derrière Nvidia, désormais valorisé plus de 4 000 milliards de dollars, jongle entre Washington et Pékin. Son groupe reste le fournisseur incontournable de processeurs pour l’IA.
Mark Zuckerberg, Meta
Zuckerberg investit des dizaines de milliards dans l’IA et veut bâtir une «superintelligence personnelle» avec l’aide de chercheurs de Scale AI et d’anciens de DeepMind.
Wang Xingxing, Unitree Robotics
Il développe des robots quadrupèdes abordables, déjà populaires sur le marché chinois, avec la conviction que la robotique est la clé de l’IA appliquée au quotidien.
Liang Wenfeng, DeepSeek
En janvier 2025, sa start-up a créé la sensation en publiant le premier modèle open-weight chinois, rivalisant avec OpenAI. Malgré une controverse sur le coût réel du projet, DeepSeek a quadruplé ses revenus.
Steve Huffman, Reddit
Sous pression d’investisseurs, il a accusé OpenAI d’utiliser les données de Reddit sans accord. En juin, Reddit a signé un contrat avec Anthropic, verrouillant son accès aux données.
David Holz, MidJourney
Le fondateur de MidJourney, spécialisé dans les images générées par IA, est devenu incontournable dans la culture numérique mondiale, ses créations étant reprises par Disney ou Universal.
Adam Evans, Salesforce AI
Serial entrepreneur, il pilote la stratégie IA de Salesforce depuis le rachat de sa start-up Airkit. Il a lancé « Agentforce », un système d’agents IA censé générer 6 000 milliards de dollars de valeur d’ici 2030.
Dario Amodei, Anthropic
Ex-OpenAI, il défend une IA plus responsable et met en garde contre les risques sociétaux. Sa société a connu un succès fulgurant grâce à son modèle Claude, déjà devenu un outil majeur de productivité.
Cet échantillon de dirigeants montre que l’IA n’est plus l’affaire d’un seul pays ni d’une seule entreprise. Entre Américains, Chinois, Africains et Européens, la compétition s’organise autour de trois axes : la puissance de calcul, la maîtrise des données et l’intégration de l’IA dans des produits du quotidien.
R.I.
