Alors que L’Express (21 août 2025) dénonce les abus liés aux notices rouges d’Interpol, un autre scandale passe souvent sous silence : la France refuse systématiquement de coopérer lorsqu’il s’agit des demandes algériennes.
Par S. M.
Sous couvert de «droits de l’homme», Paris transforme Interpol en champ de manœuvres politiques, protégeant des individus recherchés pour terrorisme par Alger.
L’Algérie n’a jamais cessé d’alerter sur la menace que représente le MAK, classé organisation terroriste. Des notices ont été soumises, réclamant l’arrestation et l’extradition de ses responsables installés en Europe. Mais à chaque fois, la France oppose un refus net.
Pourquoi ? Parce que Paris considère ces individus comme de simples «dissidents politiques». Ce faisant, elle nie la réalité du terrorisme et balaie d’un revers de la main les preuves fournies par Alger. Ce n’est plus de la coopération policière, mais une protection politique assumée.
Une politisation à géométrie variable
Dans ses pages, l’Express rappelle que le statut d’Interpol interdit toute demande à caractère politique ou racial. Mais ce principe, censé protéger les droits fondamentaux, est utilisé par certains pays occidentaux comme une arme sélective.
Quand la Chine ou la Turquie émettent des notices, elles sont parfois exécutées. Quand l’Algérie en fait autant, elles sont systématiquement rejetées. Voilà le paradoxe : ce ne sont pas les pays demandeurs qui politisent Interpol, mais les pays hôtes, qui filtrent selon leurs intérêts géopolitiques.
La France, en particulier, applique une lecture biaisée du droit. Elle se présente en garante des libertés, mais elle choisit qui mérite d’être considéré comme terroriste et qui doit être protégé. Cette subjectivité mine le principe d’universalité d’Interpol et en fait un organe instrumentalisé par les puissances occidentales.
L’Algérie demande justice, pas un privilège
En réclamant l’extradition de ses ressortissants classés terroristes, l’Algérie n’agit pas différemment des autres États. Elle demande simplement que soient respectées les règles du jeu, les mêmes qui permettent d’arrêter des criminels internationaux ailleurs dans le monde.
Refuser ces demandes, c’est non seulement fragiliser l’autorité algérienne, mais aussi envoyer un message dangereux : certains terroristes peuvent continuer leurs activités en toute impunité dès lors qu’ils bénéficient de la bienveillance d’une puissance occidentale.
Qui détourne vraiment Interpol ?
La thèse des «dérives» est réelle, comme l’explique l’Express. Mais l’antithèse est tout aussi pertinente : les dérives ne viennent pas seulement des États qui demandent des notices, elles viennent aussi des États qui refusent de les appliquer.
En protégeant des individus recherchés pour terrorisme par Alger, la France politise Interpol et le détourne de sa mission universelle. La question est donc claire : Interpol est-il un outil de justice mondiale, ou un instrument façonné par les calculs des puissances occidentales ?
S.M.
