Selon plusieurs experts du secteur, qui préfèrent s’en tenir aux faits plutôt qu’aux discours officiels, le constat est sans appel : il n’y a pas eu de véritables «bons» investissements en matière de raffinage au cours des dernières années.
K.Bouhebaka
Ceux qui ont été réalisés n’ont pas toujours été pensés de façon optimale, laissant planer de lourdes incertitudes sur la rentabilité et la pérennité du secteur.
Le projet de la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud (HMD), pourtant présenté comme une infrastructure stratégique, risque de tourner au scandale en raison de multiples zones d’ombre entourant sa gestion et son financement.
Quant à la raffinerie d’Adrar, les spécialistes s’accordent à dire qu’il s’agit d’un mauvais choix stratégique. Conçue dans une logique davantage populiste qu’économique, elle souffre aujourd’hui d’un problème majeur : les volumes d’effluents disponibles ne correspondent pas à sa capacité de traitement. Autrement dit, l’outil industriel existe, mais il n’a pas les ressources nécessaires pour tourner efficacement.
Des projets bloqués et des difficultés techniques…
Certains projets clés, pourtant attendus depuis longtemps, restent dans l’impasse. C’est le cas du développement du champ gazier de Hamra, gelé faute d’infrastructures capables d’évacuer l’effluent produit.
Rhourde Ennouss, autre site stratégique, traverse pour sa part de sérieuses difficultés techniques qui compromettent son exploitation optimale.
Sécurité compromise
À ces blocages structurels s’ajoute une pratique inquiétante : le contournement des arrêts de maintenance programmée.
Pour gagner du temps et maintenir artificiellement les cadences, certaines opérations de maintenance sont reportées ou négligées. Or, cette politique du court terme a déjà eu des conséquences graves, puisque plusieurs accidents récents trouvent directement leur origine dans ces manquements.
Une pétrochimie laissée à l’abandon
Enfin, un constat s’impose : la pétrochimie, pourtant essentielle pour diversifier l’économie et créer de la valeur ajoutée, est complètement négligée. Mais, comme le disent certains experts, «c’est là une autre histoire»…
K.B.
