Le réchauffement climatique frappe désormais de plein fouet le monde du travail.
Par Rédaction de Crésus
Dans un rapport conjoint publié cette semaine, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) tirent la sonnette d’alarme : l’exposition croissante à des températures extrêmes met en danger la santé de milliards de travailleurs et menace la productivité mondiale.
Un danger sanitaire mondial
L’étude intitulée «Changement climatique et stress thermique en milieu de travail» souligne que la hausse des températures n’épargne plus aucun continent. Si les pays proches de l’équateur restent les plus exposés, l’Europe a elle-même été frappée ces dernières années par des vagues de chaleur inédites, révélant que le problème est désormais global.
Les travailleurs agricoles, les ouvriers du bâtiment ou encore les pêcheurs constituent la première ligne de victimes, avec des risques accrus de déshydratation, d’épuisement, de maladies cardiovasculaires et, dans les cas extrêmes, de décès.
Le rapport insiste aussi sur l’injustice climatique : les enfants, les personnes âgées et les populations précaires des pays en développement paient le plus lourd tribut. Faute d’infrastructures adaptées, de protections sociales solides ou de dispositifs de prévention, ces communautés sont particulièrement exposées aux dangers du stress thermique.
Un enjeu économique majeur
Selon l’OMM, l’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée, avec des températures dépassant régulièrement les 40°C et atteignant parfois les 50°C.
Pour les experts, l’enjeu n’est pas seulement sanitaire mais aussi économique.
La baisse de productivité liée à la chaleur représente une perte colossale pour les entreprises et les économies nationales. Comme le rappelle Ko Barrett, secrétaire générale adjointe de l’OMM, «protéger les travailleurs n’est pas seulement un impératif de santé publique, mais une nécessité économique».
Des solutions urgentes et concrètes
Face à cette menace, l’OMS propose des recommandations basées sur des décennies de recherche : aménagement des horaires de travail pour éviter les pics de chaleur, amélioration des conditions de ventilation et d’hydratation sur les lieux de travail, formation des employeurs et des salariés à la prévention des coups de chaleur.
En filigrane, ce rapport pose une question essentielle : nos sociétés sont-elles prêtes à protéger efficacement leurs travailleurs dans un monde où les températures extrêmes deviennent la norme ?
R.C.
Les chiffres clés
- 2,4 milliards de travailleurs sont exposés chaque année à des températures dangereuses (source : Organisation internationale du Travail).
- 22 millions de décès liés à la chaleur sont enregistrés chaque année dans le monde, directement ou indirectement (OMS, 2023).
- 80 millions d’emplois à temps plein pourraient être perdus d’ici 2030 à cause du stress thermique (OIT).
- 2 400 milliards de dollars par an : pertes économiques mondiales estimées liées à la baisse de productivité due aux vagues de chaleur (OIT).
- Dans certaines régions d’Asie et d’Afrique, jusqu’à 5% du PIB est déjà perdu à cause de la chaleur extrême.
- En Europe, la canicule de 2022 a causé plus de 60 000 décès, la majorité chez les travailleurs âgés ou précaires.
