Par Samir MÉHALLA
Au cœur des relations entre l’Algérie et plusieurs capitales européennes subsiste une plaie ouverte, une profonde injustice qui heurte la mémoire collective de toute une nation. Cette plaie, c’est celle de la «décennie noire», ces années de plomb où le terrorisme islamiste a tenté de mettre le pays à genoux, laissant derrière lui des milliers de morts, des milliers de disparus et un traumatisme national indélébile.
Aujourd’hui, alors que l’Algérie s’est relevée par la force et le courage de son peuple, elle constate avec amertume que certains des acteurs et commanditaires de cette barbarie vivent paisiblement, «douillettement protégés» en France, en Suisse, en Allemagne ou ailleurs. Ces individus, qui ont du sang algérien sur les mains, se drapent dans le manteau de «l’opposant politique» ou du «défenseur des droits de l’homme» pour échapper à la justice de leur pays.
L’Algérie est donc parfaitement en droit, et a même le devoir moral, de réclamer que ces personnes répondent de leurs actes devant les tribunaux algériens. Il ne s’agit pas d’une vengeance, mais d’une quête de justice légitime pour les millions de victimes. Comment expliquer à la famille d’un villageois massacré, d’un intellectuel assassiné ou d’un fonctionnaire égorgé que les instigateurs de ces crimes bénéficient de la protection de démocraties qui, par ailleurs, se font les championnes de la lutte antiterroriste ?
Le deux poids, deux mesures de certains pays occidentaux est assourdissant. Ces mêmes nations qui exigent une coopération internationale sans faille lorsqu’elles sont elles-mêmes frappées par le terrorisme, se retranchent derrière des arguties juridiques et un prétendu «manque de garanties» pour refuser d’extrader ceux qui ont endeuillé l’Algérie.
Le terrorisme serait-il condamnable à Paris ou à Bruxelles, mais excusable à Alger ?
Le statut de réfugié politique ne saurait être un bouclier pour l’impunité. La liberté d’expression ne peut servir de prétexte pour abriter ceux qui ont appelé à la haine et à la violence, causant un mal immense au peuple algérien.
La demande de l’Algérie est claire : la lutte contre le terrorisme est un principe universel qui ne souffre aucune exception. Livrer ces individus à la justice n’est pas une option politique, c’est une obligation morale et juridique internationale. Le peuple algérien a le droit à la justice et au respect de sa mémoire.
S.M.
