La souveraineté de l’Algérie, son unité nationale et la nécessité de préserver sa cohésion autour d’un projet commun ont occupé une place centrale dans le discours du Premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), prononcé à l’occasion de la commémoration du 70e anniversaire du Congrès de la Soummam, au mémorial d’Ifri Ouzellaguène.
Le premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), Youcef Aouchiche, a défendu une conception de la nation fondée sur «l’unité dans la diversité», estimant que l’Algérie ne devait être réduite ni à une idéologie, ni à une langue, ni à une région, ni à des appartenances particulières. Il a appelé à dépasser les différences et les particularismes au profit de l’intérêt supérieur de la nation, considérant que la diversité constitue une richesse lorsqu’elle s’inscrit dans un destin commun.
Dans ce contexte, il a insisté sur la nécessité pour l’Algérie de rester souveraine dans la définition de son identité et la construction de son avenir. Évoquant la question identitaire, il a appelé à faire émerger une «personnalité algérienne authentique», assumant son histoire, ses héritages, ses langues, sa culture et ses aspirations modernes.
«L’Algérie doit être elle-même»
Le premier responsable du FFS a notamment rejeté aussi bien «l’enfermement dans un Orient mythifié» que «l’effacement dans un Occident érigé en modèle absolu», affirmant que «l’Algérie doit être elle-même». Selon lui, l’affirmation de cette personnalité nationale ne signifie pas un repli sur soi. Une Algérie sûre d’elle-même doit pouvoir dialoguer, échanger, apprendre et coopérer avec les autres, tout en demeurant souveraine dans ses choix.
Abordant la question du patriotisme, il a appelé à se prémunir contre «les monopoles autoproclamés du patriotisme», estimant que celui-ci ne se mesure pas aux démonstrations ou aux discours, mais se traduit dans les actes, les choix et la fidélité à l’intérêt national.
Il a également estimé que les lignes de démarcation du débat national ne devraient pas opposer les citoyens en fonction de leur langue, de leur région, de leur rapport à la religion ou de leur sensibilité culturelle. Elles devraient, selon lui, s’articuler autour de deux exigences fondamentales : «le patriotisme et la démocratie».
Le responsable du FFS a, par ailleurs, mis en garde contre les tentatives de transformer les appartenances particulières en instruments de domination, d’exclusion ou de conquête du pouvoir. Il a considéré que le véritable danger réside dans «le monopole, la fermeture, l’arbitraire» et les replis susceptibles de transformer la diversité en fracture et la différence en menace.
Les enseignements du congrès de la Soummam
Revenant sur les enseignements du congrès de la Soummam, il a souligné que cet événement historique avait démontré la capacité des dirigeants de la Révolution à dépasser leurs divergences et à conjuguer leurs forces autour d’un objectif supérieur : l’indépendance du pays. La Soummam, a-t-il relevé, a donné à la lutte de libération une dimension politique, organisationnelle et nationale.
Pour le Premier secrétaire national du FFS, l’histoire de la Révolution montre que les grandes transformations nationales nécessitent une vision politique, une volonté collective et l’adhésion populaire. Le congrès de la Soummam demeure ainsi, selon lui, une référence en matière d’unité, d’organisation, de dialogue et de responsabilité politique.
Sur le plan institutionnel, il a plaidé pour la réhabilitation du politique, l’ouverture démocratique, la garantie des libertés et la participation des citoyens à la vie nationale, qu’il considère comme des leviers essentiels pour renforcer la confiance et la cohésion en Algérie.
Il a appelé à privilégier la confiance, le droit et la participation citoyenne, tout en invitant à «redéfinir le cap» du pays, à fixer ses priorités et à construire les compromis nécessaires au renforcement de l’État-nation et à l’instauration d’un État de droit démocratique.
Une Algérie souveraine
Le responsable politique a enfin défendu une Algérie «souveraine dans ses choix, démocratique dans ses institutions», garante des libertés citoyennes, de l’égalité devant la loi et de la justice sociale. Une vision qu’il a placée dans la continuité, selon lui, de la «Promesse de Novembre et de la Soummam» de bâtir une République démocratique et sociale.
R.N.
