Le Forum a mis en avant le rôle essentiel du gaz naturel comme source d’énergie fiable
Le Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) a réaffirmé, jeudi, le droit souverain des Etats membres à gérer, développer et exploiter leurs ressources en gaz naturel de manière durable, au service de leurs populations, soulignant la nécessité de renforcer la sécurité, la stabilité et la durabilité énergétiques à l’échelle mondiale. Dans la déclaration finale de la 27ᵉ Réunion ministérielle du Forum, tenue à Doha, le Forum a mis en avant le rôle essentiel du gaz naturel comme source d’énergie fiable, flexible et propre, indispensable à la réalisation des Objectifs de développement durable des Nations Unies, notamment pour éradiquer la précarité énergétique et soutenir un développement économique et social durable. Selon les prévisions du GECF, la consommation mondiale de gaz naturel devrait augmenter de 32 % d’ici 2050, faisant passer sa part dans le mix énergétique primaire mondial de 23 % à 26 %. Face à cette croissance soutenue attendue de la demande mondiale de gaz à court, moyen et long terme, les ministres ont mis en garde contre les appels à réduire ou à suspendre les investissements dans la production de gaz naturel, estimant que de telles mesures menacent directement la sécurité énergétique mondiale. Ils ont également appuyé les initiatives visant à renforcer l’interconnexion régionale du gaz par le biais de gazoducs transfrontaliers, de terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) et d’installations de stockage.
C’est, d’ailleurs, le plaidoyer du ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, qui dans son allocution devant la 27e réunion ministérielle du Forum, a insisté sur la «nécessité des investissements suffisants dans les infrastructures et l’approvisionnement, ainsi qu’un dialogue constructif et durable entre toutes les parties concernées». La déclaration a ainsi mis en avant l’importance d’investissements appropriés dans la production gazière, appelant à mobiliser des sources de financement durables pour soutenir le développement des infrastructures gazières, en particulier dans les pays en développement, tout en promouvant la coopération avec les institutions financières internationales, les banques multilatérales de développement et le secteur privé afin de faciliter le financement de ces projets. La déclaration a, également, souligné la nécessité de promouvoir les contrats à long terme, les mécanismes de tarification transparents et des cadres réglementaires prévisibles pour garantir la stabilité et la sécurité des marchés du gaz naturel.
Transition énergétique
Les ministres ont exprimé leur profonde préoccupation face à l’imposition de réglementations unilatérales à portée extraterritoriale, telles que le Règlement de l’Union européenne sur le méthane (REM), la Directive sur le devoir de diligence des entreprises en matière de durabilité (DDD) et le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), estimant que ces mesures contredisent les principes de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, de l’Accord de Paris et de l’Organisation mondiale du commerce. D’ailleurs, le Forum a mis en place un comité spécialisé chargé d’étudier ces textes réglementaires européens et d’évaluer leurs implications sur le commerce et la production gazière. La réunion a souligné la nécessité d’une action collective et équilibrée pour atteindre les Objectifs de développement durable et faire face au changement climatique, mais, comme l’a expliqué Mohamed Arkab, en «respectant les droits souverains de chaque pays à choisir sa propre voie nationale pour parvenir à une transition énergétique juste et équilibrée».
Cap sur les technologies
Reconnaissant l’importance croissante des technologies numériques dans l’amélioration de l’efficacité opérationnelle, de la transparence et de la sécurité dans toute la chaîne de valeur du gaz naturel, le Forum encourage les pays membres à investir dans l’analyse de données, les outils fondés sur l’IA et les infrastructures intelligentes pour optimiser la gestion. A ce titre, le Forum a félicité les progrès de l’Institut de recherche sur le gaz du GECF et a encouragé la poursuite de la collaboration dans les domaines de la recherche.
L’engagement de l’Algérie
Insistant sur l’attachement de l’Algérie envers les valeurs de partenariat, de dialogue et de solidarité qui constituent les piliers du Forum des pays exportateurs de gaz, Mohamed Arkab a souligné la volonté constante de l’Algérie à contribuer efficacement au soutien du Forum et au renforcement de son rôle en tant qu’organisation fiable et efficace qui défend les intérêts de ses membres dans les instances régionales et internationales. Certes, la réunion de Doha se tient dans un contexte délicat pour le secteur mondial de l’énergie, a souligné le ministre d’Etat, mais, selon lui, le Forum des pays exportateurs de gaz est devenu la voix collective et fiable qui défend la place du gaz naturel en tant que source d’énergie propre, sûre et abondante, et joue un rôle central dans la garantie de la sécurité énergétique et le soutien au développement durable.
Saïd S
Fin de mandat pour Hamel
Cette 27eme réunion du Forum du gaz a été la dernière de Mohamed Hamel en tant que secrétaire général du Forum. A l’occasion, le Forum a exprimé sa profonde reconnaissance et sa gratitude à Mohamed Hamel pour son service dévoué, son leadership exemplaire et ses contributions substantielles à la réalisation des objectifs du GECF pendant son mandat. Le secrétariat du Forum sera désormais occupé par le nigérian Philip Mshelbila. Le Forum a également validé la proposition de convoquer le 8e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du GECF et la 28e Réunion ministérielle du GECF en 2026 à Moscou, en Fédération de Russie.
S S.
