Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et l’instabilité des marchés des matières premières, l’Algérie intensifie ses achats de blé. Cette stratégie permet de limiter les risques liés à une dépendance envers un fournisseur unique.
Cette démarche, qui s’accélère depuis plusieurs mois, vise en premier lieu à sécuriser ses approvisionnements alimentaires tout en répondant à une demande intérieure en hausse.
Secundo, la faiblesse des prix du blé tendre et dur a incité le gouvernement à acheter plus qu’il en faut afin de sécuriser le stock stratégique pour l’année 2026. Deux millions et demi de tonnes ont été commandés rien que pour le dernier trimestre de cette année.
L’OAIC a donc acquis une moyenne de 2,5 millions de tonnes de blé tendre et blé dur. L’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), a acheté entre 500.000 et 550.000 tonnes métriques de blé dur lors d’un appel d’offres international organisé mardi, ont indiqué récemment des traders européens, cités par l’agence Reuters Pour le blé tendre, il a été ainsi dénombré l’acquisition fin octobre de 600.000 tonnes, entre 150.000 à 170.000 tonnes à la mi-novembre et entre 810.000 à 900.000 tonnes début décembre. À cela s’ajoute une commande d’environ 400.000 tonnes de blé dur début novembre.
Le prix d’achat serait en moyenne de 315 à 325 dollars la tonne selon la taille des navires utilisés. Un prix qui comprend les coûts de transport et d’assurance. Les expéditions devraient s’étaler du 1er février jusqu’au 31 mars 2026. Cet achat de blé tendre fait suite de quatre autres achats de blé tendre et blé tendre réalisés à partir de la fin octobre.
L’Algérie achète beaucoup de blé car elle a une forte demande intérieure pour le pain (blé tendre) qu’elle ne peut pas satisfaire avec sa propre production, qui se concentre plutôt sur le blé dur, et sa production nationale est très dépendante de la sécheresse.
Diversification des fournisseurs
La stratégie est de sécuriser l’approvisionnement alimentaire face aux aléas climatiques, de diversifier ses fournisseurs et de profiter des baisses de prix sur le marché mondial pour acheter de gros volumes, même si elle importe majoritairement du blé tendre pour sa farine.
La production agricole est souvent limitée par des conditions climatiques difficiles (sécheresse), rendant le pays dépendant des importations pour couvrir ses besoins annuels (environ 9 à 11 millions de tonnes.
Les importations algériennes de blé dur augmentent généralement lorsque les cultures nationales sont touchées par la sécheresse.
Les importations de blé dur ont augmenté pendant les campagnes de commercialisation 2022/23 et 2023/24, car la récolte a été très mauvaise en raison des années de sécheresse qui en ont résulté. Les importations de blé de l’Algérie pour la campagne de commercialisation 2024/25 atteindront 9 millions de tonnes, après avoir importé 9,4 millions de tonnes pour la campagne précédente. Malgré une amélioration des conditions de culture, les niveaux d’importation devraient rester élevés.
Cela s’explique par le fait que l’Algérie ne couvre pas entièrement sa demande intérieure et accumule des stocks pour compenser les déficits de production causés par une récolte précédente moins bonne. Depuis la récolte de 2024, l’Algérie s’est totalement détournée de la France et se fournit en Russie, en Ukraine, en Roumanie ou en Bulgarie.
Le dernier cargo transportant du blé français a déchargé sa cargaison en Algérie en juillet 2024. L’Algérie qui importe 95 % de son blé n’en achète plus à la France, alors que les agriculteurs français lui fournissent plus de 80 % de ses besoins. Le secteur agricole, qui était autrefois le pilier des échanges économiques entre la France et l’Algérie, ne représente plus que la quatrième position des exportations vers l’Algérie, selon la Direction générale du trésor. Selon les données officielles, le blé tendre représente environ 80 % des importations totales du pays.
En parallèle, la consommation nationale ne cesse de croître, alimentée par la croissance démographique et les besoins du secteur agroalimentaire. Face à cette réalité, l’État algérien a intensifié ses achats sur les marchés internationaux, misant sur des volumes massifs pour sécuriser son approvisionnement.
M.T.
