Les deux pays ont appelé à l’élaboration d’une feuille de route claire, assortie d’un calendrier précis, pour assurer la mise en œuvre effective des engagements pris.
La coopération entre l’Algérie et la Mauritanie a enregistré un saut qualitatif à l’issue de la 20e session de la Commission mixte de coopération qui s’est tenue hier à Alger. Ce saut a touché un large éventail de secteurs.
Les accords, mémorandums d’entente et programmes de coopération signés entre les deux pays concernent notamment les secteurs de l’intérieur et de la sécurité. Sur le plan économique, il s’agit des hydrocarbures, des finances, de l’énergie, de l’industrie, de l’industrie pharmaceutique, de l’agriculture et de la pêche maritime.
Outre le commerce, qui occupe une place importante, la coopération a également touché les secteurs des transports, du logement, de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la formation professionnelle, de la jeunesse et des sports, ainsi que du travail, de la communication, de la culture, des relations avec le Parlement et de l’environnement.
Lors de l’ouverture de cette 20e session, le Premier ministre, SifiGhrieb, qui a coprésidé la session avec son homologue mauritanien Mokhtar OuldDjay, a affiché sa certitude que
«cette session insufflera un nouvel élan positif à nos relations bilatérales, qui se sont toujours caractérisées par la solidarité et une coopération fructueuse, au point qu’elles constituent aujourd’hui un modèle de relations constructives, leur dynamisme n’ayant cessé de s’intensifier ces dernières années dans tous les domaines et à tous les niveaux».
Capitaliser sur les leviers de croissance
Le Premier ministre a affirmé que les relations bilatérales ont dépassé leur caractère traditionnel pour inclure des projets stratégiques visant à réaliser l’intégration, notamment le projet de route terrestre Tindouf-Zouérat, qui devrait créer une dynamique de développement dans les régions frontalières.
Il a également évoqué le projet de zone de libre-échange et d’échanges industriels, dont le taux d’achèvement a dépassé les 50%. Il a noté que l’ouverture des points de passage frontaliers entre les deux pays a contribué à dynamiser l’activité économique, transformant la frontière en un véritable espace d’échange et d’intégration.
Abordant les échanges commerciaux, il a relevé une progression notable ces dernières années, tout en soulignant la nécessité de les diversifier et de les intensifier davantage, en tirant parti des atouts logistiques, notamment la ligne maritime de transport de marchandises opérationnelle depuis 2022.
Intensification des échanges
Le Premier ministre a insisté sur l’importance de faciliter les procédures commerciales, notamment à travers l’amélioration des opérations douanières et la finalisation d’un accord commercial préférentiel.
Il a également mis en avant le rôle des manifestations économiques, telles que le Salon des produits algériens à Nouakchott et le Conseil d’affaires algéro-mauritanien, dans le renforcement des relations économiques.
Par ailleurs, il a appelé les opérateurs économiques des deux pays à explorer davantage les opportunités d’investissement et à renforcer les investissements croisés, en s’appuyant sur les mécanismes de financement existants.
Défis sécuritaires à relever
Le Premier ministre a souligné que cette session se tenait dans un contexte régional et international extrêmement sensible, nécessitant une coordination et une coopération accrues pour faire face aux défis sécuritaires croissants.
Dans ce contexte, SifiGhrieb a souligné les résultats «positifs et satisfaisants» obtenus dans les domaines militaire et sécuritaire, notamment après la signature de l’accord de coopération en matière de défense en avril 2025 et l’activation du comité conjoint de sécurité.
Cette dynamique a conduit à la création d’un comité spécialisé dans la lutte contre les drogues et les substances psychotropes, une mesure qui témoigne du niveau de confiance et de coordination entre les deux pays.
S. Smati
