Les huitièmes de finale s’annoncent spectaculaires et se joueront du 3 au 6 janvier 2026 dans huit stades différents répartis sur six villes marocaines.
Algérie–RD Congo et Afrique du Sud–Cameroun sont les deux affiches relevées des huitièmes de finale de la CAN-2025 disputés de samedi à mardi, que les favoris aborderont sereinement, après une phase de groupes plutôt tranquille, sauf pour la Côte d’Ivoire tenante du titre.
Sénégal – Soudan
Porté par ses mousquetaires Edouard Mendy (33 ans), Kalidou Koulibaly (34 ans), Idrissa Gueye (36 ans) et Sadio Mané (33 ans), ainsi que par la fougue de leur supersub Ibrahim Mbaye (17 ans), le Sénégal, autre cador de l’épreuve, a assumé son rang en terminant premier du groupe D. Seule ombre au tableau des Lions de la Teranga, la suspension du capitaine Koulibaly exclu lors de la dernière rencontre.
Son absence ne devrait pas suffire au Soudan, pays ravagé par la guerre civile depuis 2023, qui s’est hissé en phase finale sans avoir inscrit le moindre but. Sa seule victoire contre la Guinée équatoriale a été acquise grâce à un but contre son camp.
Mali – Tunisie
«Si nous continuons à jouer comme ça, nous n’irons pas bien loin», a averti le toujours très franc Tom Saintfiet, sélectionneur du Mali né en Belgique, après trois matches nuls ternes dans le groupe A, qui ont suffi néanmoins aux Aigles pour rallier les huitièmes.
La Tunisie a, elle, alterné le sérieux face à l’Ouganda (victoire 3-1) et l’inconsistance contre le Nigeria (défaite 3-2), avant de se contenter du minimum 1-1, face à la Tanzanie. De quoi rendre ce duel très indécis.
Maroc – Tanzanie
Un match déséquilibré sur le papier : le Maroc, pays hôte et favori mais dont le seul titre continental remonte à 50 ans, est classé 101 places devant la Tanzanie au classement FIFA (11e contre 112e). D’autant que les Tanzaniens vont découvrir pour la première fois de leur histoire un match à élimination directe lors d’une CAN.
Les Marocains, en mode diesel jusqu’ici, ont retrouvé leur capitaine Achraf Hakimi lors du dernier match de groupe et des couleurs grâce au duo d’attaquants Brahim Diaz (Real Madrid) et Ayoub El Kaabi (Olympiakos), trois buts chacun, en tête du classement des buteurs avec l’Algérien Riyad Mahrez.
Afrique du Sud – Cameroun
Duel serré d’outsiders. Arrivée discrètement au Maroc, l’Afrique du Sud, troisième de la dernière CAN, n’a pas franchement impressionné sinon par les sorties fracassantes de son sélectionneur belge Hugo Broos sur l’organisation de la compétition. Mais les Bafana Bafana se sont qualifiés sans trembler non plus.
Côté Cameroun, le nouveau sélectionneur, David Pagou, a réussi l’exploit de remettre en un temps record de l’ordre dans une tanière en feu il y a encore quelques semaines. Les Lions Indomptables, cinq fois champions d’Afrique, sont toujours au rendez-vous des CAN qu’ils disputent.
Égypte – Bénin
Les Pharaons, recordmen du nombre de sacres (7 titres), ont été les premiers à avancer en huitièmes, notamment grâce à leur star Mohamed Salah (2 buts), en froid avec Liverpool mais qui retrouve le sourire en sélection.
Le Bénin vit une deuxième phase finale après celle de 2019, grâce à sa seule victoire étriquée face au Botswana 1-0. Les Guépards du vétéran Steve Mounié sont combatifs mais manquent cruellement de tranchant devant le but.
Nigeria – Mozambique
Porté par l’attaquant masqué Victor Osimhen et le Ballon d’or africain 2024 Ademola Lookman (2 buts, 2 passes décisives en 2 rencontres), le Nigeria, vainqueur de ses trois premiers matches fait figure d’épouvantail. Non qualifié pour le Mondial-2026, il s’avance en favori du tournoi.
Le Mozambique, embêtant à jouer, qui s’est extirpé du groupe le plus relevé avec la Côte d’Ivoire et le Cameroun, va lui connaitre son premier match à élimination directe d’une Coupe d’Afrique.
Algérie – RD Congo
Le match phare des huitièmes. L’Algérie, dans le sillon de son vétéran Riyad Mahrez et de sa nouvelle coqueluche, Ibrahim Maza, 20 ans, a remporté ses trois matches de groupe, une première pour elle depuis 2019, année de son dernier titre.
Mais la RDC, qui a tenu tête au Sénégal 1-1 et enregistré le retour au premier plan de Gaël Kakuta (34 ans) – un pari réussi pour le sélectionneur français Sébastien Desabre –, est persuadée de pouvoir «chicoter» les Fennecs comme ses supporters l’affirment avec humour.
Côte d’Ivoire – Burkina Faso
Opposition déséquilibrée a priori entre le tenant du titre ivoirien, au parcours certes compliqué jusqu’ici, mais porté par le jeune duo Guéla Doué et Amad Diallo, qui donne le tournis aux défenseurs, et le Burkina, qualifié sans être brillant mais qui a probablement perdu sur blessure son atout majeur, le gardien Hervé Koffi, l’un des meilleurs du continent.
Les enseignements du premier tour
Le favori de la compétition a mis du temps à rentrer dans son tournoi. Après un premier match maîtrisé face aux Comores (2-0) mais pas vraiment emballant, les Lions de l’Atlas ont buté face à une équipe du Mali très solide (1-1).
Il a donc fallu attendre le troisième match, face à une assez faible équipe de Zambie, pour voir un Maroc conquérant et libéré (3-0). Reste qu’il est difficile de se faire une idée quant au réel niveau de jeu de cette équipe marocaine qui n’a pas encore rencontré de cadors.
La déroute du Gabon
La CAN réserve habituellement son lot de surprises, et ce dès les premiers matchs. Mais cette année, les grosses écuries ne se sont pas fait surprendre. Sénégal, Côte d’Ivoire, Nigéria ou encore Algérie, les équipes phares du continent ont tenu leur rang.
La seule véritable déception : le Gabon. Les Panthères avançaient d’un pas assuré vers cette CAN, fort d’un superbe bilan en 2025 avec un seul match perdu au compteur. Mais la compétition a tourné au cauchemar avec zéro point au compteur et une défaite 3-2 face au Mozambique qui a fait beaucoup de mal au groupe.
Cette débâcle gabonaise s’est d’ailleurs transformée en affaire d’état. Le gouvernement a décidé de dissoudre le staff de Thierry Mouyouma, d’écarter certains cadres dont Pierre-Emerick Aubameyang et de suspendre l’équipe nationale «jusqu’à nouvel ordre».
Un Cameroun retrouvé
Après une année 2025 cauchemardesque ponctuée notamment d’une non-qualification pour la prochaine Coupe du monde et d’un conflit interminable entre Samuel Eto’o et le ministère des Sports, le football camerounais retrouve des couleurs. Sous la houlette de David Pagou, un proche du président de la Fécafoot, les Lions Indomptables ont recommencé à rugir, pour le plus grand plaisir de leurs fans qui se sont mobilisés en masse au pays. .
Sans André Onana ou encore Vincent Aboubakar, écartés par la Fécafoot, les Lions Indomptables s’en sortent finalement très bien pour le moment. En 2017, le Cameroun s’était imposé en étant loin d’être favori, un scénario qui pourrait se reproduire.
La RDC veut créer la surprise
Aux portes du Mondial pour la première fois depuis 1974, les Léopards ont abordé cette CAN avec des ambitions affichées. Sous la houlette de Sébastien Desabre, et avec à sa tête un Chancel Mbemba surmotivé, la RDC s’est imposée en 2025 comme l’une des meilleures équipes du continent. Et lors de ce premier tour, dans un groupe D pourtant très difficile, les Congolais n’ont pas flanché, faisant jeu égal avec le Sénégal.
Les Congolais ne terminent deuxièmes de cette poule de la mort qu’à la différence de buts. En 1/8es de finale, la RDC va devoir affronter un des favoris pour le titre : l’Algérie. Mais les Léopards aiment se frotter aux gros et la position d’outsider leur convient très bien, comme l’a prouvé leur parcours lors des barrages continentaux pour le Mondial 2026 où ils ont battu le Cameroun et surtout le Nigéria.
L’ambiance, absente au rendez-vous
Vendu par le comité d’organisation et la CAF comme la meilleure CAN de l’histoire avant même le début de la compétition, cette édition marocaine n’emballe pas vraiment les gens sur place.
Le manque d’ambiance a été pointée du doigt à plusieurs reprises notamment par le sélectionneur de l’Afrique du Sud, Hugo Broos. «Ce n’est pas comparable aux Coupes d’Afrique des Nations au Gabon ou en Côte d’Ivoire (en 2024) Là-bas, on avait vraiment l’impression d’être dans un tournoi. Quand on prenait le bus pour aller à l’entraînement, les gens agitaient des drapeaux et nous saluaient. Ici, il n’y a rien», a-t-il affirmé à la presse.
Alors que le Maroc avait annoncé la vente d’un million de billets, de nombreux matchs n’ont pas attiré les foules. Le climat extrêmement maussade du côté de Rabat, ville qui abrite la majorité des matchs, y est peut-être pour quelque chose.
Phase des groupes : Mahrez dans l’équipe type
La Confédération africaine de football a dévoilé hier, l’équipe type du premier tour de la CAN 2025. Dans celle-ci, plusieurs surprises, même si elle comprend des joueurs attendus et importants dans le parcours de leur sélection.
Sur le plan offensif, Riyad Mahrez et Brahim Diaz ont terminé la phase de groupes avec trois buts chacun, tandis qu’Ademola Lookman a pesé avec deux buts et deux passes décisives, sans disputer le troisième match, comme Mahrez, leurs équipes étant déjà assurées de la première place. Sadio Mané et Amad Diallo figurent également dans ce onze. Au milieu, Carlos Baleba est présent, alors qu’en défense Noussair Mazraoui, Edmond Tapsoba, Axel Tuanzebe et Ali Abdi complètent l’équipe, avec Mohamed El Shenawy dans les buts.
Notons, néanmoins, l’absence au poste de milieu offensif de Ibrahim Maza, auteur de deux buts et d’une passe décisive durant cette phase de groupes. Une absence qui risque aussi de faire grand bruit.
R.S
