Les échanges commerciaux entre l’Italie et l’Algérie pour la période janvier-août 2025 ont atteint environ 9 milliards d’euros, confirmant la centralité du partenariat bilatéral en Méditerranée, même dans un contexte international marqué par la volatilité énergétique et les tensions géopolitiques. C’est ce qui ressort de données révélés par l’agence italienne « Agenzia Nova ».
Des exportations en recul
Dans le détail, les exportations algériennes vers l’Italie se sont élevées à 7,05 milliards d’euros, en baisse de 3,6 %. Le gaz naturel représente 84 % du total, soit 5,94 milliards d’euros. Ce qui confirme le rôle central de l’Algérie dans la sécurité énergétique italienne et européenne.
Les autres produits exportés comprennent notamment les produits issus du raffinage du pétrole (580 millions, –10,6 %), le pétrole brut (267 millions, –7,8 %), les produits sidérurgiques (121 millions, +169,6 %) et les produits chimiques et engrais (87 millions, +65,3 %).
Hausse des importations
La même source relève que les importations algériennes de l’Italie ont atteint 1,93 milliard d’euros, enregistrant une croissance de 11,7 % par rapport à la même période de 2024.
Cette progression est portée par les équipements industriels, les machines spécialisées, les produits issus du raffinage pétrolier et les produits chimiques, confirmant l’Italie comme partenaire technologique majeur de la modernisation industrielle et de la diversification économique de l’Algérie. «Cette tendance témoigne du rôle de Rome en tant que partenaire de référence pour la modernisation industrielle algérienne, la fourniture de technologies et le développement des capacités productives locales», est-il noté.
Renforcer l’intégration des chaînes de valeur
La forte augmentation des exportations sidérurgiques algériennes met en évidence la croissance du secteur national et une orientation de plus en plus marquée vers les marchés européens, relève la même source.
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de l’accord d’environ un milliard d’euros portant sur la réalisation en Algérie d’une unité de production de fer (DRI). Cette unité repose sur un modèle de production hautement énergivore, qui ne trouve aujourd’hui une viabilité durable que dans des pays disposant d’une grande disponibilité de gaz naturel et de ressources énergétiques à faible coût. Le choix de l’Algérie est, en ce sens, le fruit d’une longue coopération industrielle entre Rome et Alger, ainsi que de l’intérêt commun à renforcer l’intégration productive le long des chaînes de valeur euro-méditerranéennes.
Un partenariat structuré
Le partenariat économique entre l’Italie et l’Algérie s’avère désormais bien plus structuré que le simple solde commercial. La relation bilatérale représente l’un des axes stratégiques de la Méditerranée, en particulier dans le domaine énergétique, à la suite de la réorganisation des approvisionnements européens en gaz après l’agression russe contre l’Ukraine en 2022.
Outre l’énergie, la coopération s’étend à des secteurs clés tels que la sécurité alimentaire à travers le projet de BF International dans le développement des filières agro-industrielles dans le cadre du Plan Mattei, ainsi qu’à l’automobile, avec l’usine Fiat d’Oran désormais intégrée dans le tissu productif algérien.
Secteurs diversifiés
La gamme des secteurs concernés est vaste. Elle va de la transformation industrielle, à la sécurité énergétique, en passant par l’industrie lourde, les technologies avancées et les filières renouvelables. Autant de secteurs qui font de l’Algérie un marché en diversification progressive, désireux d’attirer savoir-faire et investissements.
Les données commerciales reflètent en effet la volonté d’Alger de réduire sa dépendance aux seules exportations d’hydrocarbures, tandis que les entreprises italiennes renforcent leur présence dans des segments à fort potentiel – énergie, infrastructures, numérique et industrie avancée – dans un contexte réglementaire plus favorable aux partenariats internationaux.
L’esprit de Mattei
Ce rapprochement stratégique s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre du Plan Mattei, qui ambitionne de consolider une coopération euro-méditerranéenne fondée sur l’énergie, l’innovation, la sécurité et le développement durable.
Les accords conclus entre le président Abdelmadjid Tebboune et la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni lors de la visite officielle de juillet dernier ont ouvert de nouvelles perspectives de coopération dans les domaines des énergies renouvelables, de la production industrielle et de la sécurité énergétique, positionnant l’Algérie comme l’un des pôles économiques et industriels majeurs de la Méditerranée à moyen terme.
R.E
