« Le Front des forces socialistes participera activement aux prochaines élections locales et législatives sur l’ensemble du territoire national », a déclaré hier à «Crésus» le Premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), Youcef Aouchiche, en marge de la conférence de presse qu’il a animée au siège national du parti.
Interrogé sur les motivations ayant conduit le plus ancien parti de l’opposition à prendre cette décision, Youcef Aouchiche a expliqué que «le contexte interne au parti, tout comme celui du pays, est aujourd’hui différent de celui de 2021. C’est en tenant compte de tous les bouleversements et de tout ce qui se passe autour de nous que nous avons décidé de participer à ces élections, plutôt que de nous cantonner dans une posture de spectateurs, ce qui ne sert ni les intérêts du pays ni ceux du citoyen. Nous avons choisi de nous impliquer pour porter le projet de l’alternative démocratique et du renouveau social du pays».
Et d’ajouter : «Nous avons décidé de prendre part à ces élections pour faire entendre la voix des sans-voix et défendre les principes démocratiques ainsi que les libertés de nos concitoyens.»
«Je pense que c’est la meilleure option qui s’offre à nous en tant que parti politique d’opposition aspirant à exercer le pouvoir un jour», a-t-il poursuivi, rappelant que «le FFS s’est toujours rangé du côté du peuple et des intérêts du pays».
C’est pourquoi, a-t-il souligné, «une participation active sera synonyme de réaffirmation d’une volonté collective de la Nation en faveur d’un changement du mode de gouvernance, de la démocratie et de la liberté».
La politique de «la chaise vide» rejetée
Dans le même contexte, Youcef Aouchiche a annoncé que le Conseil national du parti a décidé de participer «activement» aux prochaines élections locales et législatives prévues en 2026. Il a précisé que «ce choix s’inscrit dans la continuité du cap stratégique défini par le 6ᵉ Congrès national, visant à renforcer la présence du parti dans les Assemblées élues, à réhabiliter la politique et à reconstruire le lien de confiance entre les citoyens et leurs institutions».
Cette décision, qui va à l’encontre de la politique de la chaise vide, «n’est ni une option de circonstance, ni un calcul électoraliste», mais «un choix de conviction et de responsabilité», a-t-il insisté.
Interrogé sur les raisons qui ont poussé le FFS, qui avant 2021 avait décidé de boycotter ces élections, Youcef Aouchiche a rappelé la nécessité de « porter la voix et défendre le droit des sans-voix ainsi que celui de toutes celles et ceux qui refusent la résignation ».
Poursuivant son argumentaire, le Premier secrétaire du plus ancien parti d’opposition a estimé que « nos concitoyens aspirent à un projet politique clair, cohérent, crédible et porteur d’espérance. Ils veulent voir dans la classe politique le reflet de leurs aspirations, de leurs luttes et de leurs rêves ».
Maintenant que la décision de participation du FFS est actée, Aouchiche a précisé qu’« une mobilisation citoyenne, consciente, lucide et organisée à l’occasion de ces élections peut marquer le point de rupture entre la politique de la force et la force de la politique », ajoutant que « le FFS, locomotive de l’opposition patriotique, démocratique et progressiste, veut et peut incarner ce choix historique ».
Partant du principe que le peuple algérien a besoin d’une Assemblée populaire nationale qui agit en son nom et constitue le cœur de la société, incarnant les principes républicains, Aouchiche a souligné : «La grandeur de l’Algérie exige l’élection d’une Assemblée populaire nationale et des assemblées populaires locales capables de contrôler réellement le pouvoir, de garantir la justice et de penser et porter les réformes».
Concernant les wilayas où le FFS présentera des candidats, il a indiqué que « le FFS sera présent dans les 58 wilayas du pays », estimant que « les prochaines élections feront office de bataille collective contre les tenants du boycott et les abstentionnistes ».
Il a justifié ce choix par la conviction que « le salut de la nation passe par des réformes et une reconstruction politiques et institutionnelles profondes, articulées autour de la souveraineté populaire, de la primauté du droit, de la séparation des pouvoirs, ainsi que du respect des droits et libertés fondamentales. C’est pourquoi le FFS, qui se reconnaît dans ces valeurs, a pris la décision de se jeter dans le bain ».
Interrogé sur les chances de réussite de ces élections, Aouchiche a souligné que « la réussite de toute échéance électorale suppose des conditions politiques équitables et des cadres juridique et institutionnel crédibles. C’est pourquoi le FFS appelle à une révision urgente et profonde de la loi électorale et des textes encadrant la vie politique, afin de garantir l’égalité réelle des chances entre les partis et les candidats, la neutralité de l’administration, la transparence du scrutin et la représentativité sincère des institutions ».
Ferhat Zafane
