L’Algérie se présente comme un intermédiaire sûr, un modèle de coexistence et une tribune ouverte au dialogue.
La visite historique du pape Léon XIV en Algérie a permis de renvoyer l’image positive d’un pays ouvert, attaché à ses valeurs et engagé dans le dialogue international, a estimé le directeur des concours coraniques au ministère des Affaires religieuses et des Waqfs, Abdelhamid Hechad.
S’exprimant hier dans l’émission «L’invité du jour» de la Radio Chaîne III de la Radio algérienne, Abdelhamid Hechad a souligné que la présence du pape et les gestes de respect mutuel observés durant cette visite illustrent parfaitement l’esprit de coexistence et de reconnaissance réciproque.
Soulignant son importance politique, médiatique et spirituelle, Abdelhamid Hechad a indiqué que la visite du pape en Algérie prend une dimension hautement symbolique, représentant une rencontre entre deux grandes communautés religieuses mondiales. Cette rencontre apparaît, selon lui, comme une opportunité de rapprochement et de coopération face aux défis contemporains.
Les discours en faveur de la paix, entendus lors de cette visite s’inscrivent en droite ligne des valeurs défendues par les deux parties et qui convergent vers le rejet de la violence et la promotion du vivre-ensemble, a-t-il souligné, ajoutant que dans le contexte des tensions et des conflits qui marquent le monde actuel, le dialogue entre grandes religions pourrait constituer un rempart contre les logiques de guerre et de division.
De son côté, l’expert en géopolitique et relations internationales, Idris Attia, a souligné que lors de ce voyage, le pape a décidé de faire de l’Algérie à la fois une tribune et une porte d’entrée pour l’Afrique. Ceci suggère, a-t-il ajouté, que le pape reconnaît le rôle de l’Algérie en tant que socle pour la paix au niveau méditerranéen et sahélien. Pour l’expert, c’est aussi une reconnaissance du grand rôle de l’Algérie sur le continent africain dans son ensemble. Idris Attia a affirmé que cette visite constitue également le couronnement du soft power algérien.
L’Algérie ne se présente pas que en tant que force miliaire et économique mais aussi en tant qu’intermédiaire sûr et comme modèle de coexistence et une tribune ouverte au dialogue. Pour ce qui est des messages délivrés lors de cette visite, Idris Attia a souligné que les messages adressés par le président de la République et par le pape convergent autour d’un triptyque central.
Il s’agit de la primauté de la paix sur la logique de la force, le refus de la violence quelle que soit sa forme, et, enfin, le dialogue.
Unanimement saluée
La visite du pape Léon XIV en Algérie est perçue comme un événement historique et hautement symbolique. Pour Ségolène Royal, présidente de l’Association d’amitié France-Algérie, c’est une «belle leçon d’histoire».
Dans un message publié sur la plateforme X, Ségolène Royal a exprimé sa gratitude pour ce qu’elle a qualifié de «belle leçon d’histoire», qui répond avec sincérité à ceux qui répètent que l’Algérie n’existait pas avant la colonisation. Ségolène Royal a déclaré que «les paroles du chef de l’Etat du Vatican constituent un exemple à suivre», exprimant son espoir que cela se traduise par un discours officiel du gouvernement français avant qu’il ne soit trop tard.
De son côté, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a qualifié la visite du pape Léon XIV en Algérie d’«événement historique» et a souligné le rôle clé du pays comme pont entre l’Europe et l’Afrique. L’ambassadeur de l’UE en Algérie, Diego Mellado Pascua, a mis en avant la générosité et l’accueil du peuple algérien qui font que cette visite soit «une très belle» visite.
«Nous sommes ici sur un pont entre les civilisations et les continents», a-t-il souligné, ajoutant que «le pape a évoqué la Méditerranée et le Sahara, des espaces géographique, culturelles et civilisationnels, et l’Algérie se trouve au centre de tout cela».
Le même constat est fait par le sénateur français, Akli Mellouli, et la députée française, Sabrina Sebaihi, tous deux invité à l’occasion. Akli Mellouli a indiqué que le message délivré doit tous nous amener à réfléchir et à sortir de la polémique ou de l’incantation pour passer à l’action et commencer à travailler ensemble pour construire un avenir meilleur entre nos deux rives, ajoutant que le pape a compris que l’Algérie est un pays qui pouvait accompagner ce mouvement.
«En tant que sénateur engagé pour le rapprochement entre la France et l’Algérie, je mesure la responsabilité qui est la nôtre : construire des ponts, là où l’histoire a parfois laissé des fractures», a-t-il écrit sur facebook. «La Méditerranée ne doit pas être une frontière. Elle doit redevenir un espace vivant d’échanges, de cultures et d’espérances partagées», est-il ajouté.
Pour faire face aux tensions du monde, a-t-il plaidé, «faisons le choix du dialogue, avec constance, sincérité et exigence». De son côté, Sabrina Sebaihi a souligné que cette visite montre que l’Algérie est un acteur central en Afrique parce que c’est le point d’entrée de la visite du pape qui va se poursuivre dans plusieurs pays africains.
S. Smati
