Voyager aux États-Unis devient non seulement plus contraignant, mais aussi plus coûteux, sous la deuxième administration Trump.
Après avoir imposé de nouveaux droits de douanes à des dizaines de pays, l’administration Donald Trump vient de récidiver. Dans une initiative controversée visant à réduire les séjours de visa, l’administration Trump a dévoilé un nouveau programme pilote relatif aux frais de visas. En plus d’une série de frais déjà prévus pour les visiteurs américains, le Département d’État prévoit de mettre en place un programme pilote de dépôt de garantie d’un an, qui exigera de certains demandeurs de visa touristique ou d’affaires de verser une caution pouvant aller jusqu’à 15 000 $ comme condition à la délivrance du visa. Ce programme de caution est une relance d’un dispositif mis en place lors de la première administration Trump, qui exigeait que des ressortissants de 23 pays — pour la plupart situés en Afrique — versent des cautions similaires. Ce programme, annoncé fin 2020, avait une durée prévue de six mois, mais n’a jamais été pleinement mis en œuvre à cause de la pandémie de la COVID-19 qui avait ralenti les voyages internationaux, selon un avis gouvernemental publié, hier, au Federal Register (Journal officiel américain). Néanmoins, le nouveau programme pilote de l’administration Trump devrait entrer en vigueur le 20 août en cours. Il vise à «protéger les frontières américaines et le peuple américain en responsabilisant les visiteurs étrangers quant à leur départ en temps voulu des États-Unis», selon le document consulté par le Washington Post, et signé par le Secrétaire d’État Marco Rubio.
Qui devra déposer une caution ?
Pour l’heure, l’avis ne mentionne aucun pays en particulier, mais précise que la liste des pays concernés sera annoncée sur le site travel.state.gov au moins 15 jours avant l’entrée en vigueur du programme, avec une brève explication des raisons justifiant cette exigence. Cette liste pourra être modifiée au fil du programme.
Selon un porte-parole du Département d’État cité par Reuters, les pays seront choisis en fonction des taux de dépassement de séjour élevés, de déficiences dans le filtrage et la vérification des candidats, de préoccupations concernant l’acquisition de la citoyenneté par investissement sans exigence de résidence, ainsi que de considérations de politique étrangère.
Selon un rapport de 2023 du Département de la Sécurité intérieure, plusieurs pays africains ainsi qu’Haïti, le Laos, le Myanmar et le Yémen enregistrent les taux les plus élevés de dépassement de séjour parmi les visiteurs en visa affaires ou tourisme. Beaucoup de ces pays figuraient également sur la liste du décret de restriction de voyage (travel ban) de Trump de mars dernier. Les ressortissants des 42 pays et territoires participant au Visa Waiver Program (VWP) ne sont pas concernés par l’obligation de dépôt.
Un montant variable
Selon le même document, le montant de la caution sera laissé à la discrétion de l’agent consulaire, et pourra varier «en fonction des circonstances du demandeur». Ainsi, les demandeurs de visa concernés devront verser une caution maximale de 15 000 $, mais le Département d’État propose trois montants possibles : 5 000 $, 10 000 $ ou 15 000 $.
Ces montants ont été déterminés après consultation avec le Département du Trésor et le Département de la Sécurité intérieure. En outre, la caution déposée ne sera pas remboursée si le voyageur viole les conditions de son visa, dépose une demande de prolongation ou de changement de statut sans justification, demeure aux États-Unis après l’expiration de son séjour, ou bien s’il dépose à temps une demande de prolongation ou de changement de statut, mais ne quitte pas le pays dans les 10 jours suivant un refus. La caution sera remboursée dans le cas où le visiteur respecte les conditions imposées par les termes du visa.
Sur les traces d’Imane Khelif
Par ailleurs, le service de la citoyenneté et de l’immigration des États-Unis (USCIS) a annoncé lundi avoir mis à jour sa politique d’immigration afin de restreindre l’éligibilité aux visas pour les femmes transgenres «cherchant» à participer à des compétitions sportives féminines. Dans le cadre de cette mise à jour, l’USCIS prendra désormais en compte «le fait qu’un athlète masculin ait concouru contre des femmes» comme un facteur négatif lors de l’évaluation des demandes de visa dans certaines catégories, telles que le visa O-1A pour capacités extraordinaires, les cartes vertes EB-1 et EB-2 pour travailleurs hautement qualifiés, ainsi que les dispenses d’intérêt national. Le mois dernier, le Comité olympique et paralympique des États-Unis a mis à jour sa politique pour s’aligner sur un décret, «Keeping Men Out of Women’s Sports» («Écarter les hommes du sport féminin»), signé en février dernier par Trump, interdisant aux femmes transgenres de concourir dans les sports féminins.
Cette mesure intervient à la suite de la polémique soulevée sur le genre de la boxeuse algérienne, Imane Khelif, médaillée d’or aux Jeux olympiques de Paris.
Badis B.
