A quelques jours de l’Aïd El Kebir, et au moment où les températures montent en flèche, le secteur de l’hydraulique anticipe une forte augmentation de la consommation de l’eau. Le ministre de l’Hydraulique, qui se veut rassurant, fait savoir que des mesures sont prises pour répondre au «pic de consommation» attendu vendredi matin. Taha Derbal, qui s’est exprimé hier sur Echourouk TV annonce notamment une «adaptation» du programme de distribution. Pour y faire face, l’objectif pour le jour de l’Aïd est surtout d’assurer la distribution de l’eau à tous les quartiers simultanément, «au moins entre 6h et 10h du matin, au moment du pic de demande». Pour cela plusieurs mesures sont imaginées selon la nature, et les quantités d’eau disponibles dans chaque région.
Taha Derbal détaille ainsi deux grands axes de travail. Le premier est de permettre une «augmentation des quantités d’eau puisées des barrages», qui permettront selon lui de répondre à la demande au niveau des wilayas, et régions, qui y sont raccordées. Le secteur de l’hydraulique prévoit aussi d’alimenter les sites de stockage, pour une meilleure adaptation du programme de distribution. «Nous travaillerons actuellement à ajuster les horaires de distribution de l’eau (…) Il faudra la concentrer sur la matinée (du vendredi 6 juin), au moment où les citoyens en auront le plus besoin», a-t-il précisé. Toutefois, cette opération apparaît aussi «difficile», selon les explications du ministre. «C’est un gros effort pour les techniciens du secteur, il n’est pas facile de distribuer partout et au même moment», a-t-il argué d’autant que le contrôle de la qualité de l’eau reste une étape obligatoire. «Tout au long de l’année les laboratoires font en sorte que l’eau distribuée respecte les normes », a-t-il rappelé, une procédure «encore plus importante lors des pic de la demande (…) car il faut s’assurer que les citoyens ne courent aucun risque».
Assurer la sécurité hydrique
Et sur un plan plus général, Taha Derbal a fait savoir que le taux de remplissage des barrages est «actuellement à 41,5%, alors que l’année dernières à la même période nous étions à 39% ». Il explique à ce propos que «les changements climatiques qui touchent les pays méditerranéens ont rendu les niveaux de précipitations trop incertains. «La situation des barrages n’est pas mauvaise, mais elle n’est pas non plus excellente (…) c’est pour cela que l’Etat multiplie les sources d’eau», a souligné le ministre, rappelant que l’Etat met progressivement en place des mécanismes visant à assurer la sécurité hydrique. «Les autorités, avec à leur tête le président de la République, ont une vision large de la situation. Il ne s’agit pas seulement de l’eau potable, mais aussi l’eau nécessaire à l’agriculture, l’industrie et tous les aspects de la vie», a souligné Derbal.
L’un des aspects les plus visibles de cette politique est la multiplication des installations pour le dessalement de l’eau de mer. Les efforts de l’Etat, explique le ministre, «ont déjà permis de limiter l’impact du manque de précipitation». «Nous avons pu préserver la moyenne de distribution de 3,4 à 3,5 milliards de mètres cubes par an pour ce qui est de l’eau potable», a-t-il affirmé. Et les indicateurs de distribution d’eau se sont même améliorés dans les régions les plus proches des stations de dessalement, se félicite le ministre. Une situation appelée à se reproduire, précise le ministre, rappelant que «le président de la République a lancé, en février et mars derniers, la construction de quatre nouvelles stations de dessalement à Oran, Mascara, Aïn Temouchent et Sidi Bel-Abbès».
Nouveaux projets de traitement des eaux usées
Le ministre de l’Hydraulique a en outre annoncé que des projets visant à mobiliser de nouvelles sources d’eau pour l’agriculture, notamment à travers les stations de traitement des eaux usées sont lancés. Ainsi, il explique que «des études sont matérialisées» sur le terrain. Le secteur œuvre même selon lui sur des «projets pour le raccordement de stations de traitement aux exploitations agricoles (…)». «La qualité de l’eau, elle, est contrôlée par des laboratoires, selon des normes strictes», a-t-il tenu à assurer. «Il y a une diminution des précipitations, des quantités retenus dans les barrages, alors que cette ressource est essentielle à l’agriculture (…) C’est dans ce contexte que la décision stratégique du Président est intervenue. Il s’agit de mobiliser d’autres ressources pour l’agriculture, et plus encore pour augmenter les surfaces irriguées», a souligné le ministre.
Nadir K.
