Par S. MÉHALLA
Donald Trump aime les mises en scène spectaculaires. Son dernier message, adressé à la fois au Hamas et à l’opinion internationale, en est une illustration. Derrière le slogan «Everyone wants the Hostages HOME» se dessine une diplomatie à la fois simple et brutale : promettre la paix mais brandir la menace.
En affirmant que «les Israéliens ont accepté mes conditions», le président américain se place en architecte d’un accord qui n’existe pas encore. Ce procédé rhétorique lui permet d’isoler le Hamas, présenté comme le seul acteur récalcitrant. La formule «This is my last warning» résonne comme une sentence biblique, transformant la négociation en duel : accepter ou subir les conséquences.
Cette posture est typiquement trumpienne : la diplomatie réduite à une transaction où l’un impose et l’autre cède. Dans cette logique, l’Amérique n’est plus médiatrice mais arbitre absolu, juge de la paix et de la guerre. Trump se projette en figure providentielle, celle qui ose dire «assez» là où d’autres tergiversent.
Mais un éditorial se doit de rappeler que la réalité est plus complexe. L’entité occupante, même si elle accepte certaines conditions, reste liée à ses impératifs militaires et stratégiques. Le Hamas, de son côté, joue sa survie politique et idéologique. Aucun avertissement, fût-il «le dernier», ne peut suffire à effacer des décennies de confrontation.
Trump capitalise sur la fatigue des peuples face à une guerre interminable. Il sait que le slogan «ramener les otages» touche une corde universelle. Mais la menace, elle, ramène à l’éternelle contradiction de l’homme politique : se poser en pacificateur en utilisant le langage de la guerre.
Comme souvent, Trump choisit le fracas plutôt que la nuance. Reste à savoir si le vacarme suffira à ouvrir une brèche dans le mur de la haine, ou s’il ne fera que le renforcer.
S.M.
