Estimant que le verdict prononcé à son rencontre est «lourd», ses avocats ont décidé d’introduire un appel au tribunal criminel de la 2e instance pour la révision notamment de la peine prononcée contre leur client arguant que la sentence ne correspond pas aux faits objets de la poursuite judiciaire. Son dossier sera probablement traité et examiné lors des prochaines sessions criminelles qui se tiendront à partir du mois d’octobre prochain.
Par Redouane Hannachi
Reconnu coupable d’abus de confiance et d’escroquerie et d’usurpation d’identité et de qualité, B. Abdelmadjid qui se faisait passer pour un général a été condamné la semaine écoulée à une peine de 8 années de prison ferme par le président du tribunal criminel d’Alger de la première instance sis au tribunal de Dar El Beida. L’affaire du «faux général » remonte à l’année 2021, lorsque la brigade de recherche et d’intervention de la police judiciaire d’Alger (BRI) a lancé une enquête, suite à des informations concernant une affaire d’usurpation d’identité et d’escroquerie. Les investigations menées ont permis de déterminer que les faits concernent deux individus principaux. Il s’agit de «B. Abdelmajid», qui se faisait passer pour un haut cadre à la présidence de la République.
L’accusé principal et son associé ont été reconnus pénalement responsables après les délibérations d’avoir tenté de s’approprier illégalement une partie d’une exploitation agricole, d’une superficie de 5 hectares et appartenant à «A. Boualam», membre de l’exploitation agricole collective «Berouagui Ali » située dans le quartier des Trois Caves, dans la commune d’El-Harrach. L’opération a été menée avec la complicité de J. Jamal, chef de la division agricole d’El-Harrach. Les deux mis en cause ont été par ailleurs reconnus coupables de manœuvres frauduleuses qui consistaient à la présentation de faux documents officiels, l’usurpation d’identité d’un général des services de renseignement, une promesse pour l’obtention de contrats de concession ou encore, de soutirer des sommes d’argent importantes aux victimes. L’enquête a révélé que le principal suspect, «B. Abdelmajid », utilisait une fausse carte professionnelle et prétendait avoir des relations influentes au sein de l’État notamment au niveau de la présidence de la République.
Escroquerie
Lors des délibérations, les magistrats et les membres du jury ont jugé que l’inculpé a réussi à escroquer plusieurs personnes ont leur faisant croire qu’il était en mesure de leur procurateur des permis de construire et des contrats immobiliers. Le tribunal criminel s’est assuré que l’inculpé agissait avec la complicité d’une greffière auprès du tribunal d’Alger qui lui facilitait la tâche. Cette dernière se chargeait des procédures et se faisait quant à elle passer pour un juge. Le tribunal a infligé au mis en cause une amende de deux millions de dinars. La même peine de huit ans de prison ferme a été infligée également à son complice A. Mohamed qui a été reconnu coupable de faux et usage de faux dans des documents administratifs et officiels et blanchiment d’argent.
Après l’arrestation des suspects, les forces de l’ordre ont saisi lors de cette opération plusieurs documents falsifiés, des supports numériques et du matériel servant à la contrefaçon. Le même tribunal a prononcé contre les autres accusés « B. Samir » et «A. Samir» des peines de quatre ans de prison ferme. Les condamnés devront s’acquitter d’une amende de 500 000 dinars. En revanche, «M. Mehdi», «S. Kamal», «J. Jama » et «BA Salima » ont été acquittés. L’inculpé «M. Abderrahmane» a été condamné à une peine de 20 ans de prison pour contumace assortie d’une amende de deux millions de dinars d’amende pour falsification de documents officiels et usurpation d’identité. Des mesures complémentaires ont été prononcées par le même tribunal entre autres interdictions pour «A. Mohamed» d’exercer ses droits civiques pendant 5 ans après sa peine, ainsi que la confiscation des objets saisis. À noter que le procureur général avait initialement requis la réclusion criminelle à perpétuité et un million de dinars d’amende pour les accusés en détention, ainsi que 3 ans de prison et 300 000 dinars pour les prévenus non détenus.
Les avocats de la défense se sont contentés de solliciter l’application des articles ayant trait aux circonstances atténuantes conformément à l’article 53 du code pénal et 592 du code de procédures pénales.
R.H.