L’Organisation internationale du travail (OIT) s’apprête à publier, le 23 septembre prochain à New York, un rapport de référence sur l’état de la justice sociale dans le monde.
Par Rédaction de Crésus
Trente ans après le Sommet mondial pour le développement social (SMDS) de Copenhague en 1995, et à la veille du deuxième sommet prévu à Doha en novembre, le document offre une évaluation complète des avancées et des blocages.
Le texte met en lumière les progrès enregistrés dans la réduction de la pauvreté, la lutte contre le travail des enfants et l’extension de la protection sociale. Mais il pointe aussi les freins persistants : montée des inégalités, poids de l’économie informelle et ralentissement des réformes dans plusieurs régions.
Au-delà du constat, le rapport appelle à placer la justice sociale au cœur des politiques publiques mondiales. Il insiste sur la nécessité d’intégrer cette exigence dans les domaines de la finance, de l’industrie, de la santé et du climat.
Pour l’OIT, seule une coopération renforcée entre gouvernements, institutions internationales et partenaires sociaux permettra de bâtir un développement inclusif.
La présentation de ce rapport, en marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, vise à envoyer un signal fort avant le sommet de Doha : celui de replacer la dignité humaine et l’équité au centre de l’agenda international.
Algérie et Maghreb : défis et opportunités
Pour l’Algérie, ce rapport intervient à un moment charnière. Le pays, riche en ressources énergétiques, reste confronté au poids de l’économie informelle, à la question de l’emploi des jeunes et à la nécessité de renforcer ses systèmes de protection sociale. Dans un contexte où les inégalités régionales persistent, l’OIT rappelle indirectement que le développement économique ne peut être durable sans justice sociale.
Au niveau maghrébin, la problématique est similaire : comment transformer la croissance tirée par l’énergie, les services ou encore l’agriculture en un progrès social concret ?
Le sommet de Doha pourrait offrir une opportunité pour exiger des partenariats plus équitables, notamment avec l’Europe, fondés sur le transfert de technologies, la formation et l’emploi local.
Une question de souveraineté
Dans une région où la jeunesse représente la majorité de la population, mettre la justice sociale au centre n’est pas seulement une question morale, mais un enjeu stratégique de souveraineté et de stabilité. L’Algérie, en tant que puissance énergétique et acteur diplomatique de premier plan, peut peser pour que la voix du Sud soit entendue : développement oui, mais pas au prix de l’exclusion sociale.
«La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent», écrit un Nobeliste. L’OIT semble rappeler aux dirigeants mondiaux que l’équité et la justice sociale ne sont pas des slogans, mais les conditions mêmes de la paix et de la prospérité.
R.C.
