Le Syndicat national des taxieurs et transporteurs (SNTT-UGTA) a annoncé avoir conclu un accord officiel avec les pouvoirs publics portant notamment sur une augmentation des tarifs du transport, la révision du Code de la route et l’adoption de mesures d’accompagnement pour améliorer la situation socioprofessionnelle des travailleurs du secteur.
Cet accord est intervenu à l’issue d’une réunion tenue vendredi soir au siège du ministère des Transports, entre le Secrétaire général du ministère a présidé, en présence du chef de Cabinet et du Directeur général de la mobilité et de la logistique, une réunion de concertation avec les partenaires sociaux, représentés par l’Organisation nationale des transporteurs algériens (ONTA), l’Union nationale algérienne des transporteurs (UNAT), l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et le Syndicat national des taxieurs et transporteurs (SNTT-UGTA), et ce, afin d’écouter leurs préoccupations professionnelles, selon un communiqué du ministère.
La rencontre était consacrée à l’examen de la situation actuelle du secteur, marquée par une vague de grèves et de protestations à travers plusieurs wilayas, impliquant chauffeurs de taxis, transporteurs de voyageurs et acteurs du transport de marchandises.
Dans un communiqué, le syndicat a précisé que les discussions «profondes et responsables», ont abouti à un accord validé par les hautes autorités du pays, notamment le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, ainsi que le Premier ministre. Outre la hausse officielle des tarifs, l’accord prévoit une révision du Code de la route afin de mieux prendre en compte les spécificités et revendications des professionnels, ainsi que des mesures de soutien destinées à améliorer leurs conditions de travail et leur situation sociale.
Le syndicat a, par ailleurs, appelé l’ensemble de ses affiliés à reprendre le travail, à contribuer au bon déroulement de la rentrée scolaire et à faire preuve de sens des responsabilités, en plaçant l’intérêt national au-dessus de toute autre considération. De son côté, la société de gestion et d’exploitation des gares routières, « Sogral», a annoncé la tenue d’une réunion mardi prochain, consacrée à l’étude des augmentations tarifaires qui seront appliquées au transport public de voyageurs, aussi bien urbain qu’inter-wilayas.
Le Code de la route amendé ?
Parallèlement, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports a tenu à préciser que le projet du nouveau Code de la route «est toujours en cours d’examen dans le cadre du processus législatif en vigueur, et qu’il peut encore être enrichi à la lumière des observations et propositions formulées» par les partenaires sociaux. Or, faut-il préciser à ce propos, le texte a déjà été adopté à l’APN.
Le Conseil de la Nation quant à lui, vote les lois à la majorité des 3/4 de ses membres et ne peut être saisi que des textes déjà adoptés par l’APN, pour lesquels il ne dispose toutefois pas du pouvoir d’amendement. Il peut toutefois « bloquer» le texte et une autre procédure est engagée. Selon l’article 154 de la Constitution, «en cas de désaccord entre les deux chambres, le Premier ministre ou le chef du Gouvernement, selon le cas, demande la réunion, dans un délai maximal de quinze jours, d’une commission paritaire constituée de membres des deux chambres pour proposer un texte sur les dispositions objet du désaccord.
La commission paritaire achève ses délibérations dans un délai maximal de quinze jours». Le texte précise la même source, est soumis par le Gouvernement à l’adoption des deux chambres et n’est pas susceptible d’amendement, sauf accord du Gouvernement. Selon le même article, et en cas de persistance du désaccord entre les deux chambres, «le Gouvernement peut demander à l’APN de statuer définitivement.
En ce cas, l’Assemblée populaire nationale reprend le texte élaboré par la commission paritaire, ou à défaut, le dernier texte voté par elle». Enfin, si le Gouvernement ne saisit pas l’Assemblée populaire nationale, le texte est retiré.
Un projet de loi «criminalisant»
Ces annonces interviennent après une grève ouverte observée jeudi 1er janvier par des chauffeurs de bus et de camions de transport, en protestation contre la hausse des prix du carburant et certaines dispositions contenues dans le projet du nouveau Code de la route.
Le mouvement a entraîné une quasi-paralysie du transport, de longues files d’attente dans les stations-service et d’importantes perturbations dans les déplacements des citoyens et le fonctionnement des activités quotidiennes.
La grève a également touché le transport de marchandises, notamment les camions assurant l’acheminement des produits agricoles et des légumes.
Selon des professionnels du secteur, cette situation a provoqué des perturbations temporaires dans plusieurs marchés de gros, avec des retards d’approvisionnement et une baisse de l’offre sur certains produits. Les professionnels dénoncent un texte qu’ils estiment «criminalisant» les conducteurs en leur faisant porter l’entière responsabilité, sans tenir compte des conditions réelles d’exercice du métier. Ils ont réclamé l’ouverture urgente d’un dialogue avec les autorités afin de mettre fin à la grève et de soulager les citoyens.
Enfin, les responsables du ministère ont assuré que le dossier de la tarification des transports sera étudié en tenant compte du caractère social du service public et du pouvoir d’achat des citoyens, alors que le secteur reste attentif aux prochaines réactions des syndicats à l’issue de ces concertations.
I.K.
