Entre renouvellement du parc roulant, retrait des bus vétustes et développement du ticket unique, les pouvoirs publics mettent en œuvre une stratégie visant à moderniser et sécuriser le transport public.
Le vaste chantier de modernisation du transport terrestre engagé par les pouvoirs publics entre dans une nouvelle phase. Le président-directeur général du groupe Transtev, Rachid Ouazen, a présenté, hier, une feuille de route articulée autour du renouvellement du parc roulant, de la numérisation des services, du renforcement des lignes interwilayas et de l’amélioration de la sécurité des voyageurs.
Intervenant sur les ondes de la Radio nationale, Rachid Ouazen a évoqué l’importation de 10 000 bus destinés au transport des voyageurs à travers le pays.
«Un programme de distribution est déjà opérationnel et a débuté dans les quatre grandes villes : Alger, Oran, Constantine et Annaba», a-t-il indiqué, précisant que toutes les wilayas, y compris les douze nouvelles créées récemment, bénéficieront progressivement de cette opération de renouvellement du parc.
Pour sa part, le groupe Transteva déjà réceptionné 538 autobus, autocars et minibus répartis entre ses différentes filiales, désormais opérationnels sur plusieurs axes interwilayas.
De nouvelles dessertes vers le Sud
Les nouvelles acquisitions ont permis de renforcer plusieurs lignes stratégiques, notamment entre Biskra et Alger, El Tarf et Alger, ainsi qu’entre Skikda et la capitale.
Le réseau desservant le sud du pays a également été consolidé, en particulier vers Hassi Messaoud, afin de répondre à la forte demande liée aux déplacements des travailleurs du secteur énergétique.
«Nous avons remplacé les anciens bus vétustes par des véhicules neufs et renforcé les dessertes les plus demandées», a affirmé Rachid Ouazen.
Le PDG de Transtev estime que les nouvelles acquisitions ont permis une amélioration notable de la couverture du transport urbain dans la capitale.
Selon lui, près de 90% du territoire d’Alger est désormais desservi par le réseau de bus, grâce à la création de plus de 60 nouvelles lignes et au renforcement de 150 autres.
Le responsable a également mis en avant la notion de
«bassin de mobilité», regroupant Alger, Tipasa, Boumerdès et Blida, désormais pensées comme une seule aire métropolitaine en matière de déplacements quotidiens.
Pour accompagner cette extension du réseau, Transtev prévoit le recrutement d’environ 80 chauffeurs dans la région algéroise.
Retrait massif des bus vétustes
Revenant sur la décision présidentielle imposant le retrait des bus de plus de 25 ans, Rachid Ouazen a indiqué que les filiales du groupe étaient relativement épargnées grâce au renouvellement engagé ces derniers mois.
Le responsable a néanmoins révélé que près de 13 000 bus privés ont déjà été retirés de la circulation à l’échelle nationale. L’État travaille actuellement sur des mécanismes de financement destinés à accompagner les opérateurs privés dans le remplacement de leurs anciens véhicules.
Sécurité renforcée et contrôle numérique
Les nouveaux bus importés répondent, selon le PDG de Transtev, à un cahier des charges intégrant des technologies de sécurité avancées : systèmes de freinage modernes, caméras de surveillance embarquées, limitation électronique de vitesse à 80 km/h et contrôle numérique empêchant toute modification des paramètres de vitesse.
«Le chauffeur ne peut pas dépasser les 80 km/h, le système est entièrement numérique», a insisté le responsable.
Le dispositif prévoit également des mesures de contrôle des conducteurs, incluant des tests antidrogue avant recrutement, des contrôles périodiques ainsi que des éthylotests obligatoires avant chaque départ.
Une mission sociale avant tout
Concernant la transformation numérique du secteur, Transtev prévoit le lancement de plusieurs services innovants, parmi lesquels la réservation des billets en ligne, la réservation simultanée des trajets aller-retour et l’utilisation du téléphone mobile comme support d’accès au transport.
Le groupe travaille également sur un projet de ticket unique permettant d’utiliser différents moyens de transport avec un seul titre : métro, tramway, téléphérique, train et transport terrestre.
«Le projet avance bien, mais le choix du prestataire nécessite beaucoup de rigueur en raison de la complexité du système», a expliqué le PDG.
Interrogé sur la rentabilité du secteur, Rachid Ouazen a rappelé que le transport public reste avant tout une mission sociale soutenue par l’État.
À titre d’exemple, il a indiqué que le coût réel d’un ticket de tramway à Alger s’élève à 180 DA, alors qu’il est commercialisé à seulement 40 DA. La différence est compensée par les pouvoirs publics afin de préserver l’accessibilité du service pour les citoyens.
I. Khermane
