Les juges de la chambre correctionnelle et délictuelle de la Cour suprême se pencheront prochainement sur le deuxième pourvoi en cassation formulé par les avocats constitués au profit de l’ex-député de la capitale des Bibans, Bordj Bou Arreridj Hamaoui Azzedine. Pour rappel, les magistrats de la première chambre pénale de la Cour d’appel d’Alger ont appliqué à la lettre les directives des juges de la chambre délictuelle et correctionnelle de la Cour suprême dans le cadre de cette affaire. Hamaoui Azzedine avait été condamné dans le procès de l’ancien wali Mecheri à une peine de 10 ans de prison. La peine avait été revue à la hausse passant de dix à douze ans de prison ferme pour des faits relatifs à l’abus d’autorité et trafic d’influence. Lors du premier jugement, les juges de la 6e chambre pénale n’ont accordé aucune circonstance atténuante à l’ancien député indépendant Hamaoui Azzedine dit «Kada». Ce dernier imposait son diktat aux, notamment aux élus locaux, dans le bute de bénéficier de privilèges. Les magistrats chargés du dossier avaient jugé que les chefs d’inculpations relatifs au trafic d’influence et abus d’autorité sont bel et bien formels et n’ont pas hésité à le condamner à 8 ans de prison ferme.
15 ans de prison requis
Le procureur général près la Cour d’Alger avait requis au cours de son réquisitoire une peine de 15 ans de prison ferme assortis de 3 millions de dinars d’amendes contre le mis en cause, poursuivi pour plusieurs chefs d’inculpation entre autre trafic d’influence, détournement et dilapidation de deniers publics, blanchiment d’argent et de s’être accaparé de manière illégale des biens appartenant à la commune de Bordj Bou Arreridj. Le procureur général avait affirmé que «le mis en cause qui a construit une fortune sur le dos de ses concitoyens auxquels il a fait croire qu’il défendait leurs intérêts au plus haut niveau, faisait l’objet de plusieurs plaintes pour divers motifs notamment ingérence dans la gestion interne des affaires de la commune et de la wilaya». Le représentant du parquet avait indiqué que «l’inculpé a usé de son statut d’ex- parlementaire pour bénéficier de crédits bancaires de la banque El Baraka pour soi-disant la rénovation du parc d’attraction Nour-El Nassim de Bordj Bou Arreridj». Dans le même contexte, le procureur avait tenu à souligner que «l’ex- député a réussi grâce à la complicité et l’intervention du wali Mecheri Azzedine de bénéficier d’un crédit bancaire de 33 milliards de centimes après avoir cédé un bien appartenant à la commune à savoir le parc d’attraction».
Un wali corrompu
Le procureur avait reproché au mis en cause d’avoir accaparé les projets de la commune qu’il partage avec les frères Tebbani qui possédaient 34% contre 33% des parts usant de la relation qui les liait à l’ex-wali». Il avait précisé que ce dernier «a donné de fermes directives à l’ex-directeur de l’agence foncière de la wilaya de Bordj Bou Arreridj en l’occurrence Lyes Zouaoui pour leur faciliter la tâche administrative afin de bénéficier dans les plus brefs délais du projet de la rénovation du parc d’attraction situé à quelques encablures de l’hôtel Tergui». Il a fait savoir que «lorsque l’ex-député Hamaoui Azzedine et les frères Tebbani n’ont pas pu payer le crédit bancaire, ils ont fait appel au patron du groupe industriel Amara pour régulariser la situation vis-à-vis de la banque. Croyant bien faire, ce dernier a payé le crédit après avoir hypothéqué sa propre société HTPH».
Lors de son audition, l’inculpé «Kada» avait tenté par tous les moyens de gagner la sympathie des magistrats en allant jusqu’à faire le clown. «J’ai bénéficié seulement d’une poubelle, d’une décharge publique madame», a-t-il dit avant d’affirmer, d’un air sérieux: « J’ai sacrifié tout mon temps pour combattre le banditisme qui régnait au parc ». IL a assuré que grâce à lui, 235 jeunes de Bordj Bou Arreridj ont été sauvés de la débauche. A la question de savoir s’il est intervenu en faveur de son fils auprès du wali incriminé pour bénéficier du projet de la station d’essence à Sidi M’Barek qui s’étale sur une superficie de 5 000 M2, l’incarcéré a répondu : «Mon fils a dû attendre plus de 3 ans pour bénéficier dudit projet».
Il convient de signaler par ailleurs que le procureur a requis la saisie de tous les biens mobiliers et comptes bancaires appartenant au mis en cause qui a écopé lors de son premier jugement en première instance d’une peine de 12 ans de prison ferme assortis de 3 millions de dinars d’amendes. Il a été reconnu pénalement responsable d’enrichissement illicite, trafic d’influence et d’abus d’autorité, par le président du pôle financier et économique du tribunal de Sidi M’hamed.
R.H
