À l’occasion de l’Aïd El-Fitr, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu samedi un appel de Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour les affaires arabes et africaines.
Selon un communiqué officiel de la présidence de la République, Massad Boulos a adressé au Président ainsi qu’au peuple algérien ses «vœux à l’occasion de l’Aïd El-Fitr, tout en souhaitant à l’Algérie davantage de prospérité et de progrès».
Au-delà de cet aspect protocolaire, l’échange a permis de mêler messages de circonstance et dialogue politique. La présidence a souligné que les deux parties «ont également évoqué les relations algéro-américaines et passé en revue les derniers développements de la situation prévalant dans le monde».
L’échange a notamment porté sur les relations algéro-américaines, les évolutions de la situation internationale et les principaux développements géopolitiques récents. Ce contact protocolaire permet à la fois de maintenir un canal direct de communication mais offre aussi l’occasion de réaffirmer des positions ou de partager des lectures communes sur certains dossiers internationaux.
Sur le plan bilatéral, le partenariat demeure, comme cela est réaffirmé à chaque occasion, stratégique à plusieurs niveaux. Sécurité régionale, coopération économique, enjeux énergétiques : autant de dossiers qui structurent les liens entre Alger et Washington.
Moyen Orient : privilégier la diplomatie
Cet échange intervient, par ailleurs, dans un contexte particulièrement tendu au Moyen-Orient, marqué par une escalade dans la guerre provoquée contre l’Iran et l’enlisement du conflit que Donald Trump voulait limiter dans le temps. Le président américain a pour la première fois envisagé vendredi de
«réduire graduellement» les opérations militaires contre l’Iran. Ces déclarations laissent transparaître une volonté à Washington de désamorcer les tensions et de privilégier des canaux diplomatiques. Pour la presse américaine, c’est le signal que le président américain commence à revoir à la baisse ses objectifs dans ce conflit. The New York Times voit dans ce message «un virage vers des objectifs américains plus modestes dans ce conflit».
Dans ce cas, le dialogue entre l’Algérie et les Etats-Unis revêt une importance particulière. Acteur influent dans le monde arabe et musulman, et partenaire reconnu dans les équilibres régionaux, l’Algérie est souvent sollicité sur des questions de sécurité et de médiation.
Alger apparaît, dans ce contexte, comme un interlocuteur susceptible de contribuer à des efforts de stabilisation. D’ailleurs, dès le début du conflit, l’Algérie a appelé à la retenue et au sens des responsabilités en vue d’épargner à l’ensemble de la région du Golfe un surcroît d’insécurité et d’instabilité. De leur côté, les Etats-Unis cherchent à maintenir des relations solides avec des partenaires régionaux capables de jouer un rôle stabilisateur.
Energie : quel rôle pour l’Algérie
Sur un autre chapitre, le conflit au Moyen-Orient a replacé l’Algérie au centre des marchés énergétiques. À cause du blocage du détroit d’Ormuz depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les projecteurs sont braqués sur d’autres sources d’approvisionnement en hydrocarbures.
Les regards se sont notamment tournés vers l’Algérie, membre de l’Opep et premier exportateur gazier d’Afrique. Contrairement au Qatar, qui exporte du gaz naturel liquéfié (GNL) par méthaniers, l’Algérie s’appuie principalement sur des gazoducs.
Le Transmed vers l’Italie et le Medgaz vers l’Espagne. Pour maintenir sa position, Algérie a lancé un ambitieux plan d’investissements de 50 à 60 milliards de dollars pour renforcer l’exploration et moderniser ses infrastructures énergétiques, espérant doubler sa production de gaz à 200 milliards de m3 d’ici à 2030.
Un plan qui intéresse au plus haut lieu les Américains, notamment le volet gaz de schiste sur le quel des négociations sont en cours avec les américains Chevron et Exxon Mobil.
S. Smati
