Forum d’affaires, investissements, agriculture, liaison aérienne et diplomatie parlementaire : l’Algérie et la Grèce veulent donner un nouvel élan à leurs relations historiques.
La visite officielle à Alger du président du Parlement grec marque une nouvelle étape dans les relations algéro-grecques. Reçu par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, le responsable grec s’est également entretenu avec le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, et la présidente de l’Assemblée populaire nationale, KhalidaBoufedeche.
Au cœur des échanges : le renforcement de la coopération économique. Abdelmadjid Tebboune a proposé la tenue d’un forum d’affaires algéro-grec pour encourager les investissements grecs en Algérie. Le chef de l’État a également insisté sur le transfert de savoir-faire grec dans l’agriculture.
A cet égard, Abdelmadjid Tebboune a exprimé son souhait de voir organiser un forum d’affaires algéro-grec destinéà encourager les investissements grecs en Algérie.
Le chef de l’État a également souligné l’intérêt d’un transfert de savoir-faire grec dans le secteur agricole. Autre annonce : les procédures nécessaires à l’ouverture d’une liaison aérienne entre Alger et Athènes devraient être achevées avant la fin de 2026.
Le président de la République a, par ailleurs, accueilli favorablement l’invitation à s’exprimer devant l’Assemblée plénière du Parlement grec à l’occasion de sa prochaine visite officielle à Athènes.
Un mémorandum entre les deux Parlements
La diplomatie parlementaire s’est imposée comme un axe majeur des discussions. Au Conseil de la nation, Azouz Nasri a rappelé les liens historiques entre l’Algérie et la Grèce, ainsi que le soutien apporté par Athènes à la lutte de libération algérienne.
Le président du Conseil de la nation a également souligné les opportunités offertes aux entreprises grecques par la stabilité de l’Algérie, son cadre législatif et son environnement sécuritaire. Il a appelé la Grèce à contribuer davantage au rapprochement entre l’Algérie et l’Union européenne.
Les échanges ont également porté sur plusieurs dossiers internationaux, notamment le Sahara occidental et la Palestine. Nasri a plaidé pour le respect des résolutions des Nations unies et l’acheminement de l’aide humanitaire vers Ghaza.
À l’issue de la rencontre, un mémorandum de coopération entre les deux Parlements a été signé. Le président du Parlement grec a, pour sa part, appeléà dépasser le cadre protocolaire pour faire de la diplomatie parlementaire un véritable levier du rapprochement entre Alger et Athènes.
Énergie, transport maritime et tourisme
Le responsable grec a salué une Algérie «sûre et stable» dans une région sous fortes tensions, estimant que cette stabilité favorisait l’élargissement de la coopération dans l’énergie, le transport maritime, l’éducation, la culture et le tourisme.
Il a également souligné l’intensité des contacts entre les ministres des Affaires étrangères grec et algérien, GiorgosGerapetritis et Ahmed Attaf. Athènes entend enfin accompagner Alger dans ses relations avec l’Union européenne, en contribuant à faciliter le rapprochement et en mettant en avant le rôle de l’Algérie comme facteur de stabilité régionale.
La question palestinienne au cœur des échanges
La situation au Moyen-Orient a également été abordée lors des entretiens. Le président du Parlement grec a rappelé le soutien de son institution à la solution à deux États, affirmant que cette position demeurait inchangée.
Il a parallèlement distingué la condamnation du terrorisme du Hamas de la protection des populations civiles, dénonçant les victimes civiles et les enfants tués dans le conflit.
La question de l’aide humanitaire àGhaza a également étéévoquée, le responsable grec affirmant que le Parlement avait récemment accueilli et pris en charge des enfants palestiniens et déplorant que l’aide médicale envoyée n’ait pas pu parvenir à destination.
Au-delà des dossiers politiques, la visite a été placée sous le signe de l’histoire. La délégation grecque s’est recueillie au Monument des martyrs et a visité le Musée des martyrs, tandis que le président du Parlement grec a rendu hommage à la mémoire des combattants algériens de la guerre de Libération.
Smail Rouha
