Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine a adopté sa déclaration relative à la réunion présidée par l’Algérie relative au Système continental d’alerte précoce (CEWS «Continental early warning system») sous le thème «Cartographie des risques et des menaces».
Cette rencontre a constitué une opportunité pour les États membres d’échanger et de débattre des moyens de renforcer les mécanismes de diplomatie préventive afin de réduire les conflits et les crises sur le continent africain. Cette démarche repose sur une approche anticipative visant à assurer la continuité des actions de surveillance, de préparation et de réponse rapide et efficace, pour atténuer les menaces et empêcher l’escalade des crises en Afrique. Conformément aux missions qui lui sont conférées par son protocole constitutif, le CPS a salué, dans son communiqué, l’initiative de l’Algérie visant à mettre en place un «Atlas continental de sécurité», comme «outil d’aide à la décision pour la prévention et l’action précoce». Il a, à ce titre, exhorté l’ensemble des acteurs concernés par la prévention, la gestion et le règlement des conflits à institutionnaliser cet Atlas avant la fin de l’année en cours. Celle-ci est appelée à constituer un mécanisme de mise à jour continue des menaces et risques, permettant au Conseil africain de paix et de sécurité de renforcer ses capacités en matière d’alerte précoce et de réaction rapide aux crises, grâce à une vision unifiée et intégrée des menaces potentielles. La déclaration a également salué le rôle central joué par les différents mécanismes et structures régionales relevant de l’Union africaine. Le Conseil a souligné l’importance d’unir les efforts en matière de gestion des crises et des risques sécuritaires, en consolidant les fondements de la gouvernance, les systèmes d’échange d’informations et la mise en œuvre des programmes approuvés par l’Union africaine.
Le CPS a appelé à «une approche plus cohérente et intégrée entre les institutions de l’UA, les États membres et les CER/MR dans la gestion des risques sécuritaires, en mettant en place une gouvernance solide, des mécanismes de coordination et des systèmes d’échange d’informations afin de prévenir les conflits et les inefficacités, et de promouvoir les synergies dans le plein respect des politiques de l’UA et de leurs mandats respectifs». Il souligne, précise le communiqué, «la nécessité pour l’UA d’avoir la capacité pour anticiper les risques grâce au CEWS, et de veiller à ce que son analyse informe directement la définition de l’ordre du jour et les délibérations du CPS, en vue d’améliorer l’analyse d’alerte précoce, la surveillance en temps réel et la prévision des crises en intégrant des outils avancés de collecte de données, d’analyse et des cadres de collaboration pour permettre la détection, l’évaluation et la prévention en temps opportun des menaces à travers le continent». Reconnaissant «l’écart existant entre l’alerte précoce et l’action précoce, qui compromet les efforts de prévention des conflits», le CPS insiste sur «la nécessité d’y remédier en renforçant le CEWS, en améliorant l’analyse conjointe et la planification de scénarios, et en favorisant une plus grande adhésion et une meilleure coopération entre les États membres et les CER/MR afin de faciliter la mise en place de mesures préventives concrètes».
Rejet total des ingérences étrangères
Dans sa déclaration, le CPS réitère son rejet «ferme» de toute forme d’ingérence étrangère dans les affaires intérieures des États membres de l’Union africaine «qui attise les conflits sur le continent exhortant «les acteurs extérieurs à mettre fin à cette pratique». Aussi, a-t-il réitéré sa condamnation de «tous les actes de terrorisme et d’extrémisme violent, ainsi que l’exploitation des communautés et le recours à des économies illicites par des groupes armés», soulignant, dans la foulée, l’importance de préserver l’État national et ses institutions et de respecter le principe de «la responsabilité première de l’État» et «le rôle central de ses institutions nationales chargées de l’application de la loi dans le contexte de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme».
Le CPS n’a également pas omis d’exprimer «sa vive préoccupation» face aux flux financiers illicites et toutes les formes de vol financier, «y compris les vols de cryptomonnaies par des cybercriminels malveillants, qui ont atteint des niveaux sans précédent», souligne-t-il, se félicitant à ce propos de «l’adoption des Principes directeurs non contraignants visant à prévenir, détecter et perturber l’utilisation des technologies financières nouvelles et émergentes à des fins terroristes, comme adoptés en janvier 2025 par le Comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité des Nations unies, appelés ‘Principes directeurs algériens’, et encourage les États membres à adhérer à ces principes». Le CPS réitère enfin sa demande à la Commission de l’UA, au MAEP et aux CER/MR «de finaliser un mécanisme de coordination global sur l’Évaluation de la vulnérabilité structurelle et de la résilience des pays (CSVRA) et les Stratégies d’atténuation structurelle des pays (CSVMS) et de le soumettre au CPS d’ici décembre 2025».
Pour rappel, l’inscription de ce thème à l’agenda de la présidence algérienne du Conseil de paix et de sécurité s’inscrit dans l’engagement constant de l’Algérie à mettre en œuvre le projet phare de l’Agenda 2063 intitulé «Faire taire les armes en Afrique», et traduit sa conviction profonde de la nécessité d’assurer la sécurité et la stabilité ainsi que de rechercher des solutions aux crises qui sévissent sur le continent, en stimulant les efforts des États membres et en soutenant la coordination en la matière.
A.I.
