L’Algérie entend rester ouverte au dialogue et aux partenariats, sans renoncer à son indépendance de décision. C’est le message central livré par le président de la République Abdelmadjid Tebboune lors de son entrevue périodique avec les représentants de la presse nationale.
Le chef de l’État a réaffirmé une diplomatie fondée sur la souveraineté, la non-ingérence, le respect de la légalité internationale et la recherche de solutions politiques et pacifiques. Une ligne qu’il a également résumée par la volonté de préserver les relations de l’Algérie avec les principales puissances mondiales.
«Nous ne renoncerons à aucune de nos amitiés, ni avec la Russie, ni avec la Chine, ni avec les États-Unis d’Amérique», a-t-il déclaré, soulignant que l’Algérie entend conserver sa «libre décision» dans ses relations internationales.
Une diplomatie ouverte et souveraine
Tebboune a également mis en avant le rôle de l’Algérie dans la recherche de solutions aux crises. «Nous sommes un État pacifique et, si l’on nous demande d’assurer une médiation, nous sommes prêts à le faire», a-t-il affirmé.
Le Président a cité, à cet égard, l’escale technique demandée par le président iranien ainsi que le passage de navires algériens par le détroit d’Ormuz. Il y voit l’illustration d’une diplomatie qui entretient des relations avec des acteurs aux positions parfois divergentes et qui entend contribuer à la stabilité des marchés énergétiques.
Le peuple sahraoui, maître de son destin
Sur le Sahara occidental, le Président a réaffirmé la constance de la position algérienne et son attachement à la légalité internationale.
Tebboune s’est notamment prononcé en faveur de négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario, conformément à l’approche défendue par Alger. Il a surtout insisté sur le droit des Sahraouis à décider de leur avenir.
«Quiconque ne peut contraindre le peuple sahraoui à accepter une décision qui le ferait disparaître définitivement de la carte», a-t-il déclaré, soulignant que les Sahraouis sont «maîtres de leur destin» et que l’Algérie demeure à leurs côtés.
Sahel : priorité au développement
Le dossier sahélien constitue un autre marqueur fort de la politique extérieure algérienne. Pour Tebboune, la réponse aux crises de la région ne peut se limiter à l’option sécuritaire.
«La stabilité du Sahel passe par le développement», a-t-il affirmé, estimant que le chaos et le terrorisme se nourrissent de la pauvreté et de l’absence d’institutions étatiques.
Concernant le Niger, le Président a expliqué que l’envoi d’avions militaires algériens était intervenu dans un contexte qu’il a qualifié de provocation à l’égard de l’Algérie. Il a réaffirmé, dans le même temps, la proximité entre les deux pays.
Sur le Mali, Tebboune a rejeté toute accusation d’ingérence, tout en soulignant la profondeur des relations entre Alger et Bamako. «Dans nos relations avec le Mali, nous sommes beaucoup plus proches l’un de l’autre qu’on ne le pense», a-t-il déclaré, avant d’assurer que l’Algérie
«ne s’immiscera pas dans les affaires intérieures» de ce pays frère.
C’est toutefois sur la crise avec les Émirats arabes unis que le ton présidentiel s’est montré le plus ferme.
«L’Algérie ne reviendra pas sur sa position à l’égard des Émirats arabes unis», a affirméTebboune, expliquant que la rupture était intervenue lorsque «le couteau est arrivé jusqu’à l’os».
Le Président a ainsi exclu toute pression susceptible de modifier la position d’Alger, en rappelant le prix payé par le peuple algérien pour son indépendance.
La diaspora scientifique mobilisée
Au-delàdes dossiers diplomatiques, le Président a également insisté sur la nécessité de mobiliser les compétences algériennes établies à l’étranger.
Le processus de développement engagé par l’Algérie, a-t-il estimé, a atteint un stade où l’expertise de l’élite scientifique et technique de la diaspora doit davantage être mise à contribution.
De la diplomatie à l’économie, le message présidentiel repose ainsi sur une même logique : ouverture aux partenariats, refus de l’alignement, défense de la souveraineté et affirmation des intérêts nationaux. Une doctrine que Tebboune entend appliquer aussi bien aux grandes puissances qu’aux dossiers du voisinage immédiat de l’Algérie.
Smail R.
