Des mesures importantes ont été prises pour booster cette industrie. La 6e journée de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), a été bénéfique pour le secteur de la sous-traitance dans l’industrie automobile. La société «Chery Algérie» a conclu cinq conventions de sous-traitance avec des opérateurs algériens. L’une d’elles est un mémorandum d’entente avec CATEL (Les Câbleries de télécommunications d’Algérie) pour équiper les véhicules produits en Algérie de faisceaux électriques, pour un montant d’environ 7,7 millions de dollars. Chery Algérie a également signé un contrat de 130 millions de dollars avec Fabcom, spécialisée dans les batteries automobiles, et un autre de près de 23 millions de dollars avec Dedax pour la fabrication de filtres.
Deux autres accords complètent ces partenariats. L’un avec l’entreprise Hamadou Ezzedine, qui fabrique des câbles et faisceaux électriques, et l’autre avec Briks, producteur de plaquettes de freins. Dans son communiqué le département ministériel souligne que ces convention constituent une étape importante dans le processus portant l’augmentation du taux d’intégration locale dans l’industrie automobile. Ces contrats permettront en effet d’introduire des composants fabriqués localement dans les chaînes de production, contribuant ainsi à réduire les coûts de fabrication et à accroître la valeur ajoutée nationale. «Cette initiative permet également d’élargir le réseau de sous-traitance industrielle en Algérie et de créer un environnement favorable au développement d’un tissu industriel intégré, porteur de l’économie nationale et offrant des opportunités d’emploi durables aux talents algériens», conclu le communiqué. Toujours dans le secteur de la sous-traitance automobile, le Holding Algeria Chemical Specialities (ACS) a signé trois contrats avec Algeria Faw Trucks Industries, qui prévoit de fabriquer localement des camions de la marque chinoise Faw. La valeur totale de ces contrats, incluant les accords conclus avec la Société nationale de sidérurgie (SNS), atteint près de 200 millions de dollars. Les produits locaux concernés incluent verre, rétroviseurs, peinture et plastique, avec un objectif d’intégration estimé à 12 %. De son côté, BAIC Algérie et la société sud-africaine Feltex Automotive Trim ont signé un partenariat qui prévoit un investissement de près de 50 millions de dollars dans une première phase pour la production de pièces intérieures destinées aux véhicules BAIC en Algérie, avec la possibilité d’approvisionner d’autres marques à l’avenir. Le développement d’un réseau de sous-traitance intégré est à portée du pays, sous réserve d’un accompagnement approprié aux opérateurs.
Volonté politique
Considéré comme un pilier pour atteindre l’intégration industrielle et bâtir une base industrielle nationale solide et intégrée, la sous-traitance constitue une priorité pour les pouvoirs publics qui enchainent les actions de soutien aux investissements dans le domaine. Outre la création de pôles industriels spécialisés dans la production de pièces de rechange, le comité technique consultatif, dont la mise en place a fait l’objet d’un récent appel à candidature pour suivre le dossier de l’industrie automobile, constitue la pierre angulaire dans le processus de régulation et d’organisation de l’industrie automobile en Algérie. C’est un véritable organe opérationnel réunissant experts industriels, ingénieurs, représentants des sous-traitants et des usines. Ses missions essentielles consistent à formuler des propositions souples et précises adaptées aux spécificités du marché algérien, à définir de manière réaliste les taux d’intégration, et à recommander leur application effective dans les usines.
Signaux au vert
Longtemps critiquée pour ses usines fantoches, la filière automobile algérienne tente aujourd’hui de changer d’image. L’ambition est clairement affichée, industrialisation réelle, intégration locale et transfert de technologie. Cette ambition est adossée à l’intérêt croissant des partenariats internationaux, avec le lancement ou la relance de plusieurs usines à travers le pays. Tous les ingrédients semblent donc réunis pour transformer le secteur automobile du pays. Mais la réussite de cette transformation passera, inévitablement, par la montée en compétence des PME locales, le renforcement des sous-traitants, et surtout, la confiance envers les capacités nationales.
Saïd S.
