Cette rencontre…vise à renforcer l’inclusion des jeunes dans la vie publique et à élargir leurs espaces d’expression, de représentation et d’influence sur les politiques nationales.
Le Sommet national de la jeunesse et de la participation politique a été lancé, hier, en rassemblant près de 3000 jeunes issus de toutes les régions du pays. Placée sous le thème mobilisateur «Par le leadership et l’innovation, nous contribuons à la prise de décision», cette rencontre nationale s’inscrit dans le prolongement des réformes engagées depuis 2019 dans le cadre de l’Algérie nouvelle. Elle vise à renforcer l’inclusion des jeunes dans la vie publique et à élargir leurs espaces d’expression, de représentation et d’influence sur les politiques nationales.
C’est le Premier ministre, Nadir Larbaoui, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, marquant ainsi l’importance que les plus hautes autorités accordent à cette initiative. Trois axes structurants ont guidé les travaux : le diagnostic de la participation des jeunes à la vie politique, l’évaluation des acquis législatifs depuis 2019, et enfin l’exploration des perspectives de participation future des jeunes, que ce soit en tant que candidats, élus ou acteurs de la sphère publique.
En amont du sommet, trois ateliers préparatoires ont permis l’élaboration des recommandations ambitieuses, traduisant la volonté de réformer en profondeur les textes juridiques et les pratiques politiques.
Sur le plan législatif, il a été proposé de modifier la loi sur les partis politiques pour imposer un quota de 30 % de jeunes de moins de 40 ans dans les structures dirigeantes locales et nationales, tout en rendant obligatoire une formation régulière pour les jeunes militants ou élus.
Concernant les lois sur les communes et de wilaya, les recommandations insistent sur une «plus grande légitimité électorale» pour la présidence des APC et APW, et une levée des blocages administratifs en cas d’impasse budgétaire. Quant à la loi électorale, elle devrait être revue pour permettre l’inscription permanente sur les listes, la numérisation des cartes d’électeurs et la création d’organes consultatifs locaux affiliés au Conseil supérieur de la jeunesse. Un accent particulier est mis sur l’inclusion des femmes dans les zones rurales et sahariennes.
D’un point de vue institutionnel, les ateliers ont plaidé pour une meilleure distinction entre fautes de gestion et délits de corruption, la révision des indemnités des élus locaux, et l’obligation pour les assemblées locales de planifier des projets quinquennaux, approuvés en début de mandat.
Enfin, le troisième atelier a mis l’accent sur les mécanismes d’accompagnement et les outils de mobilisation. Il propose un soutien financier aux centres de formation politique pour les jeunes, l’utilisation stratégique des réseaux sociaux, podcasts et plateformes numériques, mais aussi la promotion des jeunes modèles réussis et la réservation de la moitié des postes dans les exécutifs aux jeunes. Une politique d’incitation ciblée est aussi suggérée, notamment à travers des quotas légaux dans les partis et un encadrement facilité pour les jeunes travailleurs souhaitant s’impliquer politiquement.
Un espace de dialogue
Parmi les temps forts du sommet figurent des dialogues de haut niveau entre jeunes élus, membres du gouvernement et responsables d’organismes nationaux, dont Kouthar Krikou, Nadjiba Djilali, Karim Khelfane et Salima Mesrati.
Ces échanges ont permis d’identifier les obstacles à l’intégration des jeunes, de présenter les réformes en cours et de débattre des moyens de soutenir leur engagement, en mettant l’accent sur la confiance mutuelle, les initiatives locales et le rôle consultatif du Conseil supérieur de la jeunesse.
Le sommet marque un tournant dans l’ancrage démocratique de l’Algérie en plaçant la jeunesse au cœur des décisions publiques. Compétente et visionnaire, cette jeunesse réclame des espaces d’expression et des mécanismes concrets pour s’impliquer pleinement dans la vie politique. Une nouvelle dynamique générationnelle, fondée sur la confiance et la transparence, semble ainsi s’amorcer.
Assia M.
