Hier a marqué le quatrième jour des frappes aériennes menées depuis le week-end par les Etats-Unis et l’entité sioniste contre l’Iran, dans un conflit régional qui s’est étendu au Moyen-Orient.
De nouvelles puissantes explosions se sont abattues sur la capitale d’Iran, selon les journalistes de l’AFP, hier après-midi. La guerre lancée par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran faisant toujours rage au quatrième jour.
Les détonations ont été entendues de divers endroits au centre de la capitale, après une série d’explosions dans la matinée, sans qu’il soit possible à ce stade de déterminer les cibles des frappes.
D’autres frappes israélo-américaines ont touché l’institution chargée d’élire un nouveau guide suprême pour succéder à l’ayatollah Ali Khamenei tué au premier jour de la guerre, ont rapporté des médias locaux. D’après l’agence Tasnim, «les criminels américano-sionistes ont attaqué à Qom (au sud de Téhéran) le bâtiment de l’Assemblée des experts», chargée de nommer, superviser et éventuellement démettre le guide suprême.
Des médias locaux ont diffusé des images d’un immeuble sévèrement endommagé. En outre, de nouvelles frappes sionistes ont visé la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, sans avoir été précédées d’avis d’évacuation, a indiqué l’Agence nationale d’information (Ani). Le Hezbollah revendique de son côté une «riposte» contre cette agression.
Dans un communiqué, elle dit avoir mené cette attaque aux roquettes «en réponse à l’agression israélienne criminelle ayant atteint des dizaines de villes et villages libanais dont la banlieue sud de Beyrouth». L’Iran continue, en outre, de riposter.
Sept personnes ont été blessées hier après des tirs de missiles iraniens dans le centre d’Israël, ont annoncé les secouristes du Magen David Adom, l’équivalent israélien de la Croix-Rouge.
L’ambassade US à Riyad visée par des drones
Par ailleurs, l’ambassade américaine à Ryad a également été visée par des drones. «Il y a une menace d’attaques imminentes de missiles et de drones sur Dhahran», a écrit l’ambassade sur son compte X, en appelant ses ressortissants à ne pas se rendre au consulat situé dans cette ville. Situé dans l’est de l’Arabie saoudite, Dhahran abrite une grande partie des installations énergétiques du royaume le long du Golfe.
Les Etats-Unis ont, pour rappel, appelé lundi leurs ressortissants dans presque tout le Moyen-Orient «à partir maintenant» de la région par voie commerciale en raison des risques liés à la guerre contre l’Iran. Des explosions ont été aussi entendues dans les capitales du Qatar, Doha et du Bahreïn, Manama, ont rapporté des journalistes de l’AFP.
Les sirènes d’alerte se sont déclenchées à Manama, tandis que le ministère de l’Intérieur du Bahreïn appelait les habitants à se diriger vers «l’endroit sûr le plus proche». Des explosions ont aussi été entendues à Doha.
Téhéran promet «les portes de l’enfer»
Les États-Unis et Israël doivent «s’attendre à des attaques punitives en continu», ont averti, hier, les Gardiens de la révolution iranienne, promettant que les «portes de l’enfer» allaient s’ouvrir pour les «ennemis» de l’Iran.
«L’ennemi doit s’attendre à des attaques punitives en continu ; les portes de l’enfer s’ouvriront un peu plus à chaque instant sur les États-Unis et Israël», a déclaré le porte-parole des Gardiens, Ali Mohammad Naini, à la télévision d’État iranienne.
Les Européens avertis
L’Iran a en outre mis en garde, hier, les pays européens contre toute implication dans la guerre l’opposant à Israël et aux États-Unis, après que l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni se sont dits prêts à des «actions défensives» pour détruire les capacités militaires iraniennes. «Ce serait un acte de guerre. Tout acte de ce type contre l’Iran serait considéré comme un geste de complicité avec les agresseurs», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï, lors d’une conférence de presse à Téhéran.
Trump refuse le dialogue
Alors que plusieurs pays appellent à la retenue et à privilégier le dialogue, les Etats-Unis refusent de dialoguer.
C’est du moins ce que prétend Donald Trump qui a déclaré hier avoir refusé de discuter avec les autorités iraniennes, estimant qu’il était «trop tard» pour le faire, après des mois de négociations infructueuses et quatre jours de guerre.
«Leur défense aérienne, leur armée de l’air, leur marine et leur commandement sont anéantis. Ils veulent discuter. J’ai dit : ‘Trop tard !’» a écrit le président américain sur son réseau Truth Social. L’entité sioniste pour sa part a appelé à rompre toute relation avec l’Iran lors d’une réunion des ambassadeurs accrédités auprès des autorités sionistes.
Pour rappel, les États-Unis et Israël ont lancé samedi une attaque d’envergure contre l’Iran, tuant plusieurs hauts responsables iraniens, dont le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Téhéran a riposté par des frappes de drones et de missiles visant Israël ainsi que des sites liés aux États-Unis dans des pays du Golfe.
Le président américain Donald Trump a promis de détruire les missiles iraniens, de
«réduire à néant» l’industrie balistique du pays et d’«anéantir» sa marine, réaffirmant que l’Iran ne pouvait pas être autorisé à se doter de l’arme nucléaire.
Ces frappes sont intervenues alors que des négociations entre Washington et Téhéran sur le programme nucléaire iranien étaient en cours, sous la médiation d’Oman. Mais les Etats-Unis et son inconditionnel allié ont décidé de faire la guerre.
Une guerre inutile aux conséquences désastreuses, préviennent les spécialistes, précisant que cette décision est en violation du droit international, que les autorités américaines peinent à justifier.
Synthèse R. N.
