Selon les précisions fournies lors de la signature, la future unité devra être réceptionnée en mai 2028.
La raffinerie d’Arzew franchit un nouveau cap. Le groupe pétrolier national Sonatrach et la société chinoise Sinopec Guangzhou Engineering Co. ont signé un important contrat portant sur la réalisation d’une unité d’hydrotraitement et de reforming destinée à la valorisation du naphta lourd. Une cérémonie qui s’est tenue au siège du groupe, en présence du ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, et au cours de laquelle le Président-directeur général de Sonatrach a souligné la portée stratégique du projet.
Dès l’ouverture de son intervention, le PDG du groupe, Nour Eddine Daoudi, a exprimé sa «grande satisfaction» de voir aboutir ce partenariat, remerciant chaleureusement le ministre pour son soutien constant. Il a rappelé que ce nouveau chantier s’inscrivait pleinement dans le programme de développement de Sonatrach, dont l’un des objectifs majeurs est l’augmentation des capacités nationales de raffinage, afin de répondre durablement à la demande en carburants.
Selon les précisions fournies lors de la signature, la société chinoise sera chargée de la réalisation du projet selon la formule Engineering, Procurement, Construction & Commissioning (EPCC), sur une superficie de cinq (05) hectares au sein du site de la raffinerie d’Arzew. Le délai de réalisation a été fixé à trente (30) mois et devra donc être réceptionnée en mai 2028. Avec une capacité de traitement de 738 000 tonnes de naphtal lourd par an, elle permettra de faire passer la production d’essence de la raffinerie d’Arzew de 550 000 tonnes à 1,2 million de tonnes par an. Ce bond significatif résulte de la transformation sur site d’un produit jusque-là sous-exploité. « Il s’agit d’un investissement structurant qui renforcera l’autonomie du pays en produits raffinés», a insisté le PDG.
Au-delà de l’augmentation des volumes d’essence, le projet aura un impact direct sur la logistique nationale : il mettra fin au cabotage de l’essence entre Skikda et Arzew, une opération coûteuse et contraignante. Il générera également de nombreux emplois directs et indirects durant les phases de réalisation et d’exploitation. Les entreprises nationales de sous-traitance seront intégrées à l’exécution du chantier, conformément à la politique de promotion du contenu local.
S’adressant à ses partenaires chinois, le premier responsable de Sonatrach a exprimé sa confiance en la capacité de la société chinoise à mener le projet «avec efficacité et rigueur», en respectant les standards internationaux et les délais contractuels. Il a salué le «travail acharné » des équipes mixtes des deux entreprises, dont la mobilisation a permis d’aboutir à la cérémonie de signature.
Enjeux économiques et stratégiques
Le PDG a conclu en appelant les équipes conjointes à maintenir cette dynamique jusqu’à la réception finale, affirmant : «Ce projet est vital, et nous comptons sur votre engagement pour le mener à bien à chaque étape. »
Pour rappel, Sinopec Guangzhou Engineering est une filiale du géant chinois SINOPEC, spécialisée dans la conception et la construction d’unités de traitement dans les secteurs du pétrole et du gaz. Le projet s’inscrit également dans un contexte économique plus large, visant à renforcer l’indépendance énergétique de l’Algérie, à optimiser l’exploitation de ses ressources et à stimuler l’économie locale grâce aux partenariats internationaux et à l’intégration des compétences nationales.
Avec ce nouveau chantier, Sonatrach poursuit sa stratégie de modernisation du raffinage national, tout en renforçant ses partenariats internationaux et en consolidant la place de l’industrie algérienne dans les grandes chaînes de valeur énergétiques. La réalisation de cette unité représente ainsi un double enjeu : technique et économique, avec des retombées attendues pour l’emploi, le développement industriel et l’approvisionnement en carburants à l’échelle nationale.
Synthèse A.M.
