Mohamed Sifaoui, dixit chiffouna, prétendu journaliste et essayiste franco-algérien, se présente comme un pourfendeur de l’islamisme.
Pourtant, derrière cette posture médiatique se cache un parcours jalonné de controverses, de manipulations politiques et de collusions troublantes avec les services de sécurité français.
Son nom apparaît aujourd’hui au cœur d’une guerre informationnelle toxique entre Paris et Alger, où la vérité est la première victime.
Au service d’agendas politiques
Dans son livre incendiaire «Les intellectuels faussaires : le triomphe médiatique des experts en mensonge», le géopolitologue Pascal Boniface classe Sifaoui parmi ces mercenaires de l’information qui «déforment la vérité pour parvenir à leurs fins».
Boniface dénonce son opportunisme idéologique et sa malhonnêteté intellectuelle, notamment son habitude de jeter la suspicion sur l’islam et les musulmans pour booster sa carrière médiatique. Sifaoui incarne cette catégorie d’»experts» qui instrumentalisent les plateaux télé pour servir des intérêts politiques, sans jamais être inquiétés malgré leurs approximations flagrantes.
Plus grave encore, Sifaoui est accusé d’avoir été un agent infiltré des services français. Selon plusieurs sources, l’ancien responsable des cultes au ministère de l’Intérieur, Bernard Godard, lui aurait fait endosser la djellaba du parfait indicateur.
Sa mission ? Espionner les mosquées françaises sous couverture, traquant une prétendue radicalisation parmi des fidèles priant «sereinement». Cette pratique, digne d’une police politique, révèle le vrai visage de ses «enquêtes» : des opérations de basse police déguisées en journalisme d’investigation.
«Ses travaux ne sont que propagande, un service commandé par Retailleau et les services du ministère de l’Intérieur français», dénoncent ses détracteurs, qui pointent une collusion systémique avec le pouvoir sécuritaire.
La petite main médiatique de Retailleau
Aujourd’hui, Sifaoui apparaît comme un relais clé de la croisade anti-algérienne menée par le fameux ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.
En mai 2025, son article dans le Journal du Dimanche — journal racheté par l’ultra-droitier Vincent Bolloré — tenta d’incriminer les services secrets algériens (DGSI) dans des tentatives d’enlèvement d’opposants en France, mettant toute la responsabilité sur les hautes autoritésde l’Etat algérien. Une intox délibérée.
Cette opération s’inscrit dans le contexte des tensions explosives entre Paris et Alger:
– Expulsions mutuelles d’agents diplomatiques, dont 12 Français déclarés persona non grata par Alger en avril 2025 pour «manquements flagrants» aux procédures .
– Campagnes médiatiques où Sifaoui sert de caution «anti-islamiste» et anti-algérien à la ligne dure de Retailleau, hostile à
à l’Algérie et à tous les Algériens.
– Instrumentalisation de l’islamophobie pour justifier une surveillance généralisée des musulmans, dont ses infiltrations en mosquée furent l’un des symboles.
Un parcours marqué par les ambiguïtés et les retournements
Né en Algérie, Sifaoui, Chiffouna fut pourtant un temps perçu comme un relais des services algériens en France. Selon Mondafrique, il prenait ses ordres auprès du colonel Faouzi, «ex-patron de la communication des services algériens» durant les «années noires» (1992-1998) du terrorisme. Son opportunisme politique semble n’avoir d’égal que sa capacité à survivre aux retournements d’alliances :
Années 1990, agent de communication, Services secrets algériens (DGSI)
Années 2000-2010, indicateur en mosquées, ministère français de l’Intérieur
2024-2025, relais médiatique de Retailleau, cabinet place Beauvau.
La guerre de cinquième génération, laboratoire de l’intox
Les accusations de Sifaoui, Chiffouna, contre l’Algérie et l’islam s’inscrivent dans une stratégie de tension plus large : la guerre de 5ᵉ génération, où l’information devient une arme. Ses pseudo-enquêtes alimentent un récit biaisé servant à :
– Légitimer la répression des diasporas algériennes en France.
– Diaboliser l’islam pratiqué paisiblement dans les mosquées.
– Justifier le durcissement sécuritaire de Retailleau, dont le rapport sur les «Frères musulmans» publié en mai 2025 fut un marqueur.
Mohamed Sifaoui incarne la dérive toxique d’un journalisme vendu au service du pouvoir.
Qualifié de «sale type», son parcours oscille entre lâcheté intellectuelle et collusion active avec des appareils répressifs. Dans la crise algéro-française, son rôle est emblématique de ces «intellectuels faussaires» qui, selon Boniface, «changent de discours dès lors que les thèses ne leur sont plus utiles».
Alors que la coopération antiterroriste entre Paris et Alger est «réduite à sa plus simple expression» selon la patronne du contre-espionnage français, Cécile Berthon, les Sifaoui et Retailleau font le jeu de la pire politique : celle de la haine et de la désinformation. Leur guerre-là n’a pas de vainqueur, seulement des peuples trompés.
Samir Méhalla