La Banque Mondiale confirme la solidité des indicateurs économiques de l’Algérie.
Selon le dernier rapport de la Banque Mondiale, intitulé « Répondre aux défis climatiques et soutenir le développement durable », la maîtrise de l’inflation et la poursuite des résultats positifs de l’économie algérienne, notamment dans les secteurs non liés aux hydrocarbures, constituent des indicateurs encourageants qui devraient permettre une croissance plus forte, plus durable et plus diversifiée. Les données de la Banque Mondiale montrent que l’économie algérienne a poursuivi sa dynamique en 2025, avec une croissance de 4,1 % au cours du premier semestre et une croissance attendue de 3,8 % sur l’ensemble de l’année. La Banque mondiale a également indiqué que les secteurs non liés aux hydrocarbures ont enregistré une croissance de 5,4 %, tandis que l’inflation a diminué à 1,7 % au cours des neuf premiers mois de l’année.
Croissance robuste
Au premier semestre 2025, les secteurs hors hydrocarbures et la vigueur de l’investissement ont soutenu la croissance économique, a souligné la Banque mondiale, précisant qu’après des expansions de 4,1 % en 2023 et de 3,7 % en 2024, la croissance du PIB a progressé de 4,1 % en glissement annuel au premier semestre 2025. La croissance de l’investissement s’est encore accélérée, stimulant les importations, tandis que la consommation des ménages est restée solide malgré un ralentissement de la consommation publique, a noté le rapport. Cette croissance a été soutenue par une production agricole résiliente et une expansion du secteur des services portée par la demande des ménages, tandis que le PIB des hydrocarbures s’est contracté de 2,0 %. Dans le scénario de référence de la Banque Mondiale, la croissance du PIB atteindrait 3,8 %, soutenue par le dynamisme des activités non liées aux hydrocarbures (+4,0 %) et par la reprise de la production d’hydrocarbures (+2,5 %) en ligne avec les hausses de quotas de l’Opep amorcées en avril 2025.
La croissance de l’investissement qui a atteint +13,9% en glissement annuel, resterait dynamique, les investissements privés soutenus compensant la consolidation des dépenses publiques d’équipement. Le rapport a souligné que le volume des prêts bancaires destinés au secteur privé, notamment pour financer les investissements, a enregistré une hausse d’environ 10,4 % au cours du premier semestre 2025. La Banque Mondiale a souligné que l’expansion soutenue hors hydrocarbures devrait se poursuivre en 2025 et 2026. D’ailleurs, le taux de croissance prévisionnel pour l’an 2026 a été revalorisé, passant de 3,2% comme estimation initiale à 3,7%, soit une réévaluation positive de 0,5%.
Inflation en recul
L’inflation a continué de ralentir aux neuf premiers mois 2025, sous l’effet de la baisse des prix alimentaires. Après avoir amorcé une hausse en 2021 (7,2 %), puis s’être accélérée en 2022 (9,3 %) et stabilisée en 2023 (9,3 %), l’inflation a nettement ralenti en 2024 (4,0 %). La désinflation alimentaire, passée de 13,3 % en 2023 à 3,3 % en 2024, a soutenu le pouvoir d’achat des ménages. La tendance désinflationniste s’est poursuivie aux neuf premiers mois de l’année 2025, avec une inflation globale de 1,7 % en glissement annuel.
Un déficit à surveiller
Le rapport a rappelé que l’Algérie a enregistré en 2024 son premier déficit en trois ans, en raison de la conjonction de la baisse des exportations d’hydrocarbures avec l’augmentation des importations sous l’effet de la demande d’investissement. Des évolutions qui ont exercé une pression sur les comptes extérieurs et qui rappellent l’importance de « maintenir les efforts de mobilisation des recettes et d’amélioration de l’efficacité de la dépense publique », selon la Banque Mondiale qui a ajouté qu’un cadre macroéconomique plus robuste permettrait de réduire la dépendance de l’économie algérienne à la volatilité des marchés mondiaux des hydrocarbures.
La réussite de la transformation économique de l’Algérie dépendra de sa capacité à diversifier son économie et à stimuler une croissance tirée par le secteur privé, a conclu le rapport.
Saïd S.
