Au vu de sa position stratégique en Afrique du Nord et au cœur de l’arc sahélo-saharien, l’Algérie est exposé aux répercussions directes des crises régionales, notamment au Sahel et en Libye. Une réalité imposant un haut niveau de vigilance, ainsi qu’un renforcement constant de ses capacités diplomatiques et sécuritaires.
Les questions de la situation aux frontières avec les pays du voisinage et la situation sécuritaire générale à l’intérieur du pays, ont été à l’ordre du jour de la réunion du Haut Conseil de sécurité, présidée par le président de la République Abdelmadjid Tebboune.
« Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, a présidé, ce jour, jeudi 8 janvier, une réunion du Haut conseil de sécurité, consacrée au bilan de l’année 2025 et à la prospective de l’année 2026 concernant la Défense nationale, la situation aux frontières avec les pays du voisinage et la situation sécuritaire générale à l’intérieur du pays », a indiqué un communiqué de la Présidence de la République.
Une réunion, à laquelle ont pris part les principaux responsables militaires et de sécurité, ainsi que des membres du gouvernement concernés par les dossiers soulevés et ayant permis une analyse approfondie de plusieurs volets stratégiques.
La tenue de cette réunion sécuritaire reflète le sérieux avec lequel les plus hautes autorités de l’État accordent à la situation interne, d’autant plus que des évaluations sécuritaires font état de tentatives de plate-formes étrangères visant à exploiter la situation et à l’attiser.
Par ailleurs, l’Autorité Nationale de Prévention et de Lutte Contre les Cybercrimes (ANPLC) a affirmé, mercredi dernier, que des publications de nature subversive sont diffusées sur les réseaux sociaux, à partir de l’étranger, notamment le Maroc, la France, le Royaume uni et le Canada. De»s réseaux connus pour leur hostilité envers l’Algérie et ses institutions, et visant à porter atteinte à la stabilité du pays et à inciter à des grèves, en particulier parmi les commerçants.
Une réunion tenue au lendemain de la mise au point de l’APS. Dans une dépêche intitulée « Chronique d’un opportunisme politique assumé», l’Agence officielle avait dénoncé, au vitriol, les agissements incendiaires d’un parti politique, autoproclamé gardien exclusif du patriotisme et distributeur de certificats d’amour de la patrie. Un parti, sans le nommer, s’alignant sans vergogne sur les thèses de la France officielle et celles de Xavier Driencourt, néocolonialiste notoire. Un parti faisant dans la « récupération cynique » et d’« instrumentalisation des malaises sociaux».
Les défis de l’heure
L’autre point à l’ordre du jour de la réunion du HCS a trait à la situation aux frontières avec les pays du voisinage. Dans un contexte régional en ébullition, la réunion se devait d’évaluer les mesures de vigilance et de coopération en place. D’autant que l’aggravation de l’insécurité au Mali, au Niger et au Burkina Faso constitue une menace directe pour l’Algérie, en raison de la longueur des frontières et de la circulation des groupes armés et des réseaux criminels transnationaux.
Des pays, en majorité, souffrant d’une faiblesse institutionnelle profonde et d’une corruption généralisée. Tandis que la persistance de la division politique et la prolifération des milices armées en Libye constituent un autre facteur d’inquiétude, obligeant l’Algérie à maintenir son degré de vigilance au plus haut point. En outre, la réunion du HCS intervient au moment ou certains médias nationaux avancent éventualité pour l’Algérie de rompre ses frelations avec les Émirats Arabes Unis, en raison du « jeu dangereux» mené par Abou Dhabi qui menacent la stabilité de la région et ciblent directement l’Algérie.
Cette position a notamment été réitérée lors de précédentes réunions du Haut Conseil de sécurité, au cours desquelles l’Algérie a examiné les mouvements de certains pays de la région cherchant à déstabiliser le pays et à porter atteinte à son unité nationale.
Tout en prônant la fraternité et la coexistence avec tous les États, l’Algérie ne tolérera aucun acte d’ingérence menaçant sa stabilité, que ce soit par le soutien à des éléments hostiles ou par des réseaux extérieurs finançant des projets séparatistes. D’autant que l’agressivité émanant d’Abou Dhabi a atteint un niveau intolérable et qu’il n’y a plus rien à attendre de ses dirigeants.
Des directives et des orientations
L’autre point abordé lors de cette réunion a trait à l’examen du bilan de l’année 2025 et la définition des perspectives pour l’année 2026. Dans ce registre, des orientations, sans que le détail ne soit révélé, ont été données. Ces dernières viseraient à consolider les acquis de l’année précédente et à renforcer encore les piliers de la sécurité nationale.
Au delà, le défi pour l’Algérie consiste à préserver sa sécurité tout en s’adaptant à un environnement international de plus en plus fragmenté. Dans un monde marqué par le recul de la prévention collective et la montée des logiques de force, sa capacité à conjuguer fermeté sécuritaire et diplomatie proactive sera déterminante.
Badis B.
