Les motifs invoqués concernent essentiellement la méconnaissance des nouvelles exigences de la loi électorale ainsi que des lacunes administratives constatées dans l’élaboration des listes de candidatures.
À l’approche des élections législatives prévues le 2 juillet prochain, l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) finalise l’étude des dossiers de candidature et la constitution des listes en lice pour les 407 sièges de l’Assemblée populaire nationale.
Invité de la Radio nationale, le président par intérim de l’Anie, le professeur Karim Khalfane, a dressé un point de situation sur le processus électoral. Il a notamment indiqué que plus de 3 000 candidatures ont été rejetées au cours de l’examen des dossiers.
Selon les données de l’Anie, sur 10 168 candidatures enregistrées à l’échelle nationale, 6 994 ont été jugées recevables, tandis que 3 174 ont été rejetées. Pour les candidatures déposées à l’étranger, 164 dossiers ont été refusés sur 528.
Face à ce taux de rejet estimé à près de 30%, Karim Khalfane a écarté toute interprétation politique, imputant ces rejets principalement à une méconnaissance des nouvelles dispositions de la loi électorale et à une préparation insuffisante de certaines formations politiques et listes indépendantes.
Méconnaissance des règles électorales
Le responsable de l’Aniea estimé que de nombreux partis et candidats indépendants n’ont pas pleinement intégré les nouvelles exigences prévues par la loi organique relative au régime électoral. Il a rappelé que la constitution des listes requiert une préparation rigoureuse et anticipée.
Parmi les motifs de rejet figure notamment le non-respect de l’article 200 de la loi électorale, qui impose une représentation minimale : un tiers de femmes, une présence significative de jeunes de moins de 40 ans, ainsi que des titulaires de diplômes universitaires.
«Certaines listes auraient pu être validées si ces exigences avaient été respectées», a regretté Karim Khalfane.
Des irrégularités administratives récurrentes
L’Anie a également relevé plusieurs manquements administratifs, notamment des dossiers incomplets ou non conformes : absence de documents liés au service national, dettes fiscales, casiers judiciaires non conformes, pièces expirées ou encore insuffisances relevées lors des enquêtes administratives.
L’institution souligne que les commissions d’examen appliquent strictement la loi, sans considération politique.
Le problème des signatures de soutien
Autre motif majeur de rejet : le non-respect du nombre minimal de signatures requises pour certaines listes, conformément à l’article 202 de la loi électorale.
À titre d’exemple, dans la circonscription d’Alger, une liste doit réunir au moins 4 650 signatures valides. Plusieurs dossiers ont été invalidés pour insuffisance ou irrégularité des signatures, notamment en cas de doublons, d’électeurs non inscrits ou de formulaires incomplets.
Des recours toujours possibles
L’Anie précise que le processus reste en cours. Les candidats concernés peuvent introduire des recours devant les juridictions administratives, puis devant les cours administratives d’appel.
Les partis et listes indépendantes disposent également d’un délai pour remplacer les candidats invalidés. Le 6 juin constitue la date limite de dépôt des remplaçants, tandis que le contentieux électoral devrait être clôturé le 16 juin.
L’Anie défend la transparence du processus
En réponse aux critiques, Karim Khalfane a réaffirmé le strict respect de la législation électorale et la neutralité du processus. Il a assuré que les opérations d’examen se sont déroulées de manière continue, y compris durant les jours de l’Aïd, afin de garantir l’égalité entre tous les candidats.
«Aucune exclusion politique n’est opérée. Nous appliquons uniquement les critères fixés par la loi», a-t-il insisté.
L’Anie affirme que ces mesures visent à garantir la transparence du scrutin, la régularité du processus électoral et l’égalité des chances entre les différentes forces politiques en compétition.
I. Khermane
