Le Président Tebboune a donné lors d’une réunion du Conseil des ministres des instructions de revoir les dispositions de l’accord d’association avec l’Union européenne (UE), «clause par clause», en fonction d’une vision souveraine et d’une approche «gagnant-gagnant» en tenant compte de l’intérêt du produit national en vue de créer un tissu industriel et des emplois. L’Algérie a demandé à maintes reprises la révision de l’Accord d’association avec l’Union qu’elle estime «déséquilibré en faveur de Bruxelles» et «dépassé» en raison des changements survenus au niveau de l’économie algérienne dont la production s’est nettement diversifiée ces dernières années.
Le désaccord principal réside dans le désir de l’Algérie de réviser l’Accord d’association avec l’UE pour mieux refléter l’évolution de sa situation économique et diversifier ses exportations au-delà des hydrocarbures, tandis que l’UE cherche à maintenir l’équilibre et les avantages de l’accord actuel. Le 11 juillet dernier, l’Algérie a demandé à l’Union européenne la réactivation du Conseil d’association qui est le «principal mécanisme» régissant le partenariat entre les deux parties, a indiqué le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf qui a exprimé cette demande lors d’un entretien téléphonique avec la vice-présidente de la Commission européenne et haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaya Kallas. La demande algérienne découle de son désir de surmonter tous les obstacles qui bloquent la révision de l’Accord. En effet, le Conseil d’association est un cadre idéal pour avancer dans les négociations sans tenir compte des blocages qui gèlent aujourd’hui le processus de la révision de l’Accord. Et c’est aussi un gain de temps pour les deux parties d’avancer dans la discussion sans tenir compte des aléas politiques.
En effet, à la mi-juin, Bruxelles a annoncé avoir ouvert une procédure de règlement des différends à l’encontre de l’Algérie, accusée de restreindre depuis 2021 les exportations et investissements de l’UE et a réclamé des consultations avec les autorités. Selon l’Union européenne, les mesures restrictives introduites violent ses engagements pris dans le cadre de l’accord d’association UE-Algérie. Si les consultations échouent à résoudre le différend, l’UE pourrait envisager des mesures de rétorsion. Ces mesures restrictives de l’Algérie affectent plusieurs secteurs, notamment l’agriculture et l’automobile. L’UE estime que ces restrictions nuisent également aux consommateurs algériens en limitant leur choix de produits. Jusqu’à l’heure actuelle, l’UE n’a pas communiqué sur cette procédure de règlement des différends que l’Algérie conteste. De son côté, l’Algérie souhaite négocier un second accord clause par clause dans un esprit gagnant-gagnant que l’UE refuse de négocier. L’Algérie souhaite également que le chapitre de l’accord relatif à l’investissement soit mieux pris en compte. Le nouvel ambassadeur de l’Union européenne (UE) en Algérie, Diego Mellado, a indiqué en février dernier, lors de sa prise de fonction que l’UE est convaincue de la nécessité de revisiter les relations bilatérales dans leur «globalité», dans le cadre «d’une nouvelle coopération fondée sur le principe gagnant-gagnant, en adéquation avec les défis actuels et les priorités stratégiques des deux parties».
Soulignant que le nouveau plan d’action de l’UE porte sur le projet du «Pacte pour la Méditerranée» devant encadrer tous les domaines de coopération avec les pays de la région, dont l’Algérie, Mellado a fait savoir que le projet en question sera présenté aux autorités algériennes «dans les prochains mois».
Mahmoud Tadjer