Une délégation du Groupe d’action financière internationale devrait venir prochainement en Algérie pour une évaluation de la mise en œuvre des réformes liées à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
L’Algérie continue de marquer des points significatifs dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Ce constat a été confirmé par le Groupe d’action financière internationale (Gafi), qui a estimé que l’Algérie a «substantiellement achevé son plan d’action» et justifie une «évaluation sur place» afin de vérifier que la mise en œuvre des réformes, liées à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), a effectivement
«débuté et se poursuit, et que l’engagement politique nécessaire à leur pérennité est maintenu».
À l’issue de sa réunion plénière, tenue du 11 au 13 février 2026 à Mexico (Mexique), le Gafia examiné les progrès réalisés depuis octobre 2024 par certains pays figurant sur sa liste dite «grise», ou de juridictions sous surveillance renforcée, dont l’Algérie. Il a reconnu les progrès significatifs réalisés par l’Algérie dans plusieurs domaines clés. À ce titre, le Gafia salué la mise en œuvre par l’Algérie de plusieurs réformes, notamment l’amélioration de la supervision fondée sur les risques, surtout pour les secteurs à haut risque. Cela inclut l’adoption de nouvelles procédures, des évaluations des risques, des manuels et des lignes directrices de supervision, ainsi que la réalisation d’inspections et l’application de sanctions efficaces, proportionnées et dissuasives.
Le Gafi a également mis en évidence, dans son rapport sur l’Algérie, l’élaboration d’un cadre efficace pour les informations de base et les informations sur les bénéficiaires effectifs, le renforcement du régime de déclaration des opérations suspectes, la mise en place d’un cadre juridique et institutionnel solide pour les sanctions financières ciblées en matière de financement du terrorisme, ainsi que la mise en œuvre d’une approche fondée sur les risques pour la supervision des organisations à but non lucratif, sans perturber ni décourager leurs activités légitimes.
Profonde refonte
L’Algérie a été placée sur la liste grise de cette organisation en octobre 2024. Depuis lors, le pays, qui s’est engagé dans une collaboration renforcée avec le Gafi, a entrepris de renforcer son arsenal juridique et institutionnel pour protéger son système financier. L’Algérie a ainsi franchi plusieurs étapes dans la lutte contre le blanchiment d’argent, en adoptant, notamment, la loi relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent.
Ce texte comprend des mesures d’interdiction de l’activité des personnes et entités terroristes, des mesures de gel ou de saisie de leurs fonds, avec interdiction de traiter avec elles, ainsi que des mesures visant à renforcer les dispositions relatives à la constatation des crimes par les officiers de la police judiciaire et les juridictions. Il prévoit également la possibilité de créer des équipes spécialisées pour mener des enquêtes, notamment financières.
L’Algérie a, par ailleurs, renforcé les pouvoirs de la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF) et amélioré la transparence, notamment via la réactivation de certains mécanismes de contrôle public.
Sortir de la liste grise
L’Algérie semble avoir bien balisé son parcours en vue de la levée de toutes les réserves émises initialement concernant l’efficacité de son dispositif national de LBC/FT. L’évaluation sur place, décidée par le Gafi, constitue l’étape ultime pour vérifier la mise en œuvre effective et durable des réformes entreprises. Cette procédure est la dernière étape avant un retrait définitif de la liste des juridictions sous surveillance renforcée.
S. Smati
