Les marchés attendant l’annonce d’une nouvelle augmentation mensuelle de l’offre.
Huit pays de l’Opep+, dont l’Algérie, se réuniront aujourd’hui pour décider de la politique de la production de l’organisation pour le mois de septembre. Le Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC) s’est déjà réuni la semaine dernière et n’a pas recommandé de nouvelles modifications aux quotas. D’ailleurs, cela n’a jamais vraiment été sa mission. C’est la réunion ministérielle plénière d’aujourd’hui qui a le pouvoir d’officialiser la prochaine étape. Selon Reuters, citant des sources bien informées, les huit pays devraient décider d’augmenter leur production de pétrole pour septembre, à l’occasion de cette réunion. L’agence a indiqué que trois sources ont révélé que l’augmentation potentielle pourrait atteindre 548 000 barils par jour, tandis que quatre autres sources ont indiqué que les discussions se poursuivent concernant des volumes plus faibles.
L’Opep+, qui produit près de la moitié du pétrole brut mondial, a réduit sa production pendant plusieurs années pour soutenir le marché. Cependant, cette année, elle a fait machine arrière pour regagner des parts de marché. Ces huit pays clés de l’Opep+ ont, ainsi, commencé à annuler leurs précédentes réductions volontaires de production le 1er avril, malgré le risque d’exercer une pression à la baisse sur les prix du pétrole. Après une augmentation de 137 000 barils par jour (bpj) en avril, ils ont accéléré le rythme de reconstitution des 2,2 millions de barils par jour (mbj) retirés du marché en 2023, triplant la hausse mensuelle à 411 000 bpj en mai, juin et juillet. En août, ils ont encore accéléré le rythme en augmentant le pompage de 548 000 bpj. Si l’alliance accepte d’augmenter sa production de 548 000 b/j en septembre, elle aura entièrement annulé sa précédente réduction de production de 2,2 millions de b/j. L’Opep+ a défendu ces augmentations de production par une vision optimiste de la demande à moyen terme. Dans son dernier rapport mensuel, l’Opep prévoit une croissance annuelle de la consommation mondiale de pétrole brut de 1,24 % et 1,22 % en 2025 et 2026, respectivement. En plus des 2,2 mb/j de réductions volontaires qu’elle s’apprête à rétablir intégralement, l’Opep+ dispose encore de 1,66 million de bpj d’approvisionnement supplémentaire, techniquement prévu pour rester hors service jusqu’à fin 2026, et la question se pose désormais de savoir si elle continuera à dénouer les réductions au-delà de septembre.
Le Brent en baisse
Le prix du baril de pétrole brut Brent a clôturé vendredi (dernière séance de la semaine) à 69,67 dollars, en baisse de 3,94 % (ou 2,86 dollars) par rapport à la clôture des échanges de jeudi, tandis que le pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) a chuté de 2,79 % à 67,33 dollars. Mais, selon les analystes, ce ne sont pas seulement les craintes d’une offre excédentaire due à l’augmentation de production de l’Opep+ qui exercent une pression à la baisse sur les prix du pétrole, mais aussi les inquiétudes concernant l’économie des États-Unis, premier consommateur mondial de pétrole, ainsi que les tensions commerciales déclenchées par la politique tarifaire du président américain Donald Trump. Aux Etats-Unis, le taux de chômage a atteint 4,2 % en juillet, contre 4,1 % en juin. Les créations d’emplois sont tombées à 73.000 le mois dernier, tandis que celles de mai et juin ont été fortement revues à la baisse, atteignant des niveaux comparables à ceux de la période de la pandémie de Covid-19.
Cette situation a pesé sur les prix du brut, les opérateurs redoutant une diminution de la consommation américaine. Par ailleurs, Donald Trump avait évoqué une surtaxe indirecte de 100% sur les pays qui achètent des produits russes, notamment des hydrocarbures, poussant les opérateurs à essayer d’atténuer leurs pertes en achetant beaucoup en début de semaine.
Synthèse Saïd S.
