Le décret exécutif n° 26-165, publié lundi dernier, au Journal officiel n° 32, vient de redessiner la carte électorale de la communauté nationale établie à l’étranger.
Signé le 15 dhou el kaâda 1447 correspondant au 3 mai 2026, ce texte fixe officiellement l’organisation de la circonscription des Algériens de l’étranger et détermine le nombre de sièges qui leur sont dévolus à l’Assemblée populaire nationale (APN).
En application de la loi électorale promulguée le 8 avril dernier, l’article 2 du décret stipule que la diaspora algérienne sera désormais représentée par douze députés. Cette attribution repose sur un double critère de répartition géographique et de densité démographique, visant à mieux refléter la réalité de la présence algérienne à l’international et à garantir une représentation plus équitable.
Le texte découpe cette circonscription unique en huit zones distinctes. En France, le territoire est subdivisé en trois bassins électoraux. La première zone, qui couvre les circonscriptions consulaires de Paris, Nanterre, Bobigny, Créteil et Pontoise, se voit attribuer deux sièges, avec un dépôt des candidatures centralisé au consulat général d’Algérie à Paris.
La deuxième zone regroupe Lille, Strasbourg, Metz, Nantes, Besançon et Grenoble, disposant également de deux élus potentiels, les dossiers devant être remis au consulat général de Lille. Enfin, la troisième zone, forte de deux sièges, rassemble les circonscriptions de Lyon, Saint-Étienne, Marseille, Nice, Montpellier, Toulouse et Bordeaux, le point de dépôt étant fixé au consulat général de Marseille.
Au-delà de l’Hexagone, le décret organise la représentation du reste du monde en cinq zones supplémentaires. Une seule circonscription est attribuée à l’ensemble du Maghreb arabe et de l’Afrique subsaharienne, avec un dépôt des candidatures à l’ambassade d’Alger à Tunis.
Les Amériques, du Nord comme du Sud, forment la cinquième zone et bénéficient de deux sièges, la procédure s’effectuant auprès de l’ambassade à Washington. L’Asie, le Machrek arabe et l’Océanie sont regroupés dans une sixième zone à un seul siège, dont les dossiers sont centralisés à Doha. L’Europe du Nord et celle du Sud sont également dotées d’un siège chacune, les points de dépôt étant respectivement établis à Bruxelles et à Madrid.
Pour faciliter les démarches des candidats résidant dans ces zones extra-françaises, le décret prévoit une flexibilité administrative : les dossiers peuvent être déposés auprès de n’importe quel poste diplomatique ou consulaire du lieu de résidence, lequel se charge de les transmettre sans délai au coordinateur compétent de l’Autorité nationale indépendante des élections.
Le cadre juridique encadre strictement la composition des listes et l’éligibilité. Conformément à l’article 5, le nombre de candidats sur chaque liste doit excéder le nombre de sièges à couvrir de sept unités lorsque ce dernier est impair, et de six lorsqu’il est pair.
Par ailleurs, l’article 6 impose une condition de résidence stricte : tout aspirant député doit nécessairement vivre dans la zone géographique qu’il entend représenter, garantissant ainsi une proximité effective avec les électeurs concernés.
L’Anie précise les modalités électorales de la diaspora
Pour rappel, l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) a dévoilé les modalités pratiques d’organisation des circonscriptions électorales de la communauté nationale établie à l’étranger. Cette annonce intervient dans le cadre de l’application des dispositions légales encadrant les prochaines échéances législatives, et précise les conditions dans lesquelles les Algériens de l’étranger éliront leurs douze représentants à l’APN.
La France concentre la moitié des sièges (6), divisés en trois zones (Île-de-France, Nord-Est, Sud), tandis que les autres régions du monde (Afrique, Amériques, Moyen-Orient/Asie/Océanie, Europe nord et sud) se partagent les 6 sièges restants.
Chaque zone dispose d’un point de dépôt des candidatures géré par un coordinateur de l’Anie, généralement dans une ambassade ou un consulat. Le cadre légal repose sur des textes récents encadrant le régime électoral et la répartition des sièges. Pour être candidat, il faut résider dans la zone concernée.
Les listes doivent comporter plus de candidats que de sièges fixés afin d’assurer la compétition. Enfin, une mesure de simplification permet aux candidats hors des grandes villes de déposer leur dossier dans n’importe quel consulat ou ambassade, qui se chargera de le transmettre.
I. Khermane
